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Et si c’était un infarctus sur un embol septique intra-coronarien post-endocardite sur une toxicomanie masquée révélant un Münchhausen par procuration ?

Cas clinique. Les non-médecins ont le droit de jouer, c’est même plus drôle.

Jeannette a 7 ans. Elle va bien. Sa soeur va bien. Son frère va bien. Ses parents vont bien. Le seul être vivant malade à proximité est le chien du voisin, avec lequel elle ne partage finalement que peu de « matériel génétique ».

Pour Jeannette, depuis cet été, les lundis, c’est piscine. Elle y va avec son cousin et sa tante, elle commence à savoir nager en battant frénétiquement de ses deux bras allumettes dans l’eau. Aujourd’hui, elle y arrive un peu fatiguée, après avoir repris l’école et le sport scolaire. En sortant, vers 19h, elle déclare avoir faim – ce qui semble plutôt un signe de bon fonctionnement de son hypothalamus. Dans la voiture, enchaînant les virages à vive allure, elle dit « ne pas se sentir bien », et la maman constate en effet une pâleur et des sueurs. Jeannette bâille beaucoup, se sent nauséeuse, a mal à la tête… Tout ça passe dès que Jeannette met le pied hors de la voiture…

Le lendemain, elle présente un épisode tout à fait similaire, dans des circonstances différentes. En effet, revenant de son heure et demie d’équitation, à nouveau bringuebalée dans la voiture, Jeannette dit avoir faim, est pâle, a des sueurs froides.

Petite décharge d'adrénaline et sueurs froides

Ca fait froid dans le dos d’être en stress, hein, James ?

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L’école de la boulangerie médicale

Mesdames, messieurs…

Je suis ravi de voir la salle si remplie. A l’heure des déserts boulangers, c’est bon de savoir que la relève est prête à relever le pain de demain des deux mains.

Comme vous le savez, nous sommes la première et seule école française à avoir opté pour une formation longue, sélective, basée sur le modèle pédagogique médical. En 8 à 10 ans, nous avons le projet de faire de vous des docteurs en boulangerie-pâtisserie de l’avenir, des crèmes de la crème et du glaçage.

Nous vous félicitons donc d’avoir choisi d’intégrer notre établissement, pour apprendre un beau mais difficile métier. Ce n’est pas une surprise pour vous qui vous êtes inscrits : les études de boulangerie-pâtisserie, ça ne sera pas de la tarte.

Je pense que tout le monde ici a une vague idée de ce qui l’attend, je vais toutefois vous remontrer l’organigramme des études. Si vous avez des questions, n’hésitez pas à lever la patte.

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Le poinçonneur des malades (ou essai de description de la dureté d’une peau humaine standard)

« J’fais des trous, des p’tits trous, encore des p’tits trous ; des p’tits trous, des p’tits trous, toujours des p’tits trous » chantait Serge Gainsbourg.

Je ne suis pas le Poinçonneur des Lilas, mais j’ai déjà fait pas mal de p’tits trous dans ma vie.
Je les ai faits dans des gens. Des enfants, des gentils, des jeunes, des douillets, des garçons, des filles, des adultes, des fêtards, des vieillards, des gentils, des hyperactifs, des manuels, des dépressifs, des maladroits… Beaucoup de genre de gens, qui avaient tous le même problème : une plaie.

Je ne vais pas vous réexpliquer la suture, je pense l’avoir fait de façon relativement exhaustive dans ce billet aux allures de masterpiece (à l’échelle de mon petit blog, évidemment ! C’est juste pour vous inciter à le (re)lire ;)) Je veux quand même revenir sur un point, dont on ne parle pas assez. La peau, c’est costaud. La peau, c’est très élastique et résistant. La peau, c’est kloug.

Et ça, les patients ne s’en rendent pas compte.

C'est mou à l'extérieur, à l'intérieur c'est comme de la pierre.

C’est mou à l’extérieur, à l’intérieur c’est comme de la pierre.

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Nos têtes sont des valises

Ne nous leurrons pas : presque personne n’aime les jeux-concours.

Nous y participons uniquement à cause de quelques pensées magiques qui persistent. Pour avoir une vie heureuse (et de bonnes notes à l’école), habituellement, nous ne passons plus notre temps à marcher sur les bords des trottoirs en évitant les lignes, ni à sauter entre les lignes blanches des passages piétons. A la place, nous avons une fève dans notre porte-monnaie, un fer à cheval dans notre grange ou un quelconque rituel à base de sacrifice de noisettes (mais c’est plus rare quand même, depuis l’avènement des pâtes à tartiner, qui règlent le problème).

Et parfois, nous glissons un bulletin de jeu-concours dans une urne déjà remplie, dans l’espoir qu’il soit choisi en fin de semaine. Si on lit bien les conditions, en latin, codées selon le code Enigma et aisément lisibles au microscope électronique sous un éclairage optimal, on se rend compte que la sélection hebdomadaire ne permet pas de partir : elle permet seulement d’être dans le tirage au sort mensuel, qui déterminera les heureux élus du trimestre, parmi lesquels un participant remportera le beau voyage dans un pays chaud vanté par ledit bulletin.

Du coup, nous ne partons pas bien loin avec un bulletin de participation… Mais parfois…

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J’ai toujours été nul en philo

Au bac, j’ai eu 6 en philo. C’est peu, mais c’était dans la parfaite continuité d’une année où je progressais péniblement entre 4 et 9. Il est donc vraisemblable qu’on puisse résumer mes aptitudes philosophiques par une nullité certaine.

Ce n’était pas très étonnant, ceci étant. Il faut dire qu’en terminale, j’avais 16-17 ans et je n’avais pas des idées très arrêtées sur la liberté, le devoir, l’expression, l’espoir ou toutes ces choses de grandes personnes.

Niveau liberté, mon raisonnement principal était qu’il fallait s’escrimer à sauver Peach des griffes du terrible Bowser. Question devoir, je m’arrêtais aux exercices donnés à la maison. L’expression était mon quotidien puisque je m’étais mis à l’écriture d’un roman, depuis la fin du français (comme je me suis mis à rédiger des cas cliniques à la fin des ECN). Enfin, côté espoir, je savais que je n’aurais aucune difficulté à avoir mon bac (grâce à la théorie de la rentabilité du coefficient), et je me tâtais entre les maths qui me plaisaient énormément (mais me rebutaient à cause des trace-lettres) et la carrière de médecin « libéral », où je pourrais avoir la paix. La liberté, en dehors de celle de Peach, c’était de ne pas avoir de patron — sûrement un idéal familial, avec quelques cousins ingénieurs qui faisaient beaucoup d’heures (ahah, j’ai bien choisi).

Bref, j’étais relativement terre à terre, et ça n’était pas ce qui était attendu en philo. J’avais bien compris le modèle thèse / antithèse / synthèse, mais ça me semblait légèrement artificiel, pour ne pas dire chiant. Je pensais qu’on attendait ma vision personnelle d’une question (selon mon vécu, histoire d’apporter ma pierre à la philosophie mondiale, et grandir tous ensemble dans la joie et la sérénité). Mais je suppose, avec le recul, que les profs attendaient des mots clés, genre « liberté = autonomie, spontanéité, volonté, contraintes, tyrannie, servitude, individu, autrui ». Du bon sens qui allait dans leur bon sens, en fait.

Mon prof, lui, avait été plutôt rassurant lors d’une réunion parents-profs : « Ecoute le petit koala qui est en toi, et tu sauras aller par-delà le ruisseau ». Enfin, il avait dit « si tu es bon en maths, tu as l’esprit logique qui devrait te permettre d’avoir des bonnes notes, il suffit d’avoir le déclic », mais vous conviendrez que ça sonne mieux avec le koala.

Presque une décennie plus tard, où en sommes-nous ?

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