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Pourquoi la CNAM, la CNIL et le ministre se moquent-ils des médecins avec la liste des non-vaccinés ?

Bon, je m’avance beaucoup. En réalité, la CNAM, la CNIL et le ministre ne sont probablement pas de mauvais bougres, souhaitant « se moquer » délibérément de médecins généralistes. Au fond d’eux, ils pensent probablement faire leur maximum pour nous aider.

Ils se trompent.

Sur cette histoire de liste, nous n’avons eu droit qu’à une succession d’incompétences, probablement liées au fait que personne n’a dû prendre l’avis d’un seul médecin généraliste en exercice dans cette histoire. Je doute que le Ministre, que la CNIL ou que la CNAM ait pris le temps (siiiii pénible) de discuter avec un généraliste en exercice. Ou alors ils ont choisi un type accroc à la colle.

Allons-y. Comme d’habitude, je vais illustrer avec des tweets – souvent les miens, parce que c’est plus simple de les retrouver… Je vais tenter de faire bref, et je doute y parvenir. Désolé.

Combien de temps a-t-il fallu pour obtenir cette liste ?

3 mois !

Depuis mi-avril 2021, plusieurs médecins et syndicats réclament d’avoir leur liste des patients qui sont (1) vaccinés, (2) avec quel vaccin / combien / quelle date, (3) immunisés/contaminés.

J’ai lancé un défi au Hackathon sur ce sujet en avril, ce qui m’a permis d’obtenir un contact auprès de l’Assurance Maladie… qui m’a assuré à l’époque que c’était un sujet d’intérêt, défendu par Thomas Fatome lui-même (cf. extrait du mail ci-dessous dans le tweet).

Le 29 juin (2 mois plus tard !), Olivier Veran aurait demandé leur avis à la CNIL. Soit il s’agit d’un jem’enfoutisme royal (2 mois pour demander cette liste ?!), soit il s’agit d’un peu de comm’ facile…

Une dizaine de jours plus tard, le 7 juillet, la CNIL a rendu un avis sur la liste… En gros, ça disait :

  • la CNIL n’est pas favorable à la constitution de listes de patients non-vaccinés pour les médecins,
  • mais le contexte sanitaire peut justifier cette pratique
  • par contre les médecins ne doivent pas utiliser cette liste pour CONVAINCRE leurs patients, mais juste les informer.

Plus débile que ça, ils étaient obligés de publier leur avis sur le blog d’Azalbert.

Le 7 juillet à 15h20 (puis le 20 juillet en rappel), Thomas Fatome lui-même (directeur général de la CNAM) signait un mail disant ceci :

« Pour vous aider, l’Assurance Maladie met à votre disposition, sur demande, la liste de votre patientèle « médecin traitant » non vaccinée contre le Covid. 
A la fin du mois de juillet, cette demande pourra être faite directement dans amelipro. 
Dans l’attente de cette solution pérenne, un circuit particulier est mis en place pour vous permettre d’obtenir ces informations à travers un envoi unique :
     – Vous pourrez adresser un mail à l’adresse … 
     – Vous recevrez en retour, dans un délai court, un mail indiquant que votre liste est disponible sur amelipro dans l’espace d’échange médical sécurisé.

Signé : Fatome-masque (rhooo ça va)

Le vendredi 16 juillet, dans l’espace sécurisé, voici le mail reçu.

Cher confrère,

Vous avez demandé votre liste « patientèle médecin traitant » non vaccinée contre la COVID-19.

Cette liste, au format «.csv », s’ouvre avec un tableur de type Excel. Elle contient le nom, le prénom, le NIR et la date de naissance (format AAAA/MM/JJ) de chaque patient non vacciné vous ayant déclaré comme médecin traitant. La date de la mise à jour est indiquée dans le nom du fichier.

NB : Si jamais, à l’ouverture du fichier, les NIR s’affichent sous la forme 1,80xxx E12, il suffit de sélectionner la colonne contenant les NIR, choisir « Format de cellule » avec un clic droit, puis sélectionner « Nombre » et cocher « 0 décimales ». Vous aurez alors un affichage des NIR sous la forme 180xxxxxxxxxxx

Non mais… l’accessibilité, ça vous parle ?

Depuis quelques jours, on peut effectivement faire la demande directement dans « Patientèle médecin traitant » sur l’onglet « Vaccination ».

48 heures ? Les gars, je vous demande pas de le recopier sur un papyrus hein.

Je risque de l’apprendre ici à quelques confrères et consoeurs, parce que la communication dessus est assez désastreuse – rien que sur Twitter, un certain nombre de médecins n’ont pas compris qu’ils avaient accès à cette liste dans l’espace sécurisé où nous n’allons pas si souvent…

Marrant, je serais celui qui a mis 2 mois pour rendre accessible la liste, je ne serais pas trop prompt à troller sur Twitter à son propos en fait.

Ca permet d’obtenir la liste sous… 48 heures, au format CSV. Ca ressemble à ça :

NOM;PRENOM;NIR;DATE_NAISSANCE
CHRIST;JESUS;101129900000100;00011225
...
VOLDEMORT;BERNARD;126129900300132;19261231

Voilà… Un CSV absolument dégueulasse, avec 4 colonnes séparées par des point-virgules, avec nom, prénom, date de naissance dans un format improbable et numéro de CPAM (qui ne sert à rien)… Je sais remettre ça en forme, merci. Dedans, il y a des patients non éligibles, des patients déjà vaccinés, des patients décédés… (et je ne suis pas seul à avoir noté ça).

Mais le problème c’est surtout… QU’ILS N’ONT PAS COMPRIS LA MOITIÉ DES OBJECTIFS !

Ce qui m’amène à la partie 2.

Que voulions-nous ? A quoi devait servir cette liste ?

L’intérêt de cette liste est multiple :

  • avoir un état des lieux dans notre patientèle (x % des plus de 75 ans vaccinés, etc.)
  • pouvoir prioriser les doses (ce qui est évidemment moins utile en juillet que ça l’était en avril/mai…)
  • pouvoir « aller vers » les patients qui n’ont pas pris de RDV (parce qu’ils sont seuls, isolés, qu’ils n’ont pas osé, qu’ils attendent qu’on les contacte, qui hésitent et n’osent pas appeler pour avoir l’avis de leur médecin, qui veulent être vaccinés à domicile ou au cabinet…)
  • pouvoir appeler des patients lorsqu’on prévoit d’ouvrir un flacon de 12 doses de Moderna (ou à l’époque de 12 doses d’AstraZeneca ou 6 de Janssen) – donc une liste accessible en 48 heures, c’est pas vraiment ça
  • pouvoir appeler en urgence des patients lorsqu’il y a un ou des désistements sur une session de vaccination, dans le flot des consultations qui se poursuit à côté…
  • se rendre compte d’erreurs : patient qui a fait une première dose mais a raté la 2ème (nous suivons des patients avec des troubles cognitifs par exemple…)

Ca a(vait) cet intérêt « égalitaire » : aller vers ceux qui n’ont pas l’app Doctolib sur leur smartphone, voire qui n’ont pas de smartphone. Quand il fallait batailler pour se vacciner en avril, il y avait 2 grands choix :

  • donner cette liste aux généralistes afin de prioriser sur les facteurs de risque et d’aider à la prise de rendez-vous pour les plus précaires ;
  • ouvrir des créneaux non pris à ceux qui savaient le mieux utiliser internet et diverses applis.

C’est le 2ème point qui a été choisi – le 1er appel à plus d’égalité, il aura fallu attendre 3 mois pour qu’il soit entendu.

Le problème du CSV transmis c’est que nous ne savons pas :

  • si les patients sont en cours de vaccination (0 dose ? 1 dose ?)
  • si les patients ont été positifs au COVID et à quelle date (quand leur proposer le vaccin dans ce cas)
  • si des patients ont raté leur date de 2ème dose

Quels sont les risques de cette liste ?

Aucun. Il n’y a AUCUN foutu risque à ces listes de non-vaccinés, c’est un fantasme de la CNIL. (Evidemment, attendez 2 secondes avant de bondir avec « les listes, les pires heures de l’histoire de France, un scandale »…)

Explorons un peu.

Admettons qu’une personne mal intentionnée cambriole un médecin et récupère ce SUPERBE CSV qui donne une liste de quelques centaines de personnes non vaccinées dans sa ville. Bon. Voilà, il va en savoir à peu près autant que n’importe quel vigile de discothèque ou bientôt de restaurant.

Admettons qu’un super réseau de cambrioleurs parvienne à récupérer ces MAGNIFIQUES CSV auprès des 50 000 médecins généralistes français. Bon, voilà, après une organisation de 4 mois, 50 000 doubles de clés récupérés, ce réseau de malfaiteurs aura mené à bien ce larcin, leur permettant de découvrir que Jacqueline Raclette, 63 ans, n’est pas vaccinée. Dites donc. Ca valait le coût d’y investir le PIB du Tuvalu.

Mais ce qui est LE PLUS DRÔLE…

… c’est que cette liste n’apprend RIEN aux médecins généralistes.

Les médecins généralistes ont accès au statut vaccinal de tous les patients dont ils ont le numéro de sécurité sociale depuis le début ! C’est la CNIL qui leur a donné cet accès.

On clique sur « Vaccination COVID »
On rentre son numéro de sécurité sociale
Et hop, on a le statut vaccinal (dont on peut avoir le détail en cliquant dessus)

Oui mais un patient à la fois c’est long, donc personne ne le fera…

Bah non justement. Cette liste qu’on demande pour faire notre travail, c’est juste une simplification d’accès. On a déjà cet accès, rendez-nous plus facile et plus performant notre travail de vaccination.

Les médecins ne sont pas des truands qui veulent vendre la liste de leurs patients non vaccinés… déjà, parce que tout le monde s’en fiche, et ensuite parce qu’on a 2-3 autres choses à faire.

La CNIL protège les gens, pour éviter qu’on fasse des choses mauvaises sur les internets, on ne peut pas leur en vouloir d’être excessif dans cette mission…

C’est là qu’il y a un petit malentendu.

Quand les médecins généralistes demandent LEUR liste de LEURS patients, il n’y a aucun risque, mais des précautions énormes. Des bâtons dans les roues de la vaccination. Et la CNIL est applaudie – c’est peut-être ce qu’ils viennent chercher avec leur avis plus tiède qu’une bouteille d’eau restée sur la plage arrière de la voiture après une journée de plage.

Déjà, il y a des listes plus sensibles qui existent déjà, avec leur accord, donc c’est vraiment une posture. Les postures c’est bien, la compétence c’est mieux.

Création d’un PDF, d’un XLS (tiens pas un CSV) de la liste complète de ma patientèle avec une « affection longue durée ».

Ensuite – et surtout – depuis janvier 2021, la CNIL a autorisé :

  • tous les médecins, pharmaciens, infirmiers à avoir accès au statut vaccinal d’un patient dont ils disposent du numéro de sécurité sociale (comme illustré plus haut avec mon propre numéro) ;
  • tous les établissements de santé, auxiliaire médicaux, chirurgiens-dentistes, médecins, pharmaciens, sages-femmes et acteurs du médico-social à avoir accès au numéro de sécurité sociale de tout patient…

C’est le téléservice INSi (Identité Nationale de Santé, intégré sur nos logiciels métiers depuis le 1er janvier). Concrètement, il suffit de rentrer nom, prénom, date de naissance et sexe pour obtenir le numéro de sécurité sociale.

Vous voyez où je veux en venir ?

C’est protégé par la CNIL, donc c’est bon.

Ahahah… tu déconnes ?!

Et non.

La CNIL interdit les généralistes de connaître le statut vaccinal de leurs patients de façon simple, mais autorise tous les professionnels de santé du pays à connaître le statut vaccinal de toute personne dont la date de naissance est connue…

Et on s’en fiche en vrai. On n’en fera rien.

Mais il faut présenter honnêtement le travail de la CNIL. Quand le Ministre, la CNIL et la CNAM ne nous aident qu’avec moult bâtons dans les roues, quand la CNIL va jusqu’à expliquer qu’il faut « ne pas utiliser la liste pour convaincre », quand la CNAM nous livre un CSV tout dégueulasse pour « oulalala faut pas trop en donner ou trop lisible », je me dis qu’ils ne comprennent pas bien ce qu’ils autorisent et ce qu’ils n’autorisent pas.

Soyons honnête, la liste des patients non-vaccinés du Docteur Grostéto à Tricotis-les-Aigletons, ce n’est pas de nature à intéresser la population.
Par contre, savoir quel politicien, candidat, quel animateur TV, quel acteur, quelle personnalité publique s’est fait vacciner à quel date, avec quel vaccin… ça peut sans doute trouver un autre intérêt de leak sur Reddit et compagnie.

Donc si la CNIL s’en fiche de ça, si elle pense que les données peuvent être accessibles à tout professionnel de santé, et qu’il y a un faible intérêt dans le pays pour connaître le statut vaccinal d’autrui (parce qu’il faut bien reconnaître qu’on s’en tape), il serait temps de nous FOURNIR UNE LISTE CORRECTE, DANS UN FORMAT CONVENABLE, AVEC DES INFORMATIONS UTILES ET COMPLÈTES concernant le statut vaccinal de nos patients.

NB. Pour information, je me suis rendu compte de ces possibilités de l’INSi le 16 juillet (je ne suis pas vif).
J’ai proposé à la CNIL d’en discuter ; j’ai contacté (pour la 1ère fois de ma vie évidemment…) l’accueil de l’Elysée pour les informer également que n’importe quel professionnel de santé en France pouvait récupérer le QRCode d’absolument n’importe qui. Ca n’a finalement pas eu l’air de les émouvoir, ce qui est quand même pas mal en faveur de la « posture » 😉

Désolé, on est trop occupé à empêcher les généralistes de connaître le statut vaccinal de leurs patients en France, veuillez nous recontacter plus tard.
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Cassandre avait raison

Cassandre : personne qui prédit une issue défavorable aux événements, au risque de déplaire ou de ne pas être crue (Larousse).

Dans la mythologie grecque, Cassandre est la fille de roi de Troie. Elle a reçu d’Apollon le don de dire l’avenir… et la malédiction que ses prédictions ne soient jamais crues, y compris de sa famille (parce qu’elle n’a pas voulu céder aux avances du dieu de la beauté masculine). Elle prédit que Pâris causera la perte de Troie, que le cheval des Grecs est un subterfuge, etc. Ses prédictions sont systématiquement justes et ignorées !

Pendant la pandémie à COVID-19, le gouvernement a usé et abusé de l’expression « jouer les Cassandre » pour discréditer les scientifiques… Sauf que de façon très ironique, ils l’ont utilisé pour critiquer ceux qui avaient raison et qu’ils n’ont pas écoutés.

Une brève requête « les Cassandre » sur Google Actualités permet de retrouver quelques sorties.

Je passerai sur ce billet de très mauvaise foi dans le Télégramme en juillet qui prétend que « les Cassandre ne proposent jamais rien » (bah si en fait, tout un tas de mesures POUR ÉVITER LES CONFINEMENTS, à base d’éducation aux gestes barrières, de protocoles d’aérations – et un appel dans Science -, de séparation des repas en communs en cantines d’écoles ou d’entreprise, avec des appels scientifiques dans le Lancet, des protocoles par le collectif citoyen Ecoles et familles oubliées relayé par La Croix…). Oh et cet article prétend aussi que les Cassandre ne proposent rien pour le climat !

Je passerai également sur les articles qui parlent de gens « jouant les Cassandre » (Agnès Buzyn en mai 2020, Olivier Véran en octobre 2020, Karine Lacombe en avril 2021, l’Institut Pasteur en avril 2021) ; concentrons-nous sur les sorties du gouvernement !

Début janvier, Cassandre a des propos réinventés

5 janvier 2021 : le ministre de l’Education Nationale, Jean-Michel Blanquer, dit sur Europe 1 que « Parfois, certains refont les Cassandre à chaque retour de vacances ».

« Je me souviens des observations que j’avais avant la rentrée scolaire de septembre. Si j’avais écouté certains, on aurait là aussi reporté. La bonne décision a été prise, c’est-à-dire faire la rentrée à l’heure. Idem pour le retour des vacances de la Toussaint. »

Des propos réinventés, ne faites pas ça chez vous

Le contexte / la réalité : Pendant les vacances 2020, alors que la transmission du SARS-CoV-2 est bien connue depuis juillet (gouttelettes et aérosols principalement), Jean-Michel Blanquer décide de ne rien préparer de concret pour la rentrée car il croit – à tort – que les enfants ne sont pas moteurs de l’épidémie.
Dans ce contexte, le futur collectif Du Côté de la Science écrit une tribune dans le Parisien avec 4 propositions pour l’école : port du masque dès 6 ans – protocole d’aération – limitation des contacts en classe et cantines – tester et tracer. Aucun report n’était demandé, mais mentir est une deuxième passion pour certains. Le ministre répond d’ailleurs à cette tribune dans le bulletin paroissial le 29 août : « nous sommes préparés à tout ».
Devant l’augmentation incontrôlée du nombre de cas et les appels incessants, le masque est enfin instauré pour les enfants dès 6 ans à partir de novembre 2020. Début janvier 2021, le Ministre se vante d’avoir imposé ce masque à l’école…

Si le report des vacances de la Toussaint ou l’avancée des vacances de Noël ont par contre bien été réclamés par certains – dont je fais partie -, il semble difficile de nier aujourd’hui que l’impact sur la 2ème vague aurait été bienvenue. Pour en savoir plus, j’avais relu cette interview en avril dans ce fil Twitter…

Fin janvier, Cassandre casse les pieds

22 janvier 2021 : L’Élysée en colère contre les « Cassandre » favorables à un reconfinement.

Le contexte / la réalité : La 2ème vague débutée à la rentrée 2020 ne s’est jamais terminée au 22 janvier. Le 24 novembre, le Président a annoncé un seuil de 5 000 cas par jour avant d’entamer le déconfinement le 15 décembre. À la date, le nombre de cas quotidiens est de 11 700 cas : qu’à cela ne tienne, il décide de déconfiner avec couvre-feu maintenu.
Devant une ascension rapide du nombre de cas et un plateau de mortalité inadmissible autour de 400 morts par jour (soit 25 % de la mortalité quotidienne attendue en France hors pandémie), plusieurs scientifiques appellent à agréger les vacances scolaires et/ou confiner. Le conseil scientifique rend un avis le 29 janvier (rendu public tardivement) allant dans ce sens. Emmanuel Macron choisit de ne pas suivre cet avis et apparemment de les traiter de « connards du conseil scientifique« .
Finalement, l’Elysée reconfinera à partir du 2 avril, permettant (avec la vaccination) de contrôler la 2ème vague débutée en septembre 2020 et d’arriver au seuil de 5000 contaminations par jour entre le 11 juin et le 15 juillet 2021.

Nombre de cas confirmés de COVID-19 en France chaque jour (attention, avant mai/juin 2020, les données sont peu fiables en raison du manque de tests)
Nombre de morts confirmés du COVID-19 chaque jour en France, illustrant les 2 vagues
(Je suis loin d’être le seul à l’avoir réclamé, mais c’est juste plus simple de retrouver mes tweets…)

En février, Cassandre à la cour déplaît

Le plus grand article de lèche-bottisme écrit en France au XXIème siècle

10 février 2021 : des ministres préférant garder l’anonymat félicitent le Président et lui donnent raison de laisser mourir 300 personnes du COVID-19 chaque jour.

Le contexte / la réalité : la même chose que ci-dessus en fait… Toutefois, je ne pouvais pas passer à côté de cet article mémorable de ridicule.

« Il va finir épidémiologiste », s’amuse un ministre. « Les chiffres lui donnent raison. Le confinement, ç’eut été la solution de facilité, la mesure de confort. » Un autre ministre, participant aux Conseils de défense, ajoute : « Si on avait écouté tous les ‘Cassandre’, on serait en train de travailler avec nos enfants sur les genoux depuis trois semaines. »

X, Ministre, pourfendeur des confinements « de confort » et protecteur des genoux de parents devant l’Eternel.

Si par malheur vous êtes passé à côté de cet article, il faut à tout prix vous rattraper. Avec le recul (on n’en manque pas), c’est absolument incroyable. Et comme il n’y a pas de remaniement, ces idiots sont encore en poste.

« Macron s’est tellement intéressé au Covid », ajoute un conseiller du pouvoir, « qu’il peut challenger les scientifiques, poser la question qui les déstabilise ». « De toute façon, si vous ne rentrez pas dans le sujet », explique un ministre, « vous êtes infoutu de prendre une décision politique. Désormais, le Conseil scientifique n’est plus premier dans l’arbitrage. »

Les conseils du Conseil scientifique ne seront désormais plus utilisés, mais ils peuvent continuer leur mission car les épluchures de patates méritent le papier de qualité qu’ils nous fournissent.

Samuel Gontier a d’ailleurs fait un article dans Telerama pour rappeler tous ceux qui ont salué « le pari » d’Emmanuel Macron… Et Emmanuelle Bouland dans le journal de Saône-et-Loire a fait un beau billet aussi sur la stratégie de « Cassandrer » les scientifiques à des fins bêtement politiques. Et bien sûr, c’est moyennement bien passé auprès de scientifiques

En mars, Cassandre ne plait pas aux amateurs de farce

S’il y a un truc fantastique avec les sociétés savantes de pédiatrie pendant la pandémie, ça a été leur façon d’être toujours à contre-pied. Vraiment, si vous vouliez connaître la direction du sud en 2020/2021, il fallait leur demander le nord.

Le contexte / la réalité : Je ne sais même pas par où commencer. En octobre 2020, sur la base d’analyses scientifiques complètement pétées, ils étaient encore contre le port du masque pour les enfants et tentaient de discréditer ceux qui le recommandaient en faisant de l’argument d’autorité digne des années 1950 dans Ouest France. Lorsque le gouvernement l’a recommandé, ils ont applaudi la mesure comme « la bonne idée qui paraissait indispensable »... avant d’écrire sur leur site en février 2021 (!!) que le port du masque se justifiait « a posteriori » (belle mauvaise foi !)

Et donc cette mesure injustifiée mais justifiée mais a posteriori qui était une bonne idée indispensable, finalement en juin avec l’arrivée du variant delta, ils en prônaient le retrait pour la dernière semaine… Une inépuisable source de désespoiril y a des fils imbriqués dans le premier fil sur #BlanquerFactChecking.

Début mai, Cassandre réclame des objectifs chiffrés

3 mai 2021 : « Il y a toujours des Cassandre pour prédire le pire, mais il faut aussi faire preuve d’optimisme ! » abonde un conseiller ministériel, dans le Monde, « estimant que les critères de surveillance de l’épidémie sont loin d’être laxistes ».

Le contexte / la réalité : Aucun « Cassandre » refuse de faire preuve d’optimisme. Tous les « Cassandre » appellent justement à ce qu’on utilise ces critères de surveillance de l’épidémie pour prendre des mesures fermes à chaque fois que le taux d’incidence décolle. Mais devinez quoi… Emmanuel Macron a dit 1 mois avant qu’il ne conditionnait pas les réouvertures aux indicateurs sanitaires… et de façon générale, il n’a donné aucun objectif chiffré !

Emmanuel Macron, dit Epidémiologiste 1er, le Président qui ne pose aucun objectif et les atteint tous.

Autre exemple plus récent, dans son allocution du 12 juillet, alors qu’il évoquait un nouveau seuil de 200/100 000 (avant de ?), rien n’a été fait les jours suivants pour les EPCI qui dépassaient ce seuil…

Mi-mai, Cassandre ne doit plus être écoutée

17 mai 2021 : pour Gabriel Attal, Emmanuel Macron a eu raison de choisir un calendrier de déconfinement sur des dates et pas sur des seuils épidémiques, ce qui « donne tort à tous les prophètes de malheur ». Le 7 juillet, le même « rongeur d’os » alerte sur le risque de nouvelle vague sans se rendre compte que le problème est situé entre sa chaise et les micros qu’on lui tend.

Le contexte / la réalité : le gouvernement joue à alterner les phases « ce sont des Cassandre qu’il ne faut pas écouter » puis « c’est la merde, qui aurait pu prédire » puis « on s’en sort, c’est grâce à nous, les Cassandre faut pas les écouter ». Le jeu pourrait amuser si nous n’étions pas à plus de 110 000 morts en France... dont 80 000 lors de la 2ème vague, bien plus meurtrière que la première !

2 vagues de mortalité

La 1ère vague ne pouvait être prévenue aisément – même si son ampleur aurait pu être limitée en imposant des masques partout à l’époque, genre quand on allait faire nos courses en plein confinement sans masque…

Vous pouvez remonter ce thread si vous voulez voir la considération d’Auchan et de Carrefour pour leurs clients.

Mais si la 1ère vague pouvait bénéficier d’un « nous n’étions par prêt », il n’en est pas de même pour la 2ème. Le gouvernement a clairement une responsabilité énorme dans le choix de laisser circuler le virus, et des 80 000 morts (0,1 % de la population).

Voilà… comme vous le voyez, Gabriel Attal n’a pas utilisé « Cassandre » mais une formule détournée. De ce fait, je ne résiste pas à vous partager ce tweet qu’il faisait en 2018 pour vanter… Parcours Sup !

Que pense une Cassandre aujourd’hui ?

Les « Cassandre » ne sont pas un groupe défini bien sûr – ce n’est pas toujours les mêmes personnes qui sont visées. Il y a plein de « Cassandre » telles que définies par le gouvernement.

Globalement, ce que « je » prédis aujourd’hui, pour ce que ça vaut, c’est :

  • une explosion des contaminations via le variant delta – qui sera difficilement maîtrisée par le pass sanitaire à partir du 21 juillet (qui est une bonne mesure, mais qui arrive malheureusement à plus de 10 000 nouveaux cas par jour, cas qui vont transmettre en intra-familial là où le pass n’a pas cours… et dans les nombreuses exceptions prévues – restaurant d’entreprise, etc. puis par la rentrée scolaire d’enfants non vaccinés) (à noter que si le pass n’arrive pas le 21 juillet mais le 15 septembre, ça serait rapidement une catastrophe vu l’exemple du Royaume-Uni à notre stade le 9 juin mais avec une meilleure couverture vaccinale… il est inimaginable que l’option puisse même être évoquée).
  • une augmentation inévitable des hospitalisations avec un retard de 10 jours environ et des décès avec un retard de 25 jours environ (dans une moindre mesure par rapport aux contaminations, grâce à la vaccination priorisée pour les plus à risque)
  • donc possiblement 50-60 morts par jour vers le 10 août (on a 3 fois plus de cas qu’il y a 25 jours, et 20 morts par jour actuellement avec le même profil de population vaccinée… sans doute que ça va diminuer et peut-être qu’on sera à 40 morts par jour – doit-on s’en réjouir ?),
  • cette mortalité sera trop faible pour envisager de nouvelles mesures, de la part d’un gouvernement qui a accepté plus de 300 morts par jour pendant de longs mois,
  • une rentrée scolaire de septembre avec des enfants non vaccinés qui vont participer à propager le virus entre familles, en attendant la vaccination,
  • probablement des tribunes pendant l’été de gens qui réclameront le retrait du masque « parce que ce sont des pitchounes »,
  • une augmentation des viroses tout venant lors du retrait du masque annoncé par le ministre de la santé, rendant illisibles et inutilement complexes toutes les infections respiratoires en ville (PCR pour tous, isolement pour toute fièvre en attente de PCR, journées enfant malades, consultations médicales à gogo en plus des vaccinations…)
  • (avec un peu de chance, un port de masque de façon altruiste par les gens malades même quand le masque ne sera plus obligatoire – un élément sur lequel il faudra sûrement des appels citoyens et scientifiques)
  • et enfin la fin de la pandémie grâce à la vaccination – sauf surprise d’un nouveau variant avec échappement immunitaire.

C’est un avis purement personnel, mais je vois difficilement comment on pourrait y échapper. Je suis plutôt « optimiste » sur les hospitalisations / décès – d’autres n’ont pas mon optimisme. Je me dis au moins qu’on ne retrouvera plus le plateau de mortalité aussi long à 80 000 morts.

Est-ce que le pass sanitaire (associé à la vaccination) suffira pour freiner assez efficacement ? Peut-être car c’est vraiment une mesure utile qui a du sens, contrairement au couvre-feu à 21h ou 23h, ou au masque en extérieur.

Est-ce que le pic sera en août, ou aux vacances de la Toussaint ? Je n’en sais rien et en fait, ça importe assez peu pour l’instant. Rien n’est écrit. La vague à venir n’est « écrite » dans aucun livre – pas la peine d’aller à Lourdes. Son ampleur, sa durée, son plateau, sa décroissance ne dépendront que des décisions qui seront prises.

Ce qui compte, c’est la prévention pour limiter le nombre de cas. Parce que de grands nombre de cas, c’est plus d’hospitalisations, de réanimations… mais aussi plus de risque d’émergence d’un nouveau variant plus contagieux ou échappant à la vaccination… mais également le risque de découvrir dans x années que le virus puisse entraîner des effets retardés (personnellement je trouve qu’on manque de recul sur ce virus).

Ce qui compte, c’est prendre des mesures adaptées au moment adéquat. C’est donc se baser sur les indicateurs sanitaires et prendre des mesures fortes pour freiner afin d’avoir tous les EPCI (communautés d’agglomérations) avec un taux d’incidence sous le seuil d’alerte à 100/100 000 par exemple – seuil à définir collectivement sur ce qu’on accepte en contaminations, et sans doute à affiner par tranche d’âge et par taux de vaccination ! Nous avons les moyens d’avoir cette finesse ! Ou alors il faut avouer publiquement qu’on mise sur une immunisation hybride avec contamination des jeunes cet été pour économiser des doses de vaccins…

Pour freiner, ça n’implique ni masque en extérieur ni couvre-feu, comme ce qui a été prévu en Pyrénées, mais ça implique dans ces lieux où le virus circule au-delà du seuil d’alerte de s’appuyer sur ce qui fonctionne(ra) :

  • le masque en intérieur (maintenu jusqu’à ce qu’on sorte réellement de cette pandémie),
  • les incitations au télétravail pour les non-vaccinés,
  • le pass sanitaire dès mercredi 21 juillet et sans les exceptions,
  • les protocoles d’aération pour les lieux clos,
  • des nouvelles re-fermetures temporaires des lieux sans masque (restaurants en intérieur – y compris en entreprise -, salles de sport en intérieur, discothèque…)
  • … et idéalement anticiper, pour éviter de découvrir sur le tard qu’il y a une rentrée en septembre et un automne en octobre (en pleine vague, avoir des enfants sans masque qui font circuler des tas de virus, ce n’est pas raisonnable avec ce que ça implique en terme de surcharge du système de santé en ville, d’absentéisme, de tests PCR à répétition et de risques méconnus à long terme).

Mais bon, ce n’est qu’un avis de Cassandre…

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L’absurdité des feuilles de soins dégradés

Depuis le 1er juin 2021, les médecins doivent renvoyer aux (différentes) caisses un duplicata papier ET un bordereau récapitulatif des feuilles de soins télétransmises par voie électronique sans carte vitale (feuilles de soins dégradées ou FSD). Et c’est complètement absurde.

Alors, dit comme ça, ça peut paraître un peu complexe, mais je vais essayer de faire clair.

En fin de consultation, le médecin peut vous faire payer la consultation totalement, en partie ou pas du tout… (respectivement 25€, 7,50€ ou 0€ pour une consultation de médecine générale). Mais dans tous les cas, il faut envoyer une « facture » (ou feuilles de soins) à l’Assurance maladie pour leur dire ce qui a été fait et qui a payé combien.

Cette facture peut être faite de 3 façons :

  • feuille de soins papier (FSP) : à l’ancienne, avec des papiers commandés sur le site de l’Assurance Maladie, nominatifs ;
  • feuille de soins électronique (FSE) : il faut un lecteur de carte vitale (acheté par nos soins), une carte de professionnel de santé (CPS) et la carte vitale du patient ;
  • feuille de soins en mode dégradé (FSD) : il faut un lecteur de carte vitale et une CPS… mais pas la carte vitale du patient.

Jusqu’à mars 2020, il fallait envoyer un duplicata papier et un bordereau de rattachement à chaque fois qu’on faisait une FSD ! C’est complètement grotesque, puisque cette feuille ne sert à rien en matière de lutte contre la fraude (seul intérêt qu’on pourrait y voir).

Par exemple, si j’ai le numéro de sécurité sociale d’Emmanuel Macron, là je pourrais aisément envoyer une FSD mensongère disant que je l’ai vu en consultation, en visite, que je lui ai fait une spirométrie, un ECG… et je serais remboursé par l’Assurance maladie. Ensuite quand ils me réclameraient un duplicata, j’aurais 2 clics à faire sur mon logiciel pour le sortir, puis leur envoyer.

Pendant longtemps, cette absurdité a été dénoncée… au point que les professionnels de santé disaient « il ne faut pas faire de FSD qui nécessite 2 papiers, alors que la FSP n’en nécessite qu’un seul ! », ce qui rendait moins simple le travail administratif au niveau de la CPAM.

Puis vint la pandémie – je pense que vous avez été mis au courant.

Et là, il fallait limiter la manipulation de papiers (« au cas où ça se transmettrait par les mains »), limiter les allers-venues des employés à l’Assurance maladie…

Donc, il fallait trancher dans les bullshit jobs.

Autant dire qu’à ce moment-là, « vérifier par un papier inutile une facturation déjà remboursée il y a 1 mois de façon automatique » ça n’était pas trop la priorité.

Puis le 20 mai, l’Assurance Maladie nous envoie un mail disant qu’à partir du 1er juin, il faudrait reprendre l’envoi de ces duplicatas inutiles, dont tout le monde s’était passé pendant 15 mois.

A peu près tous les syndicats se sont saisis de la question pour dénoncer ce rétropédalage et ce manque de confiance de l’Assurance maladie… Mais même derrière le manque de confiance, c’est surtout l’inutilité qui frappe : à quoi sert un document papier aussi inutile ?

C’est comme si vous aviez un assureur privé (MMA, MACIF, MACSF, etc.) à qui vous envoyez un mail pour dire « j’ai un bris de glace sur ma voiture, voici le devis du garagiste et la photo » et qui vous répondrait alors « merci, nous avons bien reçu votre mail, pouvez-vous nous l’imprimer et nous l’envoyer par voie postale, accompagné de la photo en 10×15 sur papier mat avec bords blancs ? 🙂 »

SANS. DÉCONNER.

Je passe brièvement sur l’aspect écologique de demander à 50 000 médecins généralistes en France de détruire des ramettes de papier dans le vent.

J’ai quand même une pensée émue pour ces employées de l’Assurance maladie qui sont retournés au boulot en présentiel courant 2021, à qui on a dit « bon bah, vous reprenez votre travail de contrôle des FSD en papier…

  • Ah mais il doit y avoir beaucoup de retard ?!
  • Non, non.
  • Quelqu’un l’a fait en mon absence ?
  • Non plus.
  • … mais du coup, c’est inutile ?
  • Voilà. Allez, au travail.

Je sais que la vie n’a souvent pas beaucoup de sens, mais là quand même, c’est un peu violent.

Breeeef, du coup le 2 juin, j’ai envoyé un mail au directeur de ma caisse locale et au DG de la CNAM, Thomas Fatôme (marrant, son mail fonctionne…). Pour ceux qui veulent s’en inspirer pour leurs correspondants s’ils viennent à être embêtés, je le mets en fin de mail.

Et hier, suite à un premier courrier de la CPAM d’Artois (pas ma caisse principale), j’ai répondu sur leur facebook – là aussi, je mets en fin de mail, si certains veulent s’en inspirer sans avoir à réinventer la roue.

Voilà… espérons quand même que les syndicats réussissent à rapidement négocier un rétropédalage de ce rétropédalage, et qu’on puisse revenir à la version simplifiée (et pratique) des FSD, permettant à tout le monde d’être remboursé plus rapidement (médecin – qui s’en fiche en général -, et surtout patient), d’éviter des trajets inutiles vers la CPAM, d’éviter de détruire du papier, d’éviter de gâcher du temps médical, d’éviter d’employer quelqu’un à faire du vide… et recentrer tout le monde sur le soin.

Pendant une pandémie, c’est toujours utile d’avoir du temps de soin.

COPIE DU MAIL DU 2 JUIN

Bonjour Mesdames et Messieurs, 
J’ai trois questions à vous posez concernant votre vision du temps des médecins généralistes. 
1 – Pourquoi du papier ? 
Comme tous les médecins de France, j’ai reçu le mail relativement laconique concernant la reprise des duplicatas papiers et bordereaux concernant les feuilles de soins en dégradé.Cette fonction m’était bien pratique pour valider et me charger des cotations des actes réalisés par mes internes, pour les téléconsultations, pour les patients ayant oublié/perdu/cassé leur carte vitale.
Ne comprenant pas l’intérêt de duplicatas, je me permets de vous poser directement la question : quel est l’intérêt de ce papier ?
J’en devine 2 : 
—> considérer par défaut que tous les médecins sont des fraudeurs, et qu’il est capital de les « surveiller » (?) avec un papier absolument inutile (ce qui serait ridicule puisque ça n’empêcherait en réalité aucune fraude, la seule « surveillance » venant des patients eux-mêmes qui reçoivent leurs décomptes…),
—> occuper des gens avec un bullshit job consistant à vérifier manuellement ce qui se fait électroniquement. 
Ca avec en parallèle l’appel de la CPAM pour proposer un assistant médical qui s’autofinancerait (de façon fantasmée) grâce à une augmentation d’activité et de patientèle, je trouve ça absurde. Evidemment, j’ose croire et espérer qu’il y a une autre raison, mais en absence de communication claire à ce sujet, je ne parviens pas à l’imaginer. Donc, comme dit en titre : à quoi servent ces papiers, dont nous avons tous pu nous passer pendant 14 mois avant de redécouvrir qu’ils sont nécessaires et indispensables ? 

2 – Pourquoi polluer ? 
Si vous êtes en mesure de me donner une explication correcte au point 1, pouvez-vous m’indiquer si un système d’envoi par mail de ces duplicatas papiers est prévu dans une démarche écologique ?

3 – Pourquoi ne pas nous aider plus rapidement sur la vaccination à la place ? 
Enfin, je sais que le projet est sur la table depuis au moins fin avril et qu’il est soutenu, mais si nous pouvions avoir rapidement un accès à notre patientèle vaccinée / non vaccinée, immunisée (contaminée) avec les dates, les vaccins, les dates de rappel et le fait que ça ait été fait ou pas, ça nous serait vraiment très utile.
Je ne vois rien de plus urgent de la part de la CNAM pour la médecine générale à vrai dire : pour l’heure, je dois appeler 25 patients pour en trouver 10 non vaccinés et leur proposer le Moderna (oui, parce que je tiens un tableur de mes patients afin de continuer à prioriser mes patients les plus à risque… sauf qu’ils ont pu se faire vacciner ailleurs entre temps). Alors c’est vrai, je sais qu’il y a des duplicatas de FSD à contrôler sous format papier, mais de l’aide pour nous faire gagner du temps plutôt qu’en perdre, ça serait précieux. 
Si ce mail vous apparait inconvenant, sachez le temps consacré à sa lecture est ce que certains généralistes en France (dont je fais partie) vont désormais subir chaque jour suite à votre décision. 
J’espère donc que vous accepterez de me consacrer un peu de votre temps pour la réponse. 

COPIE DU MESSAGE FACEBOOK DU 6 JUILLET

Bonsoir.
Rien à voir, mais je suis médecin généraliste et je vis en 2021… Je vous contacte donc par le seul moyen qui m’est donné ce 6 juillet à 17h30 (le 3608 étant fermé à cette heure tardive et vous avez bêtement oublié de mettre une adresse mail, mode révolutionnaire de communication du XXIème siècle que je vous incite à adopter dans un proche avenir, par exemple en 2076).
Je fais donc suite à votre courrier du 1er juillet m’incitant à vous contacter avant le 13 juillet (pas du tout en période estivale, j’aime bien les ultimatums, surtout avec un peu de poivre et une petite salade, ça passe très bien).
Sans réponse de ma part dans les 10 jours après votre courrier automatique et déshumanisé, vous allez être « dans l’obligation de constater un indû » d’une facturation en tiers payant d’une consultation réalisée en juin.
Il va de soi que cette consultation a bien eu lieu, et que j’ai effectué la facturation en « dégradé » (FSD) parce qu’il n’y avait pas de carte vitale ou pas de lecteur de carte vitale à ce moment-là.Je sais que c’est une décision (stupide) nationale de réclamer des papiers pour les FSD et pas seulement liée à la CPAM de l’Artois. Néanmoins, pendant 15 mois, vous avez accepté les FSD sans justificatif papier, car ils sont inutiles et qu’il faut bien avouer que ça vous arrangeait (ça n’était pas pour les médecins que vous l’avez fait mais égoïstement pour vous).
Aujourd’hui, depuis fin juin, la CNAM demande que tout le monde refasse ce papier inutile.Sachant que les médecins généralistes sont bien occupés par ailleurs pour leur activité normale, le rattrapage du retard lié à la pandémie, la vaccination, pensez-vous que c’est judicieux ?
Peut-être que toute cette belle énergie visant à contrôler des papiers inutiles de facturations déjà remboursées pourrait être consacrée à – je dis ça au hasard – FOURNIR LA LISTE AUX MG DE LEURS PATIENTS VACCINÉS OU NON VACCINÉS (oui je sais, la CNIL…), ou à défaut CONTACTER ET AIDER CES PATIENTS, POTENTIELLEMENT EN SITUATION DE PRÉCARITÉ OU D’ISOLEMENT À OBTENIR UN RENDEZ-VOUS ?
Je vous ferai donc parvenir par courrier postal un de ces jours le papier inutile ne prouvant rien du tout quant à la consultation qui bien eu lieu en juin, afin que vous ne me réclamiez pas les 17,50€ que vous m’avez dûment versés.
Il me semble que vos sentiments ne soient pas aussi dévoués que votre formule de politesse le prétend ; recevez les miens en échange.
Votre correspondant habituel.

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Les non-vaccinés du 28 juin 2021 : une enquête sur Twitter

Nous parlons beaucoup en ce moment des indécis et des réfractaires à la vaccination. Hélas, nous manquons de données issues de la médecine générale pour en comprendre les raisons.

J’ai donc proposé un questionnaire simple, sans grande prétention, diffusé via Twitter sur la journée du 28 juin.

J’ai un peu traîné pour l’analyse, désolé, mais voici les résultats…

Description de la population

J’ai obtenu 123 réponses venant pour :

  • 91 de médecins généralistes
  • 13 d’IDE
  • 9 de patients
  • 5 de pharmaciens
  • 4 d’autres spécialistes (pneumologue, endocrinologue)
  • 1 de sage-femme

(ATTENTION : il ne s’agit pas de 91 médecins généralistes non vaccinés. Il s’agit bien de 123 patients, avec des questionnaires remplis par des médecins généralistes dans 91 cas, des IDE dans 13 cas, etc. Nous parlons bien de non-vaccinés en population générale, et pas de non-vaccination chez les soignants !)

Les répondeurs venaient d’un peu partout en France, avec une large prédominance pour le Nord-Pas-de-Calais (sur-représenté sur ma timeline Twitter ?)

Nombre de patients inclus par département

Les patients inclus étaient :

  • 70 femmes
  • 53 hommes

L’âge médian des patients était 44 ans [Q1 : 33 ans ; Q3 : 64 ans].

Age des patients inclus

Raisons de la non-vaccination

Les raisons de non-vaccination étaient cumulatives (un patient pouvait signaler refuser par « manque de temps » et « faible intérêt ressenti » par exemple).

Voici les raisons dans l’ordre décroissant, parmi cette population de non complètement vaccinés (j’insiste mais c’est important de bien se rappeler qu’on étudie ici uniquement ceux qui n’ont pas encore été vaccinés le 28 juin) :

  • Manque de recul à long terme : 42 (34 %)
  • N’en ressent pas l’utilité (faible bénéfice individuel, faible circulation virale, absence de comorbidités…) : 30 (24 %) – dont 13 après 50 ans
  • N’a pas pris le temps, mais va le faire : 29 (24 %) – dont 11 après 50 ans
  • Attente de sa 2ème dose de vaccin : 17 (14 %)
  • Attente d’un vaccin spécifique (français, etc.) : 8 (7 %) – 6 entre 30 et 50 ans
  • Veut être vacciné à domicile : 7 (6 %)
  • Discours anti-vaccin complotiste (Bigard, Lalanne, 5G, Nouvel Ordre Mondial, Bill Gates…) : 7 (6 %) – 3 avant 50 ans, 4 après 50 ans
  • Appréhension à cause d’un proche (qui refuse que la personne se fasse vacciner, la menace de couper les ponts, a eu un effet indésirable type myocardite, etc.) : 6 (5 %)
  • Veut être vacciné chez MG/pharmacien : 6 (5 %)
  • Crainte d’un effet sur fertilité : 6 (5 %) – uniquement des femmes
  • Attente 2-6 mois après infection : 5 (4 %)
  • A appelé mais pas trouvé de RDV : 5 (4 %)
  • Ne veut pas car n’a jamais fait de vaccin : 4 (3 %)
  • Pas au courant que sa situation lui permet de se faire vacciner (âge, AME, association avec consommation d’alcool…) : 3 (2 %)
  • Peur des piqûres : 1 (1 %)
  • Attente que des copines le fassent : 1 (1 %)

Si les professionnels avaient un vaccin ARNm sous le coude…

J’ai enfin posé la question aux professionnels de santé qui ont répondu : « Si vous aviez eu du Pfizer/Moderna accessible au cabinet aujourd’hui, auriez-vous pu vacciner ce patient ? »

  • Oui : 38 (31 %) – 16 femmes (23 % des 70 femmes), 22 hommes (42 % des 53 hommes)
  • Non : 48 (39 %)
  • Non concerné (COVID ou vaccin trop récent ou ne vaccine pas) : 24 (20 %)
  • Ne sait pas : 13 (11 %)

Limites de cette enquête

Evidemment, cette enquête a plusieurs limites et biais :

  • réponse de quelques professionnels de santé (20 à 30 ? – donnée non recueillie pour simplifier le questionnaire) répartis inégalement en France ;
  • chaque praticien a inclus plusieurs patients, pouvant donner un poids plus ou moins important à leur propre pratique dans le résultat final ;
  • les répondeurs sont probablement plus impliqués et intéressés par le sujet ; ils ont pu mener certaines actions par ailleurs (envoi de mails à leur patientèle, appels, aide à la prise de rendez-vous, etc.) ;
  • questionnaire diffusé uniquement via Twitter, par des gens qui me suivent principalement, avec une sorte de « biais de sympathie » sans doute ;
  • la consigne d’inclure des patients non entièrement vaccinés n’était sans doute pas très claire, pouvant donner un poids plus faible que réel à cette variable ;
  • il s’agit de questions adressées par le médecin à un patient à un temps t ; ces données peuvent évoluer (certains l’ont d’ailleurs signalé à 4 reprises : « en fin de consultation, le patient a changé d’avis et va se faire vacciner ») ;
  • le patient peut être enclin à ne pas révéler les raisons profondes de sa non-vaccination, notamment un certain « complotisme » auquel il serait critique.

Enfin, j’ai proposé ici une analyse très sommaire, parce qu’il me semble peu pertinent de croiser d’autres données sur une base de petite taille, avec ces limites.

Que conclure de cette enquête ?

Toutes ces limites mises de côté, il semble se dessiner 5 leviers d’intérêt pour promouvoir la vaccination :

  1. avoir des vaccins ARNm en ville :
    • cela peut aider à accélérer la vaccination auprès de patients (plutôt des hommes ?) – jusqu’à 31 % de non-vaccinés qui auraient pu l’être dans notre enquête !
  2. avoir la liste de nos patients non vaccinés… (* cf. ce tweet ou celui-ci ou ce défi du Hackathon ou le thread en fin de billet) :
    • ça va de pair avec le premier point et avec 2 commentaires que j’ai eu : si on « ouvre » un vaccin Moderna, il nous faut 10-12 candidats ; pour un Janssen il en faut 6…
    • j’arrive à suivre ma patientèle avec un fichier que j’alimente au quotidien : j’ai 90 % de vaccinés chez les 80+ ans, 90 % chez les 75-79 ans, 97 % chez les 70-74 ans… à force « d’aller chercher » ces gens, ce que je n’aurais pas pu faire sans ce suivi (j’attribue ma différence avec la moyenne départementale par ma liste de suivi…)
    • or, la CPAM dispose de cette liste pour aider les professionnels de santé, mais ne la livre pas. C’est stupide car elle est DÉJÀ accessible mais péniblement ; il ne s’agit pas d’avoir de nouvelles données mais d’avoir une simplification de leur accès.
  3. créer des lieux de vaccination sans RDV (dans les lieux de passage, de commerces, de vacances…) :
    • 1/4 des répondeurs n’avaient « pas pris le temps » alors qu’ils souhaitent le faire ;
    • c’est aussi un moyen de toucher les plus précaires, ceux qui ne consultent même pas leur médecin traitant (ou n’en ont pas), ceux qui ne savent pas utiliser Doctolib, etc.
    • évidemment pour faire ça, il ne faut plus être dans la situation de pénurie de vaccins (le « gap » entre vaccins livrés en France et vaccins effectués est faible : il y a peu de stock en réalité) ;
  4. informer sur l’intérêt du vaccin pour ceux qui pensent qu’il est faible au 28 juin :
    • la circulation virale va réaugmenter (réouverture des lieux clos sans masque – restaurants, bars, discothèques, salles de sport -, arrivée du variant delta… et les suivants qui, soumis à une pression de sélection, ne manqueront pas d’émerger)
    • même si la vaccination va protéger massivement contre les hospitalisations, réanimations et décès, la circulation du virus reste un problème à plusieurs niveaux : quelques décès ça reste gênant, COVID long, nécessité d’isolement (avec arrêt de travail, éviction scolaire et les conséquences que ça a dans les 2 cas), port du masque à maintenir en lieux clos (écoles à la rentrée), etc.
    • tout le monde aspire à retrouver une vie normale, sans limitation, sans pass, sans masque, ce qui ne sera possible que lorsque l’immunité collective sera atteinte… par la vaccination et/ou l’infection ;
  5. informer sur le recul à long terme qui est le premier frein pour les patients.

Pour ce dernier point, plusieurs arguments peuvent être utilisés :

  • mon premier et principal argument est qu’on n’a pas de recul à long terme sur le coronavirus SARS-CoV-2, donc à choisir je préfère un vaccin qu’on a créé plutôt qu’un virus qu’on découvre : il existe des cas d’infections virales pouvant donner des complications à long terme :
    • varicelle et zona,
    • HPV et cancer du col de l’utérus,
    • rougeole et panencéphalite sclérosante subaiguë,
    • EBV et lymphome,
    • et il y a aussi des études liant coronavirus OC-43 et sclérose en plaques (pas en tant que cause unique, soyons bien clairs, mais possible association)…
  • des vaccins à ARN, ça existe depuis longtemps : le vaccin ROR est un vaccin avec 3 virus à ARN (rougeole, oreillons, rubéole)… la différence ici est qu’il s’agit d’ARNm « artificiel » et pas « vivant atténué » (remarque de Steve Pascolo sur France Inter, pour rendre à César…)
  • les vaccins à ARNm « artificiel » sont évoqués depuis 1990, avec un début d’essais cliniques en 2002.
Xu S, Yang K, Li R, Zhang L. mRNA Vaccine Era-Mechanisms, Drug Platform and Clinical Prospection. Int J Mol Sci. 2020 Sep 9;21(18):6582. doi: 10.3390/ijms21186582. PMID: 32916818; PMCID: PMC7554980.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32916818/

Enfin, ce que « montre » (ou semble montrer, soyons humbles) cette enquête est que les anti-vaccins complotistes représentent 5-6 % des non-vaccinésc’est moins que les gens qui veulent pouvoir être vaccinés à domicile ! Pourtant la parole est régulièrement prise par les premiers, mais jamais aux seconds… Comme dit plus haut, il faut mieux aller vers les plus précaires plutôt que polariser les discours entre pro et anti-vaccins. Et pour ça, une première bonne piste serait de donner un accès facilité aux MG à la liste de leurs patients non vaccinés, comme ce qu’on réclame depuis mi-avril…

Merci à tous ceux qui ont pris le temps de répondre au questionnaire 🙂

Bonne vaccination et bonnes vacances à tous, le cas échéant !

(Image mise en avant par cromaconceptovisual de Pixabay)

EDIT du soir (bonsoir) : Pour les personnels intervenant dans les établissements de santé qui veulent donner leur avis sur la vaccination COVID-19 , il existe une cohorte de l’AP-HP nommée ESPERES.

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[Fiche] Certificat d’isolement – version octobre 2020 (le retour)

Je la fais courte : le 5 mai, préparant le déconfinement, le gouvernement avait prévu du chômage partiel pour les personnes les plus vulnérables. Il y avait une liste de 11 pathologies, dont l’obésité, le diabète, les pathologies respiratoires sévères, etc.

La vulnérabilité mentionnée au I de l'article 20 de la loi du 25 avril 2020 susvisée répond à l'un des critères suivants :
1° Etre âgé de 65 ans et plus ;
2° Avoir des antécédents (ATCD) cardiovasculaires : hypertension artérielle compliquée (avec complications cardiaques, rénales et vasculo-cérébrales), ATCD d'accident vasculaire cérébral ou de coronaropathie, de chirurgie cardiaque, insuffisance cardiaque stade NYHA III ou IV ;
3° Avoir un diabète non équilibré ou présentant des complications ;
4° Présenter une pathologie chronique respiratoire susceptible de décompenser lors d'une infection virale : (broncho pneumopathie obstructive, asthme sévère, fibrose pulmonaire, syndrome d'apnées du sommeil, mucoviscidose notamment) ;
5° Présenter une insuffisance rénale chronique dialysée ;
6° Etre atteint de cancer évolutif sous traitement (hors hormonothérapie) ;
7° Présenter une obésité (indice de masse corporelle (IMC) > 30 kgm2) ;
8° Etre atteint d'une immunodépression congénitale ou acquise :


- médicamenteuse : chimiothérapie anti cancéreuse, traitement immunosuppresseur, biothérapie et/ou corticothérapie à dose immunosuppressive ;
- infection à VIH non contrôlée ou avec des CD4 < 200/mm3 ;
- consécutive à une greffe d'organe solide ou de cellules souches hématopoïétiques ;
- liée à une hémopathie maligne en cours de traitement ;


9° Etre atteint de cirrhose au stade B du score de Child Pugh au moins ;
10° Présenter un syndrome drépanocytaire majeur ou ayant un antécédent de splénectomie ;
11° Etre au troisième trimestre de la grossesse.
Critères de vulnérabilité au 5 mai, selon la science

Le 29 août, alors que la plupart des scientifiques sérieux (parfois dits « alarmistes ») disaient que la deuxième vague était face à nous, le gouvernement a choisi de remettre tout le monde au travail, à l’exception des plus vulnérables parmi les plus vulnérables (par exemple les diabétiques de plus de 65 ans pouvaient bosser, sauf en cas d’obésité ou d’infarctus/AVC/AOMI/rétinopathie/neuropathie/néphropathie ; les personnes dialysées pouvaient aussi se dispenser d’aller au travail).

Sont regardés comme vulnérables au sens du I de l'article 20 de la loi du 25 avril 2020 susvisée les patients répondant à l'un des critères suivants et pour lesquels un médecin estime qu'ils présentent un risque de développer une forme grave d'infection au virus SARS-CoV-2 les plaçant dans l'impossibilité de continuer à travailler :
1° Etre atteint de cancer évolutif sous traitement (hors hormonothérapie) ;
2° Etre atteint d'une immunodépression congénitale ou acquise :


- médicamenteuse : chimiothérapie anticancéreuse, traitement immunosuppresseur, biothérapie et/ou corticothérapie à dose immunosuppressive ;
- infection à VIH non contrôlée ou avec des CD4 < 200/mm3 ;
- consécutive à une greffe d'organe solide ou de cellules souches hématopoïétiques ;
- liée à une hémopathie maligne en cours de traitement ;


3° Etre âgé de 65 ans ou plus et avoir un diabète associé à une obésité ou des complications micro ou macrovasculaires ;
4° Etre dialysé ou présenter une insuffisance rénale chronique sévère.
Critères de vulnérabilité au 29 août, selon le… la… enfin selon.

Le 15 octobre, le Conseil d’Etat a suspendu ce deuxième décret, pour lequel les critères ont été jugés « ni cohérents, ni justifiés ».

C’est tellement pathétique de se faire recaler par le Conseil d’Etat pour une forme de négligence quant à la santé publique des citoyens que je ne vais pas commenter plus que ça. Si vous voulez en savoir plus, dans son journal d’épidémie du 19 octobre publié dans Libération, Christian Lehmann est revenu très clairement (et sans concession) sur ces décisions, sur l’égarement de France Assos Santé et du gouvernement.

Voici donc le certificat que je remets à nouveau à mes patients ; je précise l’avis du conseil d’Etat afin d’éviter que les employeurs ne s’y retrouvent pas (hélas à ce jour, le gouvernement a peu fait de publicité de cette décision du Conseil d’Etat). N’hésitez pas à l’utiliser de votre côté.

Je, soussigné Docteur METTEZUNMASQUEDANSTOUSLESLIEUXCLOSOUDENSES, certifie que

doit, compte tenu des recommandations sanitaires, respecter une consigne d’isolement le conduisant à ne pas pouvoir se rendre sur son lieu de travail. 

Il peut télétravailler ou à défaut bénéficier du chômage partiel (ou, dans la fonction publique, être placé en autorisation spéciale d’absence / ASA).

Ce certificat est établi selon le décret n° 2020-521 du 5 mai 2020 définissant les critères permettant d’identifier les salariés vulnérables présentant un risque de développer une forme grave d’infection au virus SARS-CoV-2 et pouvant être placés en activité partielle au titre de l’article 20 de la loi n° 2020-473 du 25 avril 2020 de finances rectificative pour 2020.

Pour mémoire, le juge des référés du Conseil d’Etat a prononcé le 15 octobre 2020 la suspension des articles du décret n° 2020-1098 du 29 août 2020 pris pour l’application de l’article 20 de la loi n° 2020-473 du 25 avril 2020 de finances rectificative pour 2020, jugeant « que le choix des pathologies qui ont été conservées comme éligibles (…) n’est pas cohérent ni suffisamment justifié par le Gouvernement » (décision consultable ici : https://www.conseil-etat.fr/actualites/actualites/suspension-des-nouveaux-criteres-de-vulnerabilite-au-covid-19-ouvrant-droit-au-chomage-partiel).

Certificat établi à la demande de l’intéressé et remis en mains propres. 

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