Affiche pour salle d’attente à propos des masques en lieux clos après le 14 mars 2022

Pourquoi cette fiche ?

Le masque ne sera plus obligatoire dans les lieux clos à partir du 14 mars 2022. C’est une décision dont vous connaissez probablement mon avis, sinon il est disponible ici ou dans ce fil Twitter :

(En résumé : une décision de merde, histoire de couper l’herbe sous le pied de la plupart des autres candidats qui avaient tout misé sur « on va retirer le masque et le pass » et n’ont ainsi plus aucune idée à proposer sur la pandémie, parce que dire « on va remettre le masque » n’est pas assez populaire à leur goût).

Donc, pour informer les patients, je mettrai la fiche suivante en salle d’attente à partir de lundi. Il y a 1 page simple et 5 pages de questions/réponses fréquentes.

La fiche en question

Vous pouvez la télécharger au format DOCX ci-dessous (et la modifier, en faire ce que vous voulez).

Le contenu est reproduit ci-dessous :

A propos du masque en lieu clos

Au 14 mars 2022, le masque reste obligatoire dans les cabinets médicaux, en pharmacie et dans tous les établissements de santé (et les transports en commun).

En pratique, je vous recommande fortement de le conserver dans tous les lieux clos où il peut l’être (commerces, administrations, bureaux, travail…)

Le port du masque chirurgical (sur la bouche et le nez) en lieux clos est un geste altruiste qui nous permet de protéger les gens fragiles, immunodéprimés ou non vaccinés dans ce contexte de pandémie.

Limiter les contaminations par le port du masque en lieux clos, c’est aussi limiter les symptômes prolongés (fatigue, essoufflement, etc.), l’absentéisme à l’école ou au travail, la surcharge du système de santé en ville et à l’hôpital et les dépenses sociétales sur la pandémie.

En raison des messages divers (et parfois contraires) entendus sur la pandémie, je vous apporte quelques informations avec des sources que vous pouvez vérifier.

N’hésitez pas en cas de questions.

Réponse aux questions fréquentes sur la COVID-19

Est-ce que la pandémie est finie ?

Non.

Est-ce que l’épidémie régresse / progresse actuellement ?

QR Code vers le site du gouvernement (courbe de R)

Sur cette courbe, l’épidémie régresse si le taux de reproduction est inférieur à 1 (1 personne en infecte 0 à 1 en moyenne) et elle progresse si le taux est supérieur à 1.

Attention, ce taux veut rapidement fluctuer : par exemple, il a été au plus bas le 21 juin 2021 (0,54) avant de refranchir le seuil de 1 le 2 juillet 2021…

Combien y a t-il de cas / d’hospitalisations / de décès liés au COVID-19 actuellement en France ?

Vous pouvez par exemple retrouver ces données sur :

  • l’appli AntiCovid (section Infos > Autres chiffres clés > Epidémio)
  • ou en tapant « Covid France » sur Google (exemple page suivante)
  • ou sur le site du gouvernement
  • ou sur OurWorldInData (pour comparer entre pays)
QR Code du site du gouvernement
QR Code de OurWorldInData

Que signifie un taux d’incidence à 300 (par exemple) ?

Cela signifie : 300 personnes sur 100 000 ont été testées positif sur les 7 derniers jours (soit 3 personnes sur 1000).

En considérant une population de 70 millions d’habitants en France, cela représente donc environ 30 000 personnes positifs chaque jour (soit 4 patients positifs par semaine pour chacun des 50 000 médecins généralistes du pays).

Sur une population de 14 000 habitants (Outreau), un taux d’incidence à 300 implique donc 42 personnes positives sur les 7 derniers jours.

Au Danemark, ils ont tout retiré, et ça se passe bien, non ?

Non.

Malgré un taux de vaccination plus élevé qu’en France, la levée du masque les mène à leur plus fort taux de mortalité par COVID-19 depuis le début de la pandémie.

Est-ce qu’avec Omicron, c’est un rhume ou une grippe ?

Non.

Omicron est aussi virulent que la souche de mars 2020. Il est moins virulent que le variant delta.

En janvier-février 2022, la COVID-19 a tué 14 000 personnes, malgré les précautions (masque, incitation au télétravail, vaccination).

Sans ces précautions dans les années 2010-2019, la grippe tuait en moyenne 9 000 personnes par an selon Santé Publique France (en moyenne en France, 1 650 personnes décèdent chaque jour de toute cause, soit 600 000 par an).

Par ailleurs, la grippe est saisonnière (novembre à mars) ; pour la COVID-19, nous avons vécu des vagues de décès en mars-mai 2020 (30 000 décès), octobre 2020-juin 2021 (80 000 décès), novembre 2021 à mars 2022 (22 000 décès – en cours).

3 grandes vagues de décès liés à la COVID-19 depuis mars 2020

Est-ce que la vaccination est efficace ?

Le vaccin est très efficace pour diminuer les formes graves, et donc pour éviter le confinement de la population.

Début 2021, environ 15 000 cas par jour entraînaient 300 décès par jour. Grâce à la vaccination, ce nombre de 300 décès n’a plus été atteint qu’avec 300 000 cas par jour début 2022 (20 fois plus).

La majorité de la population est vaccinée : 93 % des adultes (ou 78 % de la population en comptant les enfants).

Pour illustrer l’efficacité, vous pouvez aller sur l’appli AntiCovid > section Infos > Autres chiffres clés > Vaccination > Comparer. Exemple de graphiques :

Le vaccin 2 doses réduit environ de 90 % les formes graves (courbe rouge à gauche) et le rappel augmente l’efficacité (courbe rouge à droite)

Est-ce que le vaccin diminue les contaminations ?

Oui. Il réduit d’environ 30-40 % le risque d’être positif et le risque de contaminer ensuite.

Les courbes rouges précédentes montraient l’efficacité sur les formes graves, mais vous pouvez également tester sur l’appli avec les tests positifs.

Est-ce qu’il y aura une 4ème dose ?

Probablement non pour les vaccins actuels, mais possiblement oui pour d’autres vaccins à venir…

La 3ème dose semble apporter une réponse immunitaire importante et durable. Des vaccins plus spécifiques sur certains variants devraient être commercialisés en 2022 et seront sans doute recommandés.

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Actes gratuits : bilan de janvier 2022

Mi-octobre, j’ai écrit une tribune sur « comment redonner du temps médical aux médecins » (c’était des idées déjà développées en partie dans ce billet de juillet 2020). Elle a été publiée début janvier 2022 dans le Figaro (pour les abonnés) et vous pouvez la lire ici en entier, sous forme de fil Twitter à dérouler.

Cette tribune rappelle que nous sommes en situation de pénurie de temps médical, et propose des alternatives au classique, démagogique, populiste et inutile « y’a qu’à obliger les médecins à venir dans les déserts » (parce qu’il est impossible de forcer des gens à faire ce qu’ils ne veulent pas, alors qu’ils croulent sous les offres d’emploi à côté…)

Parmi les 10 idées évoquées, il y a surtout la notion de ne plus utiliser les médecins généralistes comme des contrôleurs (que les patients ne fraudent pas avec les congés enfants malades ou leurs assurances, que les pharmaciens ne fraudent pas en prescrivant des substituts nicotiniques, que les infirmiers ne fraudent pas en cotant des toilettes chez des personnes âgées dépendantes, que les kinésithérapeutes ne fraudent pas, que les ambulanciers ne fraudent pas, etc.)

Afin d’illustrer les propos de ma tribune, j’ai souhaité fournir des chiffres. Pour ça, depuis le 1er janvier 2022, je tiens un tableur de ce que j’appelle des « actes gratuits ».

Définition et précisions.

J’entends par « acte gratuit » les demandes par téléphone, sms, mail de patients (ou collègues de travail) nécessitant un avis médical, une ordonnance, un document administratif, etc. et ne relevant donc pas de la compétence seule d’une secrétaire (hors formation spécifique).

Détaillons les deux termes : « actes », puis « gratuits ».

Les vrais « actes gratuits » nécessitant normalement une consultation — mais l’avènement de la téléconsultation et surtout le remboursement des téléconsultations téléphoniques quelques mois en 2020 ont un peu reposé la question de « qu’est-ce qu’une consultation / un acte ? »

Malgré ce terme de « gratuit » dans cette appellation, j’insiste sur le fait qu’il n’y a aucune réclamation financière dans la tribune sus-mentionnée et dans ce billet de blog (et dans le blog ou dans ma tête en fait…). Il s’agit d’améliorer la qualité de travail, de redonner du temps aux médecins pour qu’ils puissent faciliter l’accès aux soins de leurs patients et leur éviter une surcharge mentale permanente (et souvent inutile).

Par souci de transparence, rappelons (ou apprenons) que chaque patient dont nous sommes « médecin traitant » nous « rapporte » de l’argent chaque année, à travers le « forfait patientèle médecin traitant ».

Par exemple avec ma répartition des 1400 patients décrite plus loin, cela implique un « forfait patientèle médecin traitant » de 26 000€ (super-bruts) par an, qu’on peut considérer comme une groooosse rémunération des « actes gratuits ». Je répète donc qu’il ne s’agit nullement de réclamation financière pour ma part mais de pouvoir regagner du temps.

Forces de cette analyse.

C’est un sujet important, parce que la pénurie de médecins va encore s’aggraver et tout ce qui occupe les soignants limite l’accès aux soins (quand on crée des CPTS, qu’on fait des projets, ça peut avoir une vertu positive à long terme — et c’est pourquoi on le fait — mais à court terme, c’est du temps qui n’est pas utilisé pour soigner…)

De plus, il n’y a pas de données dessus à ma connaissance, et évidemment ce sont des informations qui n’existent pas pour l’Assurance Maladie et encore moins pour les parlementaires (députés et sénateurs) prompts à dire « yakadéplacélémédecin » sans comprendre qu’ils ont de multiples leviers d’action à disposition mais qui leur demanderait un peu plus de travail que recopier des conversations de bistro en faisant passer ça pour un « rapport ».

Je cote autant que possible au fil de l’eau ou le soir, limitant les biais de mémorisation.

Je suis mon propre secrétaire : je prends tous les appels ou messages vocaux laissés par les patients (à de rares exceptions où j’ai un télésecrétariat mais par exemple, pas utilisé en janvier). En pratique, lorsque j’ai le télésecrétariat actif, j’ai l’impression autant de « notes » correspondant à ces « actes gratuits ». Il n’y a donc que moi qui classe en « acte gratuit », donc a priori pas d’erreur de « codage » malgré une notion un peu floue comme on le verra au paragraphe suivant.

Limites de cette analyse.

Il s’agit d’un avis personnel sur ma situation, avec mon exercice, en 2022. Janvier a été un mois EXCEPTIONNEL, notamment en raison d’une circulation très importante du SARS-CoV-2 (en raison d’une inaction du gouvernement de patates qui est le nôtre).

Je travaille dans une ville indice 5/5 de « défavorisation » (EDI) ; en pratique, c’est la 167ème ville métropolitaine de +1000 hab la plus pauvre de France, limitrophe de Boulogne-sur-mer, 15ème du classement.

Mon exercice a aussi beaucoup changé à cause de la pandémie : par exemple il y a 2 ans, très peu de patients avaient mon adresse mail, mais la nécessité de communiquer rapidement des informations claires aux patients a impliqué que tout le monde l’a désormais… Globalement, ça a bien altéré « l’éducation à la santé » des patients, qui ont aussi découvert qu’on pouvait faire du dégradé (appels téléphoniques, téléconsultations, mails en pharmacie…) et ce n’est pas si simple pour les 1440 patients de s’en défaire totalement…

Enfin, « avis gratuit » n’est pas très codifié. Il y a une zone grise entre la simple demande de RDV et la demande complète d’un avis sans RDV… En effet, il peut s’agir :

  • d’une demande de RDV et d’avis concomitant,
  • d’une demande d’avis qui se transforme en RDV
  • d’une demande de RDV qui se transforme en avis…

Mais comme dit plus haut, je réponds tout le temps, et donc il y a une homogénéité dans ma classification.

J’ai coté aussi en « acte gratuit » 2 appels de confrères… mais finalement, la classification des courriers (et bilans biologiques) pourrait aussi entrer dans ce cadre, ou les appels des laboratoires d’analyse… La différence que j’ai retenu est que je cote les « actes gratuits » qui sont donc une démarche « active » d’un patient, et pas la réception « passive » d’un bilan, indépendante de la volonté du patient. Idéalement, il faudrait donc compter toutes les demandes, en consultation et hors consultation (« acte gratuit ») pour mieux apprécier, mais c’est trop de travail… J’insiste un peu là-dessus aussi : je ne fais pas une cartographie de notre exercice, je dessine juste une petite partie inconnue de l’iceberg de notre activité.

De la même façon, il va de soi qu’un patient en consultation qui demanderait une prescription médicale de transport par exemple n’est pas considérée comme un « acte gratuit » — toutefois, supprimer ces aberrations administratives permettrait aussi de redonner du temps médical pour des sujets plus intéressants au sein même des consultations.

Une autre solution (non retenue) aurait été de ne parler que des « ordonnances sans consultation » (par opposition aux consultations sans ordonnance), mais c’était se défaire des nombreux avis médicaux, notamment sur les conduites à tenir en cas de COVID-19 (finalement des « avis sans consultation et sans ordonnance »).

Enfin, ces « actes gratuits » ne sont pas l’alpha et l’omega : réduire les consultations par une meilleure « pédagogie à la santé » (via des enseignements scolaires, des émissions en prime time…), et les « sur-soins » doit aussi être un axe important pour améliorer l’accès aux soins, mais on ne va peut-être pas réinventer la médecine générale française dans un billet de blog.

Disons qu’il s’agit d’un « travail préliminaire », une « preuve de concept » ou tout ce que vous voudrez pour dire que c’est pas top, mais ça a le mérite d’exister.

Mode d’exercice et patientèle.

Je travaille en solo, les lundi, mardi, jeudi et vendredi (fermé mercredi, samedi et dimanche donc).

Dans ma patientèle, créée progressivement à partir de mars 2015, j’ai environ 1440 patients : environ 230 mineurs, 180 de 18 à 29 ans, 150 trentenaires, 180 quarantenaires, 180 quinquagénaires, 230 sexagénaires, 180 septuagénaires et 110 octagénaires et plus…

Ma répartition est plus précise que ce que donne la CPAM… qui a permis d’estimer plus haut le forfait patientèle médecin traitant

En janvier, j’ai été absent du 1er au 9 (vacances en décalé) et en préparation de congrès le vendredi 28 janvier. Au 30 janvier (date de début de rédaction de ce billet), j’ai donc travaillé 11 jours, à raison de 9-10h par jour en moyenne.

Au total, il y a eu 551 actes réalisés, dont :

  • 35 vaccinations à 9,60€ (rappel de vaccin seul sans consultation – j’ai davantage vacciné, mais les vaccinations pendant la consultation normale sont à 25€…) ;
  • environ 144 actes réalisés par mon interne en SAPSAS (6 jours x 24 consultations) (notons que bien sûr, ces consultations sont débriefées, et ces 6 jours travaillés représentent donc environ 5h de débriefing).

Cela m’amène à une moyenne de 34 actes (consultation, visite ou acte technique) et 3 rappel vaccinal par jour travaillé, sur 9-10h de travail par jour.

« Il suffit de… »

Je sais qu’il peut être tentant de trouver des pistes pour changer mon mode d’exercice, mais ça n’est pas du tout le sujet de ce billet ^^ Il y a des raisons personnelles, familiales, professionnelles à cette organisation.

Je réponds juste à 3 questions :

  • pourquoi ne pas ouvrir le mercredi ou le samedi ? Parce qu’il est facile d’ouvrir, mais difficile de fermer ensuite. Parce que c’est sympa de passer du temps en famille. Parce que 36-40h de travail au cabinet par semaine c’est suffisant. Parce que l’accès aux soins me préoccupe réellement, mais être en épuisement professionnel n’aidera personne. Parce qu’il faut du temps pour la comptabilité, l’auto-formation, la direction de thèse, les publications, le reviewing, l’écriture de trop longs billets de blogs, pour tweeter…
  • pourquoi ne pas prendre un secrétariat ? Parce que je redonne mes RDV de suivi à l’avance, qu’il y a Doctolib, et que je peux répondre moi-même : le temps « secrétariat » pur est au maximum de 15 minutes par jour, éparpillé toute la journée (même si on ajoute des actions comme « aller récupérer toutes les semaines les flacons de vaccins à la pharmacie », « faire du ménage », « faire la comptabilité » c’est insuffisant pour salarier quelqu’un en exercice solo). Le passage en « télésecrétariat » ne réduit pas les « actes gratuits » : ça en fait des notes à consulter en fin de journée, au lieu de les traiter au fil de l’eau toute la journée, et finalement je trouve ça plus angoissant de devoir lire les notes régulièrement sur une discussion entre patient-télésecrétaire, plutôt que la vivre au moment donné ou en écoutant un message vocal.
  • pourquoi des sms ? Je rappelle toujours depuis mon portable, et certains patients gardent mon 06 (je sais qu’on peut masquer le numéro, mais flemme de faire les manips à chaque fois quand pour rappeler je peux me contenter de cliquer sur le numéro affiché, procrastination d’avoir une double sim, etc.). C’est évidemment une minorité, mais un petit pourcentage de 1440 personnes, ça finit toujours par représenter une petite population non négligeable ! (et ça m’arrange parfois de répondre par sms, il s’agit parfois de gens que je connais hors cabinet, etc.)

Une autre information aussi, c’est que je traite rapidement les demandes « au fil de l’eau », parce que j’ai une bonne vitesse de frappe, sur clavier AZERTY, à 85 mots par minute environ (d’après 2 tests que je viens de faire ^^)…

Je m’appelle « Votre beau nom » selon Rataype !
Quasi la même selon Tap’Touche malgré des exercices peu naturels.

Je n’incite évidemment personne à choisir mon mode d’exercice. Il existe et me convient. Et quelque soit mon mode d’exercice, il y aura toujours des demandes médicalement inutiles, comme décrit dans la tribune mentionnée en haut du mail, contre lesquelles il faut lutter… Alors après cette loooongue introduction, passons à ce qui nous intéresse : les « actes gratuits » de ce mois !

Analyse des actes gratuits de janvier 2022.

Combien ?

254 actes gratuits de 2 minutes 30 secondes en moyenne (écart-type 54 secondes), avec une médiane à 2 minutes et des extrêmes à 1 et 15 minutes (une télé-expertise informelle autour d’un patient).

Ces actes ont eu lieu sur 27 jours (il n’y a que le dimanche 2, le samedi 8, le dimanche 30 janvier où j’ai eu 0 demande !) (mais c’est un mois vraiment particulier, avec un nombre de positifs COVID complètement dingue et des consignes débiles émanant d’un gouvernement absurde).

Au total, j’ai estimé ça à environ 629 minutes d’actes gratuits sur le mois, soit 21 minutes par jour (sur 30) ou 57 minutes par jour ouvré (sur 11).

Quand ?

Sur les 254 actes gratuits du mois de janvier 2022 :

  • 62 un lundi (dont 3 un lundi fermé) (154 minutes)
  • 56 un mardi (dont 2 un mardi fermé) (117 minutes)
  • 28 un mercredi (dont 28 un mercredi fermé) (70 minutes)
  • 45 un jeudi (dont 2 un jeudi fermé) (127 minutes)
  • 52 un vendredi (dont 11 un vendredi fermé) (126 minutes)
  • 7 un samedi (dont 7 un samedi fermé) (16 minutes)
  • 4 un dimanche (dont 4 un dimanche fermé) (19 minutes)

Soit 197 actes gratuits sur jour ouvré (489 minutes) et 57 sur jour fermé (140 minutes).

On peut discuter 2 points intéressants :

  • les appels du dimanche sont les plus longs en moyenne, probablement parce que ce sont des moments où les demandeurs savent que c’est fermé… et n’appellent donc que pour des problèmes plus complexes.
  • certes je peux ne rien lire/écouter et différer les « actes gratuits » du week-end, mais ce serait reporter sur le lundi, qui est déjà LA journée des actes gratuits… le mercredi semble « éponger » un peu les demandes du jeudi.

Comment ?

Sur les 254 demandes :

  • 162 appels (429 minutes)
  • 44 mails (95 minutes)
  • 25 sms (60 minutes)
  • 6 patients « accompagnant » (15 minutes)
  • 14 patients « absents » (demande pour le conjoint, fils…) (24 minutes)
  • 1 courrier (2 minutes)
  • 2 fois, c’est moi qui ai contacté (4 minutes – en vrai probablement plus, mais je n’avais pas initialement pensé à coter ça ici…)

En croisant un peu les données :

  • sur les 57 demandes de jours fermés : 25 mails (44 %), 20 appels, 10 sms, 1 patient absent, 1 accompagnant (cabinet fermé mais moi présent…)
  • sur les 197 demandes de jours ouverts : 142 appels (72 %), 19 mails, 15 sms, 13 patients absents, 5 accompagnants

Mini-conclusion : avoir l’adresse mail du médecin en fait un mode de communication pendant les jours fermés.

Qui ?

Les 254 actes gratuits émanent de 203 patient(e)s différents :

  • 163 avec 1 demande,
  • 34 avec 2 demandes,
  • 4 avec 3 demandes,
  • 0 avec 4 demandes,
  • 1 avec 5 demandes
  • 1 avec 6 demandes.

(En cas de sms, mails ou appels multiples dans la journée, je compte 1 seul et j’augmente la durée. Autrement dit, il ne peut pas y avoir plus d’un « acte gratuit » par jour par patient).

Les 254 actes gratuits concernent :

  • 166 femmes (413 minutes)
  • 88 hommes (216 minutes)

(Notez qu’il s’agit bien du sexe du patient concerné et pas du demandeur : ce n’est pas en lien avec la charge mentale plus importante des femmes dans les familles. Par exemple si une femme demandait pour son mari, c’était noté « homme » et vice-versa ; par contre on verra juste après qu’elles demandent plus que les pères pour les enfants).

Si on creuse par date, les demandes de week-end concernent plutôt des hommes :

  • Samedi : 1 femme (2 min) – 6 hommes (14 min)
  • Dimanche : 2 femmes (5 min) – 2 hommes (14 min)

Sur les 254 demandes :

  • 138 étaient le fait du patient pour lui-même (54 % seulement !),
  • 31 des demandes par le conjoint, 15 par des aidants (enfants, petits-enfants, neveu…)
  • 34 demandes de mères, 6 demandes de pères,
  • 27 des avis rapides entre professionnels de santé (1 cardiologue, 1 ophtalmologue, 2 kinés, 4 IDE d’EHPAD, 14 IDE libérales, 5 pharmacies)

Quoi ?

Parmi les 254 demandes :

  • 101 étaient un avis (305 minutes)
    • 47 pour une « conduite à tenir devant COVID-19 » (rythme des autotests, comment avoir un arrêt de travail, comment garder les enfants, etc.), soit 109 minutes
    • 43 pour un avis médical (dont 3 avec photos), soit 154 minutes
    • 3 étaient pour discuter autour d’un patient, soit 27 minutes
    • 8 étaient pour des avis divers (interprétation de bilans), soit 15 minutes
  • 2 étaient pour obtenir un duplicata perdu (3 minutes)
  • 151 étaient pour demander un document / une ordonnance (320 minutes)
    • 51 pour un médicament (108 minutes)
    • 44 pour un document administratif (98 minutes)
    • 24 pour un bilan paraclinique (53 minutes)
    • 14 pour du matériel médical (29 minutes)
    • 11 pour des renouvellements d’IDE (20 minutes)
    • 3 pour des renouvellements de kiné (6 minutes)

Sur les 254 demandes, 11 ont été refusées et 243 acceptées par ma part.

Les médicaments demandés étaient 4 fois un contraceptif (notamment ordonnances perdues ou avant RDV en urgence…), 2 fois un hypnotique (suivi chronique), 3 fois un traitement de cystite bien décrite, 1 fois le vaccin à faire, et le reste globalement des renouvellements justifiés (une ventoline, de la nerisone pour de l’eczéma, un anti-allergique…) ; il y avait aussi parfois du doliprane, du spasfon où c’est plus rapide sur du court terme d’accepter (et je rappelle que je suis dans un lieu globalement défavorisé).

Les principaux documents administratifs étaient des prescriptions médicales de transport (8 fois), 4 journées enfant malade dans un contexte COVID (jamais fait sans consultation avant ce mois où je les analyse -_-), 2 créations d’ALD, 4 Cerfa de cure thermale (discuté avant en consultation mais il manquait le lieu choisi)…

Et donc… comment améliorer ?

Je ne sais pas si je vous ai parlé de ma tribune dans le Figaro que vous pouvez lire ici ?

Sans surprise, la plupart des idées développées sont celles que je vais retranscrire ici. En pratique, voici ce qui m’aurait fait gagner au moins 10 minutes « d’actes gratuits » dans le mois :

  • Avoir des consignes plus claires sur la COVID-19 : 53 actes gratuits, soit 123 minutes (notez que ces 2h auraient majoritairement pu être réglées par un secrétariat bien formé, mais là encore, il me semble peu efficient de payer 140h de secrétariat que je passerais 1h à former pour pouvoir gagner 2h in fine)
  • Autonomisation des pharmaciens (remboursement de médicaments de premiers recours pouvant être délivrés au comptoir) : 32 actes, soit 65 minutes (on parle ici de crème dermocorticoïdes chez un patient suivi pour eczéma/psoriasis, de dépanner d’une boîte d’antidiarrhéique, de paracétamol, d’avancer un traitement chronique, etc.)
  • Remboursement des tests COVID-19 sans ordonnance : 17 actes, soit 36 minutes (tests avant examen hospitalier chez des non-vaccinés, tests salivaires chez des parents réticents à l’écouvillonage nasopharyngé)
  • Arrêter de prendre les MG pour des contrôleurs des IDE : 15 actes, soit 28 minutes
  • Arrêter de prendre les MG pour des contrôleurs des ambulanciers : 7 actes, soit 14 minutes (ça pourrait aussi être réglé si les autres spé qui font déplacer les patients vers eux s’intéressaient à comment ils viennent)
  • Arrêter de prendre les MG pour des contrôleurs de parents employés (journées enfant malade) : 5 actes, soit 13 minutes (je n’en fais quasi jamais en « acte gratuit » habituellement, mais là c’était un mois horrible, et la plupart pour garder un enfant COVID-19+ sans se mettre en chômage partiel pour des raisons économiques)
  • Arrêter de prendre les MG pour des contrôleurs des fournisseurs de matériel médical évident (lit médicalisé, etc.) : 5 actes, soit 12 minutes
  • Arrêter de prendre les MG pour des contrôleurs des kiné et orthophonistes : 5 actes, soit 10 minutes
  • Meilleure communication ville-hôpital sur les ordonnances : 3 actes, soit 13 minutes
  • Avoir davantage d’assistantes sociales en ville et en faire des partenaires identifiés par les patients : 2 actes, soit 15 minutes

Donc sur les 629 minutes « d’actes gratuits », 329 sont donc évitables par ces 10 mesures… qui relèvent des compétences de nos parlementaires. Plutôt que nous dire où on doit aller, voici ce que vous devez faire chers élus : légiférer pour redonner du temps médical aux médecins. Et encore une fois, il ne s’agit « que » des actes gratuits : si demain on supprime les prescriptions médicales de transport, ce ne sera pas 14 minutes par MG gagnées dans le mois, mais évidemment plus puisque c’est aussi du temps qui s’insinue dans nos consultations au quotidien !

Dernier point : comme dit plus haut, il va de soi que beaucoup de consultations de médecine générale sont médicalement inutiles, ainsi que beaucoup de soins qu’on prodigue (surprescription d’antibiotiques et de médicaments au sens large, d’examens paracliniques, etc.). Une meilleure « éducation à la santé » permettrait de diminuer largement les consultations, et donc d’améliorer l’accès aux soins tout en réduisant les coûts.

Voilà ! Désolé pour la longueur du billet un peu en vrac !

J’essaierai de reproduire un exercice similaire mois par mois pendant 2022… sans la longue introduction la prochaine fois ! Je mise sur une diminution des « actes gratuits » à venir (d’ailleurs, ce lundi 31 janvier, il n’y a eu « que » 7 demandes contre 18 à 22 les 3 précédents lundi…). Un très grand nombre d’appels ont été pour une « conduite à tenir COVID-19 » ; ça se calmera forcément malgré l’inaction gouvernementale, et le protocole sanitaire scolaire ne devrait plus changer aussi vite que 4 fois entre le 1er et le 11 janvier, favorisant cette déstabilisation en ville.

(Image en avant par Geralt sur Pixabay)

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Recadrages secrets : qui est la taupe ?

C’est devenu une ritournelle exaspérante. Désormais, quand un ministre a fait n’importe quoi, on apprend juste après que le Président l’a « recadré » lors du conseil des ministres. C’est une sorte de marque de fabrique de la présidence actuelle : les blâmes se font en privé, mais sont relayés dans la presse afin de montrer au peuple combien le chef de l’Etat est aussi agacé que lui, mais doit composer avec les bêtises ou l’incompétence de ceux qui l’entourent. Et c’est de plus en plus fréquent au fil des mois…

En plus de multiplier les bourdes et les incompétences, il se trouve que ceux qui entourent le Président de la République ne le respectent absolument pas, puisqu’ils balancent à la presse tout ce qui se dit dans ces conseils privés…

Devant le désintérêt général des services secrets français, j’ai décidé de mener moi-même l’enquête afin de débusquer la taupe ! (Ne me remerciez pas, je suis au service de l’Etat). D’autant que le Président lui-même ne supporte pas ces fuites et insiste pour le respect du « secret défense » notamment en conseil de défense ! On le comprend : si tout ce qui se dit par le chef des armées en privé est dévoilé dans la presse, il devrait rapidement chercher le coupable et l’exclure de ces réunions… c’est un peu problématique d’avoir une « taupe » qui balance tout à la presse, ces réunions pourraient aussi comprendre des sujets plus sensibles.

Ne vous inquiétez pas, monsieur le Président, je vais vous aider avec une grande enquête.
(Extrait de Gala)

J’ai donc tapé « Macron recadre conseil ministres » sur Google, entre 2018 et ce jour (requête ici). Petit florilège (non exhaustif) des 23 pages, en commençant par quelques anciens ministres…

Christophe Castaner, ancien ministre de l’Intérieur

En avril 2019, après une soirée arrosée relayée sur les réseaux sociaux, le ministre de l’Intérieur est recadré par Edouard Philippe en Conseil des Ministres (« être ministre, c’est 24 heures sur 24, y compris en termes de comportement« ). Le Président lui « passe un savon » également, apparemment en privé (ça devrait faciliter la recherche de la « taupe »).

Le mois suivant, il est à nouveau recadré par Emmanuel Macron — comme nous l’apprend Gala — après avoir parlé « d’attaque » au lieu « d’intrusion » par des membres du cortège du 1er mai à l’hôpital Salpêtrière : « évite les micros tendus et tweete un peu moins. » Un conseil qu’on devrait tous suivre d’ailleurs.

Muriel Pénicaud, ancienne ministre du travail

En juillet 2019, Edouard Philippe aurait recadré Muriel Pénicaud en conseil des ministres, pour son « affichage trop public des désaccords » (notamment sur le risque de coupes dans le financement de l’apprentissage)… et on apprend que c’est elle qui se ferait le plus souvent recadrer dans ces conseils.

Le Président n’aurait pas été en reste. Dans Closer, fin 2019, un ministre relate : « j’ai vu Macron défoncer des ministres en Conseil des ministres. C’était chirurgical« . Sur la faible communication autour de la relance des emplois francs, le président aurait estimé que « c’est comme faire une promotion dans un supermarché et l’installer au fond du magasin« .

Edouard Philippe, ancien Premier Ministre

Après avoir évoqué le déconfinement en avril 2020, le Premier Ministre se voit recadré par « un proche du Président » : « Parler quand on ne sait pas, voilà une stratégie étrange, anxiogène. » 

A l’époque du gouvernement Philippe, on note plusieurs recadrages globaux : en juillet 2017, il disait « si on sait donner du sens, on évite les petites polémiques«  ; le mois suivant, il critiquait les notes reçues : « c’est du pipi de chat, ce qui me remonte actuellement de certaines de vos notes : ne vous laissez pas enfermer dans le confort des documents rédigés par vos administrations. Certes, cela peut vous paraître sympathique et confortable de vous placer entre leurs mains. Mais vous verrez, dans six mois, si vous continuez, vous aurez disparu« 

A tel point qu’en février 2020, les ministres et proches (voire ami du président – toujours sympa) se lâchent : « il méprise les gens, il les toise de son intelligence » ; « les ministres disent de lui qu’il se caresse devant les miroirs » ; « c’est moi le roi et ce sont mes députés, mes gens » ; « personne ne se sent aidé, soutenu, porté… (par le Président) »…

Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur

En novembre 2020, Michel, producteur de musique dans le 17ème arrondissement de Paris, est tabassé par des policiers. Le Président aurait appelé son ministre pendant 15 minutes pour « mettre les points sur les i » selon une source proche, et un autre témoin a parlé de « fermeté, d’apaisement et de sanctions ». Ce qui laisse penser que la taupe suit de très près le Président — il appelle en privé à proximité immédiate, allant jusqu’à laisser « la taupe » poireauter pendant un appel de 15 minutes (il y a sans doute un jeu de Mikado dans le bureau du Président pour ces situations).

S’y ajoute une publication publique (facebook, Twitter) que Philippe Moreau Chevrolet estime être un recadrage (public cette fois !) du ministre de l’Intérieur : « je demande au Gouvernement de me faire rapidement des propositions pour réaffirmer le lien de confiance qui doit naturellement exister entre les Français et ceux qui les protègent et pour lutter plus efficacement contre toutes les discriminations. » Un « recadrage des troupes » selon la Nouvelle Tribune.

Après avoir critiqué les résultats de son propre camp, voire même de sa propre liste (ça ne s’invente pas), Gérald Darmanin s’est aussi fait recadrer par Gabriel Attal (qu’il avait critiqué en mars), par Eric Dupont-Moretti en juin 2021.

Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’état auprès du ministre de l’Economie

En mars 2020, les membres du gouvernement échangent en privé sur Telegram. Plusieurs ministres y évoquent la bande passante trop faible, et la secrétaire d’Etat réplique : « En fait, si tu ‘youpornes’à 22h30, ça gêne personne… Juste une question d’organisation… » Ces messages privés se retrouveront… dans le Canard Enchaîné, indignant le Président : « c’est lamentable que, en situation de crise comme celle que nous vivons, on retrouve des échanges comme cela dans la presse« . La taupe est donc dans ce groupe Telegram, qu’on espère limité…

En avril 2021, la secrétaire d’état évoque l’idée de ne pas renouveler les commandes d’AstraZeneca l’année prochaine (ce qui a effectivement été le cas dès juin-juillet). Jean Castex l’aurait alors recadrée par SMS (!) en lui demandant d’être « plus prudente dans ses expressions« . A propos du même vaccin, le Premier Ministre aurait d’ailleurs dit à ses équipes : « il faudrait que Sheila se fasse vacciner« … qui se sont empressées de le répéter au Canard Enchaîné, parce que – eh ! – pourquoi pas se rire un peu des goûts musicaux de son patron dans la presse, ahahah il ne saura jamais que ça vient de nous 4 à qui il l’a dit… ARE YOU CRAZY, TAUPE ?!

Bruno Le Maire, ministre de l’Economie

Lors du conseil des ministres de janvier 2021, le Président aurait dit « je n’aime pas les tireurs couchés« , visant — selon la taupe — Bruno Le Maire, qui est parmi ceux qui critiquent la stratégie vaccinale, la stratégie de confinement ou déconfinement… « Si certains ont des problèmes avec la stratégie sanitaire telle qu’elle est développée, qu’ils viennent m’en parler et j’attends leur lettre de démission ! » aurait-il ajouté.

L’histoire ne dit pas si, après cette réplique cinglante, le Président se tut, fixa le ministre de l’Economie de son regard bleu sur lequel glissaient des éclats métalliques, comme un lac accablé de soleil dont il aurait été impossible, sous le scintillement des reflets, de percer la surface. Probablement pas.

Jean-Michel Blanquer, ministre des sports et des masques-slip

De façon cocasse, ce n’est pas pour sa gestion approximative de la sécurisation des écoles, ses ratés dans le télé-enseignement (accusant des attaques russes) ou sa popularité négative dans le corps enseignant que le ministre en charge de l’Education Nationale s’est fait recadrer… mais pour sa « flagornerie » en mars 2021, lorsqu’il disait au Monde que « le président a acquis une vraie expertise sur les sujets sanitaires, ce n’est pas un sujet inaccessible pour une intelligence comme la sienne et au regard du temps important qu’il y consacre depuis plusieurs mois« . La flagornerie a ses limites.

Il semblerait aussi que Jean-Michel Blanquer se soit fait recadrer en septembre 2021, selon le Canard Enchaîné : « il faut parler tout ce qui va bien, je parlerai donc du sanitaire à la fin » aurait dit le ministre avant que le Président, « exaspéré« , le reprenne sur le dédoublement des classes, qui sont en sureffectif.

Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche (il parait)

Après avoir réclamé une enquête du CNRS sur l’islamogauchisme qui gangrène l’université, Frédérique Vidal (soutenue par Jean-Michel Blanquer et Gérard Darmanin) aurait été « mollement recadrée » (selon le Monde) en février 2021 par le Président qui aurait rappelé « son attachement absolu à l’indépendance des enseignants-chercheurs« . Selon un ministre présent, le Président aurait dit « la semaine qui vient de s’écouler a prouvé que, malgré le Covid, on pouvait faire exister d’autres sujets dans l’actualité. Mais on gagnerait à reproduire la démonstration de manière concertée et organisée«  sur le mode « il faut arrêter de déconner : une fois, mais pas deux »… Pour un autre « conseiller de l’exécutif », « Vidal est plus près de la porte que de l’augmentation »…

Barbara Pompili, ministre de l’écologie

Après la défaite LREM aux régionales en juin 2021, le Président a recadré Barbara Pompili, cofondatrice du mouvement En commun, qui s’est félicité d’une décision du Conseil d’Etat de suspendre la réforme de l’assurance chômage lancée par son gouvernement… « Inacceptable et déloyal« , tout comme l’appel du même parti à soutenir Marie-Guite Dufay, candidate PS en Bourgogne-France-Comté (et réélue), où LREM maintenait sa liste.

Marlène Schiappa, ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, chargée de la citoyenneté

En décembre 2018, après qu’elle ait évoqué le rétablissement de l’ISF, elle aurait été « recadrée » par le Président en Conseil des Ministres : « nous ne détricoterons rien de ce qui a été fait depuis dix-huit mois« . En février 2021, un proche du chef de l’Etat fait savoir que Marlène Schiappa « énerve souverainement le Président ».

En mars 2020, le Président l’aurait brutalement coupée dans une longue présentation de son bilan en lui disant de « revenir la semaine prochaine pour une présentation qui correspond à [s]es attentes« .

En avril 2021, le Président recadre Marlène Schiappa en conseil des ministres selon BFMTV. Après avoir annoncé la mise en place d’états généraux de la laïcité chez Hanouna (sic), elle se serait vu rétorquer par le Président : « les Français s’en fichent, et moi aussi : on n’a pas besoin de colloque, de forum, ou de je ne sais quoi. Si c’est pour regarder le film de Caroline Fourest sur Tariq Ramadan, on l’a déjà vu, on a bien compris ! » Puuuuunchline ?
Oui, mais non ! Comme l’a synthétisé Challenges, on apprend rapidement dans Marianne que l’Elysée dément BFM : « il ne s’en serait pris ni à Marlène Schiappa ni à Caroline Fourest. Il s’agirait en réalité de conflits idéologiques au sein même de la macronie au sujet de la laïcité ». Puis le Parisien relate une 3ème version où le Président aurait finalement dit « Ce n’est pas la peine de faire d’énièmes états généraux pour répéter ce qu’Aristide Briand a dit, alors que ça fait 250 fois que je vous dis les choses.« 

Ah oui. Donc la taupe a confondu Caroline Fourest et Aristide Briand. On dit « aveugle comme une taupe », mais visiblement la taupe du conseil des ministres semble souffrir davantage de problèmes auditifs.

Jean-Baptiste Djebbari, troll Twitter et ministre des transports

Sur BFM, le ministre des transports annonce que le gouvernement compte vacciner 26 millions de Français d’ici l’été ; sauf que l’objectif initial est de 15 millions (en pratique au 21 juin, il y avait 17 millions de schémas complets et 32 millions de primovaccinés). Lors du conseil des ministres de janvier 2021, le président aurait « exigé que ses collaborateurs se contentent d’évoquer leur secteur« .

Il s’était également fait recadrer en avril 2021 par Barbara Pompili après avoir proposé la légion d’Honneur aux 2 présidents de l’aéroclub de Poitiers, après que la maire écologiste Léonore Moncond’huy ait assumé de ne plus financer des sports basés sur la consommation de ressources épuisables.

Olivier Véran, ministre de la Santé

En septembre 2020, le ministre aurait proposé des mesures plus restrictives, ce que le Président n’aurait pas apprécié : « un million de tests par semaine, c’est bien beau, mais si les résultats arrivent trop tard, ça ne sert à rien« . D’ailleurs, sans nous concerter, Gala se demandait à l’époque qui était la taupe également

En janvier 2021, le Président aurait carrément parlé de « fiasco » : « Moi, je fais la guerre le matin, le midi, le soir et la nuit. Et j’attends de tous le même engagement. Or là, ça ne va pas. La technocratie est tatillonne. Ça doit changer vite et fort et ça va changer vite et fort. Nous sommes sur un rythme de promenade en famille, et ce n’est à la hauteur ni du moment, ni des Français« , aurait-il lancé au téléphone à divers interlocuteurs, selon la gazette de l’Elysée / le JDD. Ah ! Par téléphone ! La taupe est plusieurs pour relayer ces propos HAUTEMENT… flatteurs pour le Président en fait ! Ca tombe drôlement bien.

En février 2021, le Président aurait « engueulé » Olivier Véran parce qu’il ne l’a pas averti de l’existence des anticorps monoclonaux… La taupe devait forcément être présente lors de cette « engueulade »…

En mars 2021, le Président critiquait encore le fait que « le boulot n’a pas été fait« . Visiblement, le Président ne souhaitait pas prendre son « pari » de janvier 2021 sans embarquer son ministre — opposé à ce pari — avec lui…

… Emmanuel Macron, Président de la République

Pour couronner le tout, il semblerait que le Président se fasse également recadrer par un narrateur de chez Audible, ancien Président lui-même !

Méta-recadrage

Il n’est évidemment pas le seul, puisque des « amis » du Président s’y mettent aussi. Par exemple, on apprend mi-février 2021 dans un papier déjà biiiiien daté qu’il « pique des colères d’enfant » selon un proche ami (… bien choisir ses amis quand même), et qu’il fustige les scientifiques qui « ne répondent à ses interrogations que par un seul scénario : celui du reconfinement », ou les élus qui réclamaient en mars 2021 des mesures plus efficaces.
L’histoire lui aura donné tort avec quelque 10 000 décès supplémentaires dus à ces « colères d’enfant« .

« Il a eu raison » : bah non. Les limites de la flagornerie.

Conclusion

Ces recadrages publics ne mènent jamais à rien. En décembre 2020, le Midi Libre s’intéressait aux difficultés du Président à se séparer de ses proches : Richard Ferrand, Gérard Collomb, Alexandre Benalla, Alexis Kohler, Gérald Darmanin…

Le 24 juillet 2018, pour défendre Benalla, il disait d’ailleurs « on ne sacrifie pas des têtes de fonctionnaires, de ministres ou de collaborateurs sur l’autel des émotions populaires. Le responsable, c’est moi, qu’ils viennent me chercher. »

Il est difficile d’identifier formellement la taupe. Emmanuel Macron critiquait d’ailleurs ouvertement ces sorties en juin 2020 : « je continue à lire dans les gazettes ce que je pense. J’en ai marre de ces pseudos conseillers ministériels qui passent leur temps à dire ce que je n’ai pas dit« . Il l’a bien répété en mai 2021 : « Si certains d’entre vous ont des vocations d’éditorialistes, il en faut plein dans les chaînes d’info. Vous êtes ministres, pas éditorialistes ». Un recadrage « fréquent », raconte « fataliste et blasé », un « ministre de premier plan » le jour même au Parisien, « confirmé par plusieurs des présents »… ce qui est quand même le comble de l’ironie.

L’ironie en 2 paragraphes.

Il semblerait que ce soit quelqu’un systématiquement présent avec Emmanuel Macron, y compris dans ses appels privés…

Oh. A moins que tout ça ne soit que de la communication politique ? Des coups d’essais dans la presse de ce qu’il veut dire mais pas dire ? Une façon d’être « responsable mais pas coupable », histoire qu’on ne vienne pas trop le chercher quand même ? Je ne sais pas ce que je préfère entre un Président qui ne sait pas faire respecter le secret défense qu’il réclame régulièrement et un Président qui manipule l’opinion…

Mais dans ce dernier cas, relayer de la compol organisée, visant à manipuler l’opinion publique quant à l’image du Président, n’est-ce pas un peu problématique ?

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Pourquoi la CNAM, la CNIL et le ministre se moquent-ils des médecins avec la liste des non-vaccinés ?

Bon, je m’avance beaucoup. En réalité, la CNAM, la CNIL et le ministre ne sont probablement pas de mauvais bougres, souhaitant « se moquer » délibérément de médecins généralistes. Au fond d’eux, ils pensent probablement faire leur maximum pour nous aider.

Ils se trompent.

Sur cette histoire de liste, nous n’avons eu droit qu’à une succession d’incompétences, probablement liées au fait que personne n’a dû prendre l’avis d’un seul médecin généraliste en exercice dans cette histoire. Je doute que le Ministre, que la CNIL ou que la CNAM ait pris le temps (siiiii pénible) de discuter avec un généraliste en exercice. Ou alors ils ont choisi un type accroc à la colle.

Allons-y. Comme d’habitude, je vais illustrer avec des tweets – souvent les miens, parce que c’est plus simple de les retrouver… Je vais tenter de faire bref, et je doute y parvenir. Désolé.

Combien de temps a-t-il fallu pour obtenir cette liste ?

3 mois !

Depuis mi-avril 2021, plusieurs médecins et syndicats réclament d’avoir leur liste des patients qui sont (1) vaccinés, (2) avec quel vaccin / combien / quelle date, (3) immunisés/contaminés.

J’ai lancé un défi au Hackathon sur ce sujet en avril, ce qui m’a permis d’obtenir un contact auprès de l’Assurance Maladie… qui m’a assuré à l’époque que c’était un sujet d’intérêt, défendu par Thomas Fatome lui-même (cf. extrait du mail ci-dessous dans le tweet).

Le 29 juin (2 mois plus tard !), Olivier Veran aurait demandé leur avis à la CNIL. Soit il s’agit d’un jem’enfoutisme royal (2 mois pour demander cette liste ?!), soit il s’agit d’un peu de comm’ facile…

Une dizaine de jours plus tard, le 7 juillet, la CNIL a rendu un avis sur la liste… En gros, ça disait :

  • la CNIL n’est pas favorable à la constitution de listes de patients non-vaccinés pour les médecins,
  • mais le contexte sanitaire peut justifier cette pratique
  • par contre les médecins ne doivent pas utiliser cette liste pour CONVAINCRE leurs patients, mais juste les informer.

Plus débile que ça, ils étaient obligés de publier leur avis sur le blog d’Azalbert.

https://twitter.com/CNIL/status/1412650493709586433?s=20

Le 7 juillet à 15h20 (puis le 20 juillet en rappel), Thomas Fatome lui-même (directeur général de la CNAM) signait un mail disant ceci :

« Pour vous aider, l’Assurance Maladie met à votre disposition, sur demande, la liste de votre patientèle « médecin traitant » non vaccinée contre le Covid. 
A la fin du mois de juillet, cette demande pourra être faite directement dans amelipro. 
Dans l’attente de cette solution pérenne, un circuit particulier est mis en place pour vous permettre d’obtenir ces informations à travers un envoi unique :
     – Vous pourrez adresser un mail à l’adresse … 
     – Vous recevrez en retour, dans un délai court, un mail indiquant que votre liste est disponible sur amelipro dans l’espace d’échange médical sécurisé.

Signé : Fatome-masque (rhooo ça va)

Le vendredi 16 juillet, dans l’espace sécurisé, voici le mail reçu.

Cher confrère,

Vous avez demandé votre liste « patientèle médecin traitant » non vaccinée contre la COVID-19.

Cette liste, au format «.csv », s’ouvre avec un tableur de type Excel. Elle contient le nom, le prénom, le NIR et la date de naissance (format AAAA/MM/JJ) de chaque patient non vacciné vous ayant déclaré comme médecin traitant. La date de la mise à jour est indiquée dans le nom du fichier.

NB : Si jamais, à l’ouverture du fichier, les NIR s’affichent sous la forme 1,80xxx E12, il suffit de sélectionner la colonne contenant les NIR, choisir « Format de cellule » avec un clic droit, puis sélectionner « Nombre » et cocher « 0 décimales ». Vous aurez alors un affichage des NIR sous la forme 180xxxxxxxxxxx

Non mais… l’accessibilité, ça vous parle ?

Depuis quelques jours, on peut effectivement faire la demande directement dans « Patientèle médecin traitant » sur l’onglet « Vaccination ».

48 heures ? Les gars, je vous demande pas de le recopier sur un papyrus hein.

Je risque de l’apprendre ici à quelques confrères et consoeurs, parce que la communication dessus est assez désastreuse – rien que sur Twitter, un certain nombre de médecins n’ont pas compris qu’ils avaient accès à cette liste dans l’espace sécurisé où nous n’allons pas si souvent…

https://twitter.com/olivierveran/status/1422626913886121984?s=20
Marrant, je serais celui qui a mis 2 mois pour rendre accessible la liste, je ne serais pas trop prompt à troller sur Twitter à son propos en fait.

Ca permet d’obtenir la liste sous… 48 heures, au format CSV. Ca ressemble à ça :

NOM;PRENOM;NIR;DATE_NAISSANCE
CHRIST;JESUS;101129900000100;00011225
...
VOLDEMORT;BERNARD;126129900300132;19261231

Voilà… Un CSV absolument dégueulasse, avec 4 colonnes séparées par des point-virgules, avec nom, prénom, date de naissance dans un format improbable et numéro de CPAM (qui ne sert à rien)… Je sais remettre ça en forme, merci. Dedans, il y a des patients non éligibles, des patients déjà vaccinés, des patients décédés… (et je ne suis pas seul à avoir noté ça).

Mais le problème c’est surtout… QU’ILS N’ONT PAS COMPRIS LA MOITIÉ DES OBJECTIFS !

Ce qui m’amène à la partie 2.

Que voulions-nous ? A quoi devait servir cette liste ?

L’intérêt de cette liste est multiple :

  • avoir un état des lieux dans notre patientèle (x % des plus de 75 ans vaccinés, etc.)
  • pouvoir prioriser les doses (ce qui est évidemment moins utile en juillet que ça l’était en avril/mai…)
  • pouvoir « aller vers » les patients qui n’ont pas pris de RDV (parce qu’ils sont seuls, isolés, qu’ils n’ont pas osé, qu’ils attendent qu’on les contacte, qui hésitent et n’osent pas appeler pour avoir l’avis de leur médecin, qui veulent être vaccinés à domicile ou au cabinet…)
  • pouvoir appeler des patients lorsqu’on prévoit d’ouvrir un flacon de 12 doses de Moderna (ou à l’époque de 12 doses d’AstraZeneca ou 6 de Janssen) – donc une liste accessible en 48 heures, c’est pas vraiment ça
  • pouvoir appeler en urgence des patients lorsqu’il y a un ou des désistements sur une session de vaccination, dans le flot des consultations qui se poursuit à côté…
  • se rendre compte d’erreurs : patient qui a fait une première dose mais a raté la 2ème (nous suivons des patients avec des troubles cognitifs par exemple…)

Ca a(vait) cet intérêt « égalitaire » : aller vers ceux qui n’ont pas l’app Doctolib sur leur smartphone, voire qui n’ont pas de smartphone. Quand il fallait batailler pour se vacciner en avril, il y avait 2 grands choix :

  • donner cette liste aux généralistes afin de prioriser sur les facteurs de risque et d’aider à la prise de rendez-vous pour les plus précaires ;
  • ouvrir des créneaux non pris à ceux qui savaient le mieux utiliser internet et diverses applis.

C’est le 2ème point qui a été choisi – le 1er appel à plus d’égalité, il aura fallu attendre 3 mois pour qu’il soit entendu.

Le problème du CSV transmis c’est que nous ne savons pas :

  • si les patients sont en cours de vaccination (0 dose ? 1 dose ?)
  • si les patients ont été positifs au COVID et à quelle date (quand leur proposer le vaccin dans ce cas)
  • si des patients ont raté leur date de 2ème dose

Quels sont les risques de cette liste ?

Aucun. Il n’y a AUCUN foutu risque à ces listes de non-vaccinés, c’est un fantasme de la CNIL. (Evidemment, attendez 2 secondes avant de bondir avec « les listes, les pires heures de l’histoire de France, un scandale »…)

Explorons un peu.

Admettons qu’une personne mal intentionnée cambriole un médecin et récupère ce SUPERBE CSV qui donne une liste de quelques centaines de personnes non vaccinées dans sa ville. Bon. Voilà, il va en savoir à peu près autant que n’importe quel vigile de discothèque ou bientôt de restaurant.

Admettons qu’un super réseau de cambrioleurs parvienne à récupérer ces MAGNIFIQUES CSV auprès des 50 000 médecins généralistes français. Bon, voilà, après une organisation de 4 mois, 50 000 doubles de clés récupérés, ce réseau de malfaiteurs aura mené à bien ce larcin, leur permettant de découvrir que Jacqueline Raclette, 63 ans, n’est pas vaccinée. Dites donc. Ca valait le coût d’y investir le PIB du Tuvalu.

Mais ce qui est LE PLUS DRÔLE…

… c’est que cette liste n’apprend RIEN aux médecins généralistes.

Les médecins généralistes ont accès au statut vaccinal de tous les patients dont ils ont le numéro de sécurité sociale depuis le début ! C’est la CNIL qui leur a donné cet accès.

On clique sur « Vaccination COVID »
On rentre son numéro de sécurité sociale
Et hop, on a le statut vaccinal (dont on peut avoir le détail en cliquant dessus)

Oui mais un patient à la fois c’est long, donc personne ne le fera…

Bah non justement. Cette liste qu’on demande pour faire notre travail, c’est juste une simplification d’accès. On a déjà cet accès, rendez-nous plus facile et plus performant notre travail de vaccination.

Les médecins ne sont pas des truands qui veulent vendre la liste de leurs patients non vaccinés… déjà, parce que tout le monde s’en fiche, et ensuite parce qu’on a 2-3 autres choses à faire.

La CNIL protège les gens, pour éviter qu’on fasse des choses mauvaises sur les internets, on ne peut pas leur en vouloir d’être excessif dans cette mission…

C’est là qu’il y a un petit malentendu.

Quand les médecins généralistes demandent LEUR liste de LEURS patients, il n’y a aucun risque, mais des précautions énormes. Des bâtons dans les roues de la vaccination. Et la CNIL est applaudie – c’est peut-être ce qu’ils viennent chercher avec leur avis plus tiède qu’une bouteille d’eau restée sur la plage arrière de la voiture après une journée de plage.

Déjà, il y a des listes plus sensibles qui existent déjà, avec leur accord, donc c’est vraiment une posture. Les postures c’est bien, la compétence c’est mieux.

Création d’un PDF, d’un XLS (tiens pas un CSV) de la liste complète de ma patientèle avec une « affection longue durée ».

Ensuite – et surtout – depuis janvier 2021, la CNIL a autorisé :

  • tous les médecins, pharmaciens, infirmiers à avoir accès au statut vaccinal d’un patient dont ils disposent du numéro de sécurité sociale (comme illustré plus haut avec mon propre numéro) ;
  • tous les établissements de santé, auxiliaire médicaux, chirurgiens-dentistes, médecins, pharmaciens, sages-femmes et acteurs du médico-social à avoir accès au numéro de sécurité sociale de tout patient…

C’est le téléservice INSi (Identité Nationale de Santé, intégré sur nos logiciels métiers depuis le 1er janvier). Concrètement, il suffit de rentrer nom, prénom, date de naissance et sexe pour obtenir le numéro de sécurité sociale.

Vous voyez où je veux en venir ?

C’est protégé par la CNIL, donc c’est bon.

Ahahah… tu déconnes ?!

Et non.

La CNIL interdit les généralistes de connaître le statut vaccinal de leurs patients de façon simple, mais autorise tous les professionnels de santé du pays à connaître le statut vaccinal de toute personne dont la date de naissance est connue…

Et on s’en fiche en vrai. On n’en fera rien.

Mais il faut présenter honnêtement le travail de la CNIL. Quand le Ministre, la CNIL et la CNAM ne nous aident qu’avec moult bâtons dans les roues, quand la CNIL va jusqu’à expliquer qu’il faut « ne pas utiliser la liste pour convaincre », quand la CNAM nous livre un CSV tout dégueulasse pour « oulalala faut pas trop en donner ou trop lisible », je me dis qu’ils ne comprennent pas bien ce qu’ils autorisent et ce qu’ils n’autorisent pas.

Soyons honnête, la liste des patients non-vaccinés du Docteur Grostéto à Tricotis-les-Aigletons, ce n’est pas de nature à intéresser la population.
Par contre, savoir quel politicien, candidat, quel animateur TV, quel acteur, quelle personnalité publique s’est fait vacciner à quel date, avec quel vaccin… ça peut sans doute trouver un autre intérêt de leak sur Reddit et compagnie.

Donc si la CNIL s’en fiche de ça, si elle pense que les données peuvent être accessibles à tout professionnel de santé, et qu’il y a un faible intérêt dans le pays pour connaître le statut vaccinal d’autrui (parce qu’il faut bien reconnaître qu’on s’en tape), il serait temps de nous FOURNIR UNE LISTE CORRECTE, DANS UN FORMAT CONVENABLE, AVEC DES INFORMATIONS UTILES ET COMPLÈTES concernant le statut vaccinal de nos patients.

NB. Pour information, je me suis rendu compte de ces possibilités de l’INSi le 16 juillet (je ne suis pas vif).
J’ai proposé à la CNIL d’en discuter ; j’ai contacté (pour la 1ère fois de ma vie évidemment…) l’accueil de l’Elysée pour les informer également que n’importe quel professionnel de santé en France pouvait récupérer le QRCode d’absolument n’importe qui. Ca n’a finalement pas eu l’air de les émouvoir, ce qui est quand même pas mal en faveur de la « posture » 😉

Désolé, on est trop occupé à empêcher les généralistes de connaître le statut vaccinal de leurs patients en France, veuillez nous recontacter plus tard.
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Cassandre avait raison

Cassandre : personne qui prédit une issue défavorable aux événements, au risque de déplaire ou de ne pas être crue (Larousse).

Dans la mythologie grecque, Cassandre est la fille de roi de Troie. Elle a reçu d’Apollon le don de dire l’avenir… et la malédiction que ses prédictions ne soient jamais crues, y compris de sa famille (parce qu’elle n’a pas voulu céder aux avances du dieu de la beauté masculine). Elle prédit que Pâris causera la perte de Troie, que le cheval des Grecs est un subterfuge, etc. Ses prédictions sont systématiquement justes et ignorées !

Pendant la pandémie à COVID-19, le gouvernement a usé et abusé de l’expression « jouer les Cassandre » pour discréditer les scientifiques… Sauf que de façon très ironique, ils l’ont utilisé pour critiquer ceux qui avaient raison et qu’ils n’ont pas écoutés.

Une brève requête « les Cassandre » sur Google Actualités permet de retrouver quelques sorties.

Je passerai sur ce billet de très mauvaise foi dans le Télégramme en juillet qui prétend que « les Cassandre ne proposent jamais rien » (bah si en fait, tout un tas de mesures POUR ÉVITER LES CONFINEMENTS, à base d’éducation aux gestes barrières, de protocoles d’aérations – et un appel dans Science -, de séparation des repas en communs en cantines d’écoles ou d’entreprise, avec des appels scientifiques dans le Lancet, des protocoles par le collectif citoyen Ecoles et familles oubliées relayé par La Croix…). Oh et cet article prétend aussi que les Cassandre ne proposent rien pour le climat !

Je passerai également sur les articles qui parlent de gens « jouant les Cassandre » (Agnès Buzyn en mai 2020, Olivier Véran en octobre 2020, Karine Lacombe en avril 2021, l’Institut Pasteur en avril 2021) ; concentrons-nous sur les sorties du gouvernement !

Début janvier, Cassandre a des propos réinventés

5 janvier 2021 : le ministre de l’Education Nationale, Jean-Michel Blanquer, dit sur Europe 1 que « Parfois, certains refont les Cassandre à chaque retour de vacances ».

« Je me souviens des observations que j’avais avant la rentrée scolaire de septembre. Si j’avais écouté certains, on aurait là aussi reporté. La bonne décision a été prise, c’est-à-dire faire la rentrée à l’heure. Idem pour le retour des vacances de la Toussaint. »

Des propos réinventés, ne faites pas ça chez vous

Le contexte / la réalité : Pendant les vacances 2020, alors que la transmission du SARS-CoV-2 est bien connue depuis juillet (gouttelettes et aérosols principalement), Jean-Michel Blanquer décide de ne rien préparer de concret pour la rentrée car il croit – à tort – que les enfants ne sont pas moteurs de l’épidémie.
Dans ce contexte, le futur collectif Du Côté de la Science écrit une tribune dans le Parisien avec 4 propositions pour l’école : port du masque dès 6 ans – protocole d’aération – limitation des contacts en classe et cantines – tester et tracer. Aucun report n’était demandé, mais mentir est une deuxième passion pour certains. Le ministre répond d’ailleurs à cette tribune dans le bulletin paroissial le 29 août : « nous sommes préparés à tout ».
Devant l’augmentation incontrôlée du nombre de cas et les appels incessants, le masque est enfin instauré pour les enfants dès 6 ans à partir de novembre 2020. Début janvier 2021, le Ministre se vante d’avoir imposé ce masque à l’école…

Si le report des vacances de la Toussaint ou l’avancée des vacances de Noël ont par contre bien été réclamés par certains – dont je fais partie -, il semble difficile de nier aujourd’hui que l’impact sur la 2ème vague aurait été bienvenue. Pour en savoir plus, j’avais relu cette interview en avril dans ce fil Twitter…

Fin janvier, Cassandre casse les pieds

22 janvier 2021 : L’Élysée en colère contre les « Cassandre » favorables à un reconfinement.

Le contexte / la réalité : La 2ème vague débutée à la rentrée 2020 ne s’est jamais terminée au 22 janvier. Le 24 novembre, le Président a annoncé un seuil de 5 000 cas par jour avant d’entamer le déconfinement le 15 décembre. À la date, le nombre de cas quotidiens est de 11 700 cas : qu’à cela ne tienne, il décide de déconfiner avec couvre-feu maintenu.
Devant une ascension rapide du nombre de cas et un plateau de mortalité inadmissible autour de 400 morts par jour (soit 25 % de la mortalité quotidienne attendue en France hors pandémie), plusieurs scientifiques appellent à agréger les vacances scolaires et/ou confiner. Le conseil scientifique rend un avis le 29 janvier (rendu public tardivement) allant dans ce sens. Emmanuel Macron choisit de ne pas suivre cet avis et apparemment de les traiter de « connards du conseil scientifique« .
Finalement, l’Elysée reconfinera à partir du 2 avril, permettant (avec la vaccination) de contrôler la 2ème vague débutée en septembre 2020 et d’arriver au seuil de 5000 contaminations par jour entre le 11 juin et le 15 juillet 2021.

Nombre de cas confirmés de COVID-19 en France chaque jour (attention, avant mai/juin 2020, les données sont peu fiables en raison du manque de tests)
Nombre de morts confirmés du COVID-19 chaque jour en France, illustrant les 2 vagues
(Je suis loin d’être le seul à l’avoir réclamé, mais c’est juste plus simple de retrouver mes tweets…)

En février, Cassandre à la cour déplaît

Le plus grand article de lèche-bottisme écrit en France au XXIème siècle

10 février 2021 : des ministres préférant garder l’anonymat félicitent le Président et lui donnent raison de laisser mourir 300 personnes du COVID-19 chaque jour.

Le contexte / la réalité : la même chose que ci-dessus en fait… Toutefois, je ne pouvais pas passer à côté de cet article mémorable de ridicule.

« Il va finir épidémiologiste », s’amuse un ministre. « Les chiffres lui donnent raison. Le confinement, ç’eut été la solution de facilité, la mesure de confort. » Un autre ministre, participant aux Conseils de défense, ajoute : « Si on avait écouté tous les ‘Cassandre’, on serait en train de travailler avec nos enfants sur les genoux depuis trois semaines. »

X, Ministre, pourfendeur des confinements « de confort » et protecteur des genoux de parents devant l’Eternel.

Si par malheur vous êtes passé à côté de cet article, il faut à tout prix vous rattraper. Avec le recul (on n’en manque pas), c’est absolument incroyable. Et comme il n’y a pas de remaniement, ces idiots sont encore en poste.

« Macron s’est tellement intéressé au Covid », ajoute un conseiller du pouvoir, « qu’il peut challenger les scientifiques, poser la question qui les déstabilise ». « De toute façon, si vous ne rentrez pas dans le sujet », explique un ministre, « vous êtes infoutu de prendre une décision politique. Désormais, le Conseil scientifique n’est plus premier dans l’arbitrage. »

Les conseils du Conseil scientifique ne seront désormais plus utilisés, mais ils peuvent continuer leur mission car les épluchures de patates méritent le papier de qualité qu’ils nous fournissent.

Samuel Gontier a d’ailleurs fait un article dans Telerama pour rappeler tous ceux qui ont salué « le pari » d’Emmanuel Macron… Et Emmanuelle Bouland dans le journal de Saône-et-Loire a fait un beau billet aussi sur la stratégie de « Cassandrer » les scientifiques à des fins bêtement politiques. Et bien sûr, c’est moyennement bien passé auprès de scientifiques

En mars, Cassandre ne plait pas aux amateurs de farce

S’il y a un truc fantastique avec les sociétés savantes de pédiatrie pendant la pandémie, ça a été leur façon d’être toujours à contre-pied. Vraiment, si vous vouliez connaître la direction du sud en 2020/2021, il fallait leur demander le nord.

Le contexte / la réalité : Je ne sais même pas par où commencer. En octobre 2020, sur la base d’analyses scientifiques complètement pétées, ils étaient encore contre le port du masque pour les enfants et tentaient de discréditer ceux qui le recommandaient en faisant de l’argument d’autorité digne des années 1950 dans Ouest France. Lorsque le gouvernement l’a recommandé, ils ont applaudi la mesure comme « la bonne idée qui paraissait indispensable »... avant d’écrire sur leur site en février 2021 (!!) que le port du masque se justifiait « a posteriori » (belle mauvaise foi !)

Et donc cette mesure injustifiée mais justifiée mais a posteriori qui était une bonne idée indispensable, finalement en juin avec l’arrivée du variant delta, ils en prônaient le retrait pour la dernière semaine… Une inépuisable source de désespoiril y a des fils imbriqués dans le premier fil sur #BlanquerFactChecking.

Début mai, Cassandre réclame des objectifs chiffrés

3 mai 2021 : « Il y a toujours des Cassandre pour prédire le pire, mais il faut aussi faire preuve d’optimisme ! » abonde un conseiller ministériel, dans le Monde, « estimant que les critères de surveillance de l’épidémie sont loin d’être laxistes ».

Le contexte / la réalité : Aucun « Cassandre » refuse de faire preuve d’optimisme. Tous les « Cassandre » appellent justement à ce qu’on utilise ces critères de surveillance de l’épidémie pour prendre des mesures fermes à chaque fois que le taux d’incidence décolle. Mais devinez quoi… Emmanuel Macron a dit 1 mois avant qu’il ne conditionnait pas les réouvertures aux indicateurs sanitaires… et de façon générale, il n’a donné aucun objectif chiffré !

Emmanuel Macron, dit Epidémiologiste 1er, le Président qui ne pose aucun objectif et les atteint tous.

Autre exemple plus récent, dans son allocution du 12 juillet, alors qu’il évoquait un nouveau seuil de 200/100 000 (avant de ?), rien n’a été fait les jours suivants pour les EPCI qui dépassaient ce seuil…

Mi-mai, Cassandre ne doit plus être écoutée

17 mai 2021 : pour Gabriel Attal, Emmanuel Macron a eu raison de choisir un calendrier de déconfinement sur des dates et pas sur des seuils épidémiques, ce qui « donne tort à tous les prophètes de malheur ». Le 7 juillet, le même « rongeur d’os » alerte sur le risque de nouvelle vague sans se rendre compte que le problème est situé entre sa chaise et les micros qu’on lui tend.

Le contexte / la réalité : le gouvernement joue à alterner les phases « ce sont des Cassandre qu’il ne faut pas écouter » puis « c’est la merde, qui aurait pu prédire » puis « on s’en sort, c’est grâce à nous, les Cassandre faut pas les écouter ». Le jeu pourrait amuser si nous n’étions pas à plus de 110 000 morts en France... dont 80 000 lors de la 2ème vague, bien plus meurtrière que la première !

2 vagues de mortalité

La 1ère vague ne pouvait être prévenue aisément – même si son ampleur aurait pu être limitée en imposant des masques partout à l’époque, genre quand on allait faire nos courses en plein confinement sans masque…

Vous pouvez remonter ce thread si vous voulez voir la considération d’Auchan et de Carrefour pour leurs clients.

Mais si la 1ère vague pouvait bénéficier d’un « nous n’étions par prêt », il n’en est pas de même pour la 2ème. Le gouvernement a clairement une responsabilité énorme dans le choix de laisser circuler le virus, et des 80 000 morts (0,1 % de la population).

Voilà… comme vous le voyez, Gabriel Attal n’a pas utilisé « Cassandre » mais une formule détournée. De ce fait, je ne résiste pas à vous partager ce tweet qu’il faisait en 2018 pour vanter… Parcours Sup !

Que pense une Cassandre aujourd’hui ?

Les « Cassandre » ne sont pas un groupe défini bien sûr – ce n’est pas toujours les mêmes personnes qui sont visées. Il y a plein de « Cassandre » telles que définies par le gouvernement.

Globalement, ce que « je » prédis aujourd’hui, pour ce que ça vaut, c’est :

  • une explosion des contaminations via le variant delta – qui sera difficilement maîtrisée par le pass sanitaire à partir du 21 juillet (qui est une bonne mesure, mais qui arrive malheureusement à plus de 10 000 nouveaux cas par jour, cas qui vont transmettre en intra-familial là où le pass n’a pas cours… et dans les nombreuses exceptions prévues – restaurant d’entreprise, etc. puis par la rentrée scolaire d’enfants non vaccinés) (à noter que si le pass n’arrive pas le 21 juillet mais le 15 septembre, ça serait rapidement une catastrophe vu l’exemple du Royaume-Uni à notre stade le 9 juin mais avec une meilleure couverture vaccinale… il est inimaginable que l’option puisse même être évoquée).
  • une augmentation inévitable des hospitalisations avec un retard de 10 jours environ et des décès avec un retard de 25 jours environ (dans une moindre mesure par rapport aux contaminations, grâce à la vaccination priorisée pour les plus à risque)
  • donc possiblement 50-60 morts par jour vers le 10 août (on a 3 fois plus de cas qu’il y a 25 jours, et 20 morts par jour actuellement avec le même profil de population vaccinée… sans doute que ça va diminuer et peut-être qu’on sera à 40 morts par jour – doit-on s’en réjouir ?),
  • cette mortalité sera trop faible pour envisager de nouvelles mesures, de la part d’un gouvernement qui a accepté plus de 300 morts par jour pendant de longs mois,
  • une rentrée scolaire de septembre avec des enfants non vaccinés qui vont participer à propager le virus entre familles, en attendant la vaccination,
  • probablement des tribunes pendant l’été de gens qui réclameront le retrait du masque « parce que ce sont des pitchounes »,
  • une augmentation des viroses tout venant lors du retrait du masque annoncé par le ministre de la santé, rendant illisibles et inutilement complexes toutes les infections respiratoires en ville (PCR pour tous, isolement pour toute fièvre en attente de PCR, journées enfant malades, consultations médicales à gogo en plus des vaccinations…)
  • (avec un peu de chance, un port de masque de façon altruiste par les gens malades même quand le masque ne sera plus obligatoire – un élément sur lequel il faudra sûrement des appels citoyens et scientifiques)
  • et enfin la fin de la pandémie grâce à la vaccination – sauf surprise d’un nouveau variant avec échappement immunitaire.

C’est un avis purement personnel, mais je vois difficilement comment on pourrait y échapper. Je suis plutôt « optimiste » sur les hospitalisations / décès – d’autres n’ont pas mon optimisme. Je me dis au moins qu’on ne retrouvera plus le plateau de mortalité aussi long à 80 000 morts.

Est-ce que le pass sanitaire (associé à la vaccination) suffira pour freiner assez efficacement ? Peut-être car c’est vraiment une mesure utile qui a du sens, contrairement au couvre-feu à 21h ou 23h, ou au masque en extérieur.

Est-ce que le pic sera en août, ou aux vacances de la Toussaint ? Je n’en sais rien et en fait, ça importe assez peu pour l’instant. Rien n’est écrit. La vague à venir n’est « écrite » dans aucun livre – pas la peine d’aller à Lourdes. Son ampleur, sa durée, son plateau, sa décroissance ne dépendront que des décisions qui seront prises.

Ce qui compte, c’est la prévention pour limiter le nombre de cas. Parce que de grands nombre de cas, c’est plus d’hospitalisations, de réanimations… mais aussi plus de risque d’émergence d’un nouveau variant plus contagieux ou échappant à la vaccination… mais également le risque de découvrir dans x années que le virus puisse entraîner des effets retardés (personnellement je trouve qu’on manque de recul sur ce virus).

Ce qui compte, c’est prendre des mesures adaptées au moment adéquat. C’est donc se baser sur les indicateurs sanitaires et prendre des mesures fortes pour freiner afin d’avoir tous les EPCI (communautés d’agglomérations) avec un taux d’incidence sous le seuil d’alerte à 100/100 000 par exemple – seuil à définir collectivement sur ce qu’on accepte en contaminations, et sans doute à affiner par tranche d’âge et par taux de vaccination ! Nous avons les moyens d’avoir cette finesse ! Ou alors il faut avouer publiquement qu’on mise sur une immunisation hybride avec contamination des jeunes cet été pour économiser des doses de vaccins…

Pour freiner, ça n’implique ni masque en extérieur ni couvre-feu, comme ce qui a été prévu en Pyrénées, mais ça implique dans ces lieux où le virus circule au-delà du seuil d’alerte de s’appuyer sur ce qui fonctionne(ra) :

  • le masque en intérieur (maintenu jusqu’à ce qu’on sorte réellement de cette pandémie),
  • les incitations au télétravail pour les non-vaccinés,
  • le pass sanitaire dès mercredi 21 juillet et sans les exceptions,
  • les protocoles d’aération pour les lieux clos,
  • des nouvelles re-fermetures temporaires des lieux sans masque (restaurants en intérieur – y compris en entreprise -, salles de sport en intérieur, discothèque…)
  • … et idéalement anticiper, pour éviter de découvrir sur le tard qu’il y a une rentrée en septembre et un automne en octobre (en pleine vague, avoir des enfants sans masque qui font circuler des tas de virus, ce n’est pas raisonnable avec ce que ça implique en terme de surcharge du système de santé en ville, d’absentéisme, de tests PCR à répétition et de risques méconnus à long terme).

Mais bon, ce n’est qu’un avis de Cassandre…

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