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Bad Twitter et rappels sur l’endométriose

Sur ce blog à plusieurs reprises (ici sur #DocTocToc en 2013, là sur #DocTocToc en 2018, de ce côté sur l’utilité pratique sur une seule question, ou encore ici dans les conseils pour jeunes internes), dans 1 atelier et 2 présentations en congrès, j’ai déjà vanté plusieurs fois l’intérêt de Twitter pour les médecins : c’est un lieu formidable pour se former, s’informer, rencontrer des gens, se marrer, comprendre des problématiques qui nous échappaient auparavant (des difficultés d’être une femme, LGBT+, handicapé(e), racisé(e), etc.)…

Pour compenser, présentons aujourd’hui un peu de « mauvais Twitter » avec ce qui s’est passé vendredi.

Tweeté par un médecin blogueur à 13h18, avec 2 RT, 3 j’aime. Je reformule : « l’infirmier(e) du collège a écrit « explorations endométriose » dans un document à destination du médecin d’une jeune fille de 14 ans avec règles douloureuses ».
Rien.
D’autre.

A 20h31, un subtweet sauvage apparait (d’une Twittos que j’apprécie beaucoup par ailleurs) :

Et là, boum, 4500 RT, 10100 fav (ce dimanche 5 mai à 19h30)…

(D’ailleurs, je vais citer @docdu16 et @FerryDanini quand je publierai ce billet, pour ne pas faire du « subblogging ». Et si vous n’êtes pas d’accord avec quelque chose que j’ai écrit ici, je vous remercie d’ailleurs de me le dire de façon loyale, dans les commentaires ou sur Twitter, le but du billet n’étant pas de relancer une indignation générale sur les médecins et l’endométriose mais d’analyser à froid un « phénomène » sur Twitter).

Je vous épargne les réponses qui sont sur la thématique « ces médecins me dégoûtent, on peut mourir, personne nous croit », certains qui pensent que @docdu16 est gynécologue, les « qu’il change de métier, vous êtes vraiment médecin ? » à répétition, et cela sans compter les reprises indignées, qui fonctionnent bien également (869 RT, 1700 fav) :

Sauf qu’il y a 2 problèmes dans tout ça.

Le premier problème : quand on lit le tweet initial et ces deux-là, c’est TRÈS déformé. Dire « j’ai des médecins dans ma TL saoulés (…) que l’endométriose c’est à la mode (…) les retards de diagnostic, ça ne vous dit rien ? » ou « arrêtez de vouloir l’invisibiliser », c’est une interprétation très libre…
Si je dis « y’a des philosophes dans ma TL qui pensent que les médecins sont contents de rater un diagnostic. Allo ? L’empathie, ça vous parle ? Vous nous prenez pour des abrutis qui se réjouissons des souffrances et malheurs d’autrui ? Purée mais remettez-vous en question », c’est du même acabit. (Je ne le twitterai pas parce que je ne le pense pas ; encore une fois, j’apprécie vraiment Juliette Ferry-Danini – qui a d’ailleurs sûrement subtweeté pour éviter d’afficher quelqu’un nommément et ne pensait probablement pas faire plusieurs milliers de RT là-dessus…)

 

Le deuxième problème : médicalement, toutes les réponses indignées que j’ai lues sont fausses… :/ (j’ai pas tout lu). 

L’explication médicale au premier tweet a été donnée juste après (0 RT, 39 fav – c’est quand même dommage qu’il y ait des tweets indignés à RT et des explications calmes sans) : 

Et par l’auteur du tweet initial (18 RT, 113 fav) :

Oui, il y a eu, il y a et il y aura encore des errances diagnostiques, des diagnostics ratés, et on trouvera toujours plein d’histoires pour s’indigner, à raison, de plusieurs cas particuliers (surtout sur Twitter qui fait caisse de résonnance). En réalité, tous les médecins ratent des diagnostics (et s’en veulent, longtemps, sans vous, ne vous inquiétez pas).
Sur une pathologie aussi fréquente que l’endométriose, les échecs arrivent régulièrement. Pour « défendre » la profession quand même, il y a 100 000 médecins généralistes en France environ ; même si vous trouvez 10 000 personnes ayant vécu une histoire d’errance diagnostique sur l’endométriose, ça fera 1 pour 10 médecins (donc 9 médecins qui n’ont jamais raté ce diagnostic, pourtant loin d’être si évident… ils ont raté d’autres diagnostics, pas de panique).

Plutôt que débattre pour savoir qui a raison ou tort, voici un résumé de la recommandation HAS de décembre 2017 sur l’endométriose et des recommandations de pratique clinique à retrouver en version intégrale ici (à part les deux premiers points vulgarisés, je reprends JUSTE les phrases de ces recommandations) :

  • l’endométriose, c’est un peu (ou beaucoup) d’endomètre en dehors de l’utérus, qui se développe sous l’effet des hormones et « se détruit » lors des règles ;
  • l’endométriose est favorisée par la « quantité cumulée » de règles (début précoce des règles, cycles court, règles abondantes = davantage de risque d’avoir des cellules qui passent en dehors de l’utérus), et par les antécédents familiaux ;
  • il n’y a pas de prévention primaire (de conseils à donner), ni de prévention secondaire (pas de dépistage, même si cycles courts ou antécédents familiaux).
  • la littérature n’est pas en faveur d’une augmentation du nombre ou du volume des lésions avec le temps (donc il n’y a pas d’urgence à diagnostiquer une endométriose – l’urgence est de traiter les symptômes)
  • les symptômes sont : dysménorrhées intenses (résistantes au paracétamol et aux AINS, d’intensité > 7/10), douleurs lors de la pénétration (dyspareunie), signes urinaires ou digestifs lors des règles (on peut avoir de l’endomètre sur la vessie ou le tube digestif), infertilité.
  • les symptômes douloureux comme la dysménorrhée sévère ou les dyspareunies profondes sont fréquentes et ne sont pas systématiquement reliés à l’endométriose
  • en cas de dysménorrhée isolée, sans autre symptôme douloureux ni souhait de grossesse immédiat, la recherche d’une endométriose n’est pas recommandée en cas d’efficacité de la contraception hormonale sur la dysménorrhée. 
  • l’endométriose n’est pas toujours pathologique : une femme peut avoir une endométriose, mais pas de douleur et pas de problème de fertilité
Prise en charge de l'endométriose en une image Prise en charge de l’endométriose en une image

Donc en résumé sur la conduite à tenir devant une dysménorrhée (douleurs de règles) :

  • déjà on commence par demander si c’est primaire (dès les premières règles) ou secondaire (premières règles normales puis un jour ça a fait mal, ou beaucoup plus mal). Le premier cas n’est pas trop en faveur d’une endométriose (ça ne l’exclue pas à 100 %), le deuxième l’évoque davantage (ça ne l’affirme pas à 100 %) ;
  • ensuite, comme le disait @DrJohnFa, on traite la douleur : si ça passe avec du paracétamol, de l’ibuprofène ou du flurbiprofène (classique ANTADYS), ça n’est pas une dysménorrhée évocatrice d’endométriose, donc en absence d’autre symptôme on s’arrête là (et il n’y a aucun intérêt à évoquer le diagnostic de façon systématique…)
  • si la douleur est résistante aux antalgiques, elle devient potentiellement évocatrice d’endométriose : dans ce cas, on demande une échographie pelvienne pour éliminer un diagnostic différentiel (kyste ovarien, etc.) et chercher un endométriome ; s’il n’y a rien à l’échographie, ça n’élimine pas l’endométriose, mais on peut proposer une contraception hormonale (pilule oestroprogestative continue, ou microprogestative). En absence de nouveau symptôme, il n’y a pas lieu de contrôler l’échographie, ou suivre quoi que ce soit.
  • si la pilule n’est pas efficace ou non souhaitée, on demande une IRM, et un avis spécialisé (éventuellement coelioscopie diagnostique si ça a un intérêt pour les douleurs ou la fertilité, et orientation parfois vers une PMA… mais là à 14 ans, c’est évidemment hors de propos).

Enfin, pour revenir à notre histoire initiale, a priori, l’IDE avait tord d’écrire « exploration endométriose ». C’était une « exploration dysménorrhée » (de la même façon, on ne dit pas « exploration Alzheimer » pour « exploration de troubles de mémoire » par exemple). Il n’a jamais été question de cacher un diagnostic d’endométriose ou de le sous-diagnostiquer volontairement ; il s’agit de bien prendre en charge les endométrioses symptomatiques et ne pas explorer/traiter/inquiéter inutilement avec des lésions asymptomatiques (la même chose pour les hernies discales dans les lombalgies…) Dire à une fille de 14 ans, « c’est peut-être une endométriose » n’a aucun intérêt à ce « stade précoce et indifférencié » (pour reprendre un des concepts de la médecine générale).

C’est très bien qu’il y ait une prise de conscience de l’existence de l’endométriose par tout le monde… mais ça n’est pas non plus une raison pour croire que vous êtes forcément mieux informé que tous les médecins et a fortiori quand plusieurs d’entre eux citent les recommandations actuelles sur le sujet. Ca n’est pas de l’arrogance, c’est juste qu’en moyenne, les gens connaissent mieux leur métier que ceux dont ça ne l’est pas (ça marche pour tout métier).

Enfin, gérer l’incertitude, c’est un des rôles du médecin généraliste ; bien sûr qu’on peut faire des IRM à tord (on fait des tas d’examens qui sont normaux), mais il y a des recommandations qui sont là aussi pour éviter de faire des examens paracliniques 1/ inutiles pour la prise en charge (dépense d’argent qui ne sera pas utilisé pour d’autres soins plus pertinents – je suis désolé que ça soit comme ça, mais ça l’est) et 2/ inutilement angoissants pour le patient (concept d’incidentalome).

Jaddo a une très belle phrase sur les examens qu’on demande, et je conclurai là-dessus.

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    Une semaine en direct du labo

    La semaine dernière (11 au 17 février), j’ai animé le compte @EnDirectDuLabo. Mon objectif était de parler de la place et l’intérêt de la recherche en médecine générale.

    En réponse à ce tweet, j’ai d’ailleurs mis (au fur et à mesure) le menu de la semaine : 

    C’était une expérience très sympa, parce que :

    • ça implique de réfléchir un peu différemment à ce qu’on tweete ou retweete (ça n’est pas mon compte, je n’ai pas envie de dire « trop » de bêtise – même si mon contenu n’est au nom du Collectif Conscience, j’ai un peu l’impression d’être « dans leur appart' »)
    • c’est une seule semaine donc ça incite à être productif (et de plus en plus au fil de l’approche de date de fin… un peu comme quand on va finir les vacances et qu’on se dit qu’on a « encore plein de choses à faire » ^^)
    • le public n’est pas le même que sur mon compte (avec globalement un mélange « professionnels de santé » / « amateurs de sagas mp3 » qui me connaissent un peu et sont encore là malgré tout) : ça incite à expliquer ou vulgariser différemment pour être compréhensible par le plus grand nombre,
    • c’est un compte à 11 000 abonnés (soit 5 fois plus que mon compte habituel), qui a un public très différent de mes followers habituels : probablement des followers des prédécesseurs sur ce compte, donc des gens intéressés par la biologie, génétique, astrophysique, économie, archéologie, informatique, géographie, histoire, lettres modernes, mathématiques… bref, un public très varié !

    Je suis arrivé avec un sentiment d’imposteur (la semaine d’avant, il y avait un chercheur qui expliquait comment ses travaux permettaient de retrouver un randonneur perdu qui ne peut donner que des informations vagues, avec des super cartes et tout ; c’était Columbo sur le GR20, je trouvais ça trop cool !)

    Pour éviter de saouler les gens non intéressés par la médecine, j’ai essayé d’écrire le maximum et balancer par série de 5 à 15 tweets, plutôt qu’un tweet à la fois (ce qui fait remonter dans la TL le même sujet pendant 2 heures…) ; c’est ce que je fais notamment en congrès.

    Pour m’assurer que je n’ennuyais pas trop les gens sur ce compte qui n’est pas le mien (#imposteur ^^), j’ai noté le nombre de followers au début (11 238) et vérifié 2-3 fois dans la semaine que ça ne chutait pas (en fait ça progresse toujours un peu et au samedi soir, on était même à +82 \o/… notamment parce que ma TL sur @mimiryudo est terriblement cool et est venue m’écouter « blablater » à côté – bises à vous :*)).

    Le dimanche, j’ai exploré les statistiques Twitter pour voir le « bilan de la semaine » (c’est vraiment très détaillé ce truc, c’est marrant… bien qu’avec quelques informations probablement un peu douteuses, comme le « principal sujet d’intérêt » ^^)

    Ca fait pas mal "d'impression" (potentielle) des tweets !

    Ca fait pas mal « d’impression » (potentielle) des tweets !

    Capture d’écran 2019-02-17 à 20.09.24

    Ouf, des clics, des RT, des « j’aime » et des réponses. Tout va bien !

    La principale passion des followers ? Les chiens. (WTF ?)

    Le principal intérêt des followers ? Les chiens, bien évidemment. C’est également leur style de vie, par ailleurs.

    Mine de rien, ça a été bien chronophage. Au total, je pense que j’ai passé 12 à 15 heures sur ce compte la semaine dernière, vous comprendrez donc que je n’ai pas eu tellement de temps pour un billet original pour ce mardi matin (on verra pour le suivant ^^). Je vous propose plutôt une rétrospective :

    La semaine à venir va me sembler plus calme ^^ A bientôt !

     

     

    EDIT : Ma petite présentation quand même…

    Je m’appelle Michaël (@mimiryudo), j’ai 32 ans, et je suis médecin généraliste à Outreau (62 – Pas-de-Calais) depuis la fin de mon internat en novembre 2014.
    J’ai une triple activité depuis mon clinicat en médecine générale (jusqu’en novembre 2017) :
    – soignant (médecine générale) ;
    – enseignement, notamment auprès des internes de médecine générale et des étudiants en 6ème année de médecine préparant les épreuves classantes nationales ;
    – recherche : après ma thèse d’exercice (sur la collaboration entre le service de médecine interne et le centre de pharmacovigilance), j’ai dirigé 36 thèses depuis novembre 2014, obtenu un M2 en biologie-santé (bio-statistiques) en 2015 et soutenu ma thèse d’université en sciences de la santé à Lille en janvier 2019, sur la recherche de facteurs associés à la maladie d’Alzheimer par la fouille de base de données massives.
    Pendant cette semaine avec vous, je partage sur :
    – la recherche pendant les études de médecine (générale),
    – les possibilités de faire de la recherche au quotidien au cabinet de médecine générale (avec quelques grandes études actuelles),
    – l’humour dans la recherche, et les recherches sur l’humour dans la médecine,
    – le contenu de PubMed, à travers les articles de médecine parlant de la Saint-Valentin (ravi de ne pas avoir tenu ce compte la semaine de Noël !)
    – ma thèse d’université,
    – et les différentes thèses que j’ai dirigées.
    Pour compléter cette activité médicale, je tiens également un blog (http://www.mimiryudo.com/blog), quand je ne tweete pas…
    En dehors de ce milieu, j’écris des fictions sonores dans la sagasphère (notamment sur Netophonix), joue de la musique (trompette et piano), pratique la course à pied et la randonnée (http://www.mic-mat.fr/randonnees), et j’aime le cinéma.
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      #CNGE2018 : on en revient, et on partage !

      Comment ça, je fais des billets faciles de remplissage ? C’est complètement faux, et je ne vous permets pas ! Considérez que ce billet de dimanche est le billet de mardi ^^ Bonne fête de Sainte Catherine à celles qui le souhaitent, et bon vent à ma thèse partie ce samedi à l’impression.

      Alors, allons-y : le congrès national des généralistes enseignants, cuvée de la Loire 2018 à Tours, s’est bien déroulé en vrai et sur la toile, c’est le moment de faire le point !

      Bilan en vrai 

      J’ai présenté à 4 sessions orales et 4 sessions de poster (dont un doublé). Plusieurs personnes m’ont réclamé mes présentations (notamment sur la diversification alimentaire), donc les voici à votre disposition ci-dessous sur mon profil ResearchGate (en public ; accessibles en cliquant sur les liens puis « Download »…).

      Tous les supports ont été réalisés par mes (plus ou moins) bons soins et ils sont libres : faites-en ce que vous voulez en termes de partage, sauf les publier en votre nom, ahah (bon bah donc c’est une licence CC-BY en fait). Les présentations seront également à disposition sur le site du congrès (et leur appli CNGE2018). Enfin, j’ai tout relayé sur Twitter, mais on y reviendra…

      Présentations orales :

      Présentations affichées (posters)

       

      Celui qui relève TOUTES les petites blagounettes sur ces posters et présentations (en commentaire) gagne le droit de choisir le thème d’un prochain billet de blog ^^ (Oui, c’est très cher payé !)

      Bilan du congrès, sur Twitter

      Comme attendu, le congrès a été très relayé sur Twitter avec, selon Matthieu Calafiore en cérémonie de clôture, plus de 3300 tweets par 355 twittos. Le plus grand nombre de tweets et retweets est par @DrJohnFa, @MOSCHITOLAIN (Xavier Lainé), @compagn76398417 (Laurence Compagnon) et moi-même.

      Cette annonce m’a fait me pencher sur le suivi des hashtags, qui peut être très intéressant pour ce genre d’évènements ou de façon plus globale (Twitter pour la recherche, j’en ai déjà parlé un peu ailleurs… et ça se popularise puisqu’il en était question samedi dernier dans le Quotidien du médecin par exemple…). Je n’ai pas trouvé l’outil de Matthieu et j’ai utilisé la version gratuite de TalkWalker donc je n’ai pas exactement le même nombre de tweets (3900 !), ni le même nombre de participants, ni le même classement !

      Ainsi, pour le nombre de tweets originaux (RT exclus), le trio de tête est plutôt @DrJohnFa (premier incontesté et incontestable, avec 5 pouces par main), suivi par @GeluleMD et moi (l’ordre pour nous deux dépend si on parle du nombre de publications ou de la portée, Christine ayant par ailleurs un nombre indécent de followers :D). Evidemment, le rôle des retweeteurs n’est pas à négliger, et même s’ils n’apparaissent pas ici, c’est très bien que Laurence et Xavier aient été félicités pour leur participation mixte avec des tweets originaux et des RT d’autres tweets, qui permet d’avoir une vision large du congrès. Perso, je n’avais vraiment pas le temps de RT et finalement j’ai sûrement moins lu sur CE congrès que lors d’autres congrès où je ne vais pas… (Whaow, ce paragraphe où je ne m’en sors pas entre l’idée de présenter un outil, présenter un autre classement, donner à Christine sa place méritée sur le podium, en respectant le premier classement « officiel » de la cérémonie de clôture… Epique !). Enfin, le message clé c’est quand même que les (anciens) CCU de 2014, il faudrait les inviter à tous les congrès pour les relayer 😛 Et sûrement aussi qu’on a des profils de gens incapables d’écouter sans rien faire d’autre, et que tweeter nous permet de faire 2 choses en même temps, mais c’est un autre sujet…

      Bref, avec TalkWalker, il y a des données amusantes à exploiter :

      • 125 participants actifs au congrès (sur 1500 inscrits environ) ; c’est moins qu’annoncé car on ne compte plus les retweets !
      • un sentiment globalement positif (je pense que c’est ininterprétable de toute façon : si on parle de violences par rapport à un poster, ça passe pour un sentiment négatif à tord),
      • 3900 tweets et 2900 engagements (pas mal comme impact pour 125 personnes !)
      • … la somme des tweets des 10 principaux « posteurs » a pu entraîner au maximum jusqu’à 460 000 lectures (soit 1 tweet lu par 460 000 personnes, soit 1 personne qui lit 460 000 tweets… soit plus probablement quelque chose d’intermédiaire !)
      • et une autre donnée capitale je pense, c’est que les « posteurs » sont principalement des employés de cuisine amateurs d’automobile… 😀 (cette dernière information semble un peu mal fichue…)

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      Pour ma part, j’ai beaucoup relayé pour partager et garder une trace de ce qui s’est dit (les notes papier ou même sur informatique de congrès ne me servent à rien… au moins là j’ai une impression d’utilité par le partage). Je ne pensais pas être « si haut » dans le classement toutefois, puisque j’ai essayé de résumer au maximum chaque présentation (1 ou 2 tweets de messages-clés, plutôt qu’essayer de reproduire les présentations comme j’ai pu le faire à d’autres congrès par ailleurs). J’ai fait ça et j’ai fait des blocs : c’est-à-dire que je publiais tout « à la fin de la session ». Visiblement, ce mode de fonctionnement a plu à ma TL.

      … attention, ça n’est pas une étude et ça n’est pas une preuve : ça ne concerne que MA TL avec ses particularités et tout ça, n’en tirez pas de message général. Mais ça me confortera dans mon choix pour la prochaine fois ; je pense qu’il faudra juste que je précise l’intitulé de la session dans le tweet « chapeau » qui lance chaque thread, pour gagner en clarté.

      Vous pouvez retrouver ici mes différents fils de sessions :

      Qu’est-ce que j’en retiens ? 

      C’est ce que j’annonçais dans le précédent billet : on part 3 jours, on revient avec quelques nouvelles idées, mais lesquelles ? Je me suis prêté à l’exercice le samedi 24 (lendemain du congrès) et voilà ce que j’ai principalement retenu :

      • le WAST-test pour les violences : il va falloir que d’une façon ou d’une autre j’intègre ça à mes dossiers, pour être plus systématique dans cette recherche (comme pour les « autres » antécédents). Je vais passer à MediStory 4×4 en 2019, ça sera à faire à cette occasion,
      • le site VaccinClic (lillois en plus – qui a eu le prix du meilleur poster, cocorico !) semble permettre de répondre rapidement à des préjugés anti-vaccinaux et orienter les patients vers un site qui a l’avantage (étrange de dire ça) de ne pas être un site officiel et donc de ne pas traîner une image « officiel = appartient au complot »…
      • et… et c’est tout.

      Pourtant, j’étais présent et j’ai participé activement (je n’ai fait que ça du congrès en fait…) Avec la préparation de ce billet, je peux rajouter d’autres points :

      • les vaccins anti-pneumococciques et anti-grippaux sont peu réalisés, notamment chez les patients sous anti-TNF-alpha : la CPAM devrait envoyer systématiquement un rappel aux patients pour lesquels elle a un remboursement de ces molécules (c’est tellement évident !)
      • les vidéos de WhyDoc + les vidéos de la CPAM / Matthieu Molimard + FORMeDoc + la plaquette de @PresqueRire peuvent être utiles pour bien présenter les inhalateurs
      • le score d’Alexandre pour le dépistage de la BPCO : âge > 40 ans, tabac > 10 PA, 1 exacerbation = aller plus loin ; réduction d’activité, expectorations et comorbidités = aller plus vite au diagnostic car probablement sévère ;
      • ECOGEN et l’observatoire de la médecine générale, c’est des bases vraiment chouettes ;
      • il n’y a « que » 100 soumissions par an à Exercer (moins que ce que je croyais) dont la moitié sont refusés d’emblée ; aller en relecture, c’est quasi être assuré d’être publié.

      Je pourrais rajouter l’éclair de lucidité que j’ai eu sous forme d’aphorisme devant un diaporama : « 5 % de formés, 35 % qui se sentent aptes… on ne se trouve pas formé mais on se sent quand même apte : c’est presque une définition de la médecine. »

      Enfin, j’ai aussi essayé de garder de côté des vagues idées de thèse avec le hashtag #ProjeteTaThese (il existe un hashtag #IdéeDeThèse, mais j’en voulais un que je retrouverais facilement a posteriori…)

      Capture d’écran 2018-11-24 à 11.07.27

      Est-ce vraiment suffisant ?

      Le « coût » du congrès, c’est :

      • 3 jours à l’extérieur (dont 2 jours normalement travaillés),
      • un peu de fatigue quand même (un peu plus que 3 jours chez soi dans le canapé en tout cas),
      • quelques dépenses, chiffrées environ à 650€ (inscription, transport, hôtel, restaurants – calculé exprès pour les besoins du billet, sinon j’en suis encore en mars pour ma comptabilité, snif).

      Et je retiens spontanément 2 informations 24h après la fin du congrès. Des informations que j’aurais potentiellement eu sur Twitter. Ahah. 

      Pourtant, la qualité du congrès n’est pas en cause. Je n’étais pas allé au congrès du CNGE depuis 2015, et si à l’époque j’avais trouvé quelques sessions un peu longues ou déconnectées des soins, ça n’a pas du tout été le cas cette fois ! J’ai trouvé pertinent tout ce que j’ai entendu, avec des communications (et études) de qualité. C’était un très bon congrès, enthousiasmant pour l’avenir de la médecine générale universitaire. 

      Mais si je veux me former, autant que je pose 2 jours, que je m’achète un bouquin de physiologie / rhumatologie / sémiologie / thérapeutique / éducation thérapeutique / psychologie / nutrition / médecine du sport, etc., et que je reste dans mon canapé à compulser ça. Je vais normalement retenir plus de 2 informations en 3 x 6 heures ^^

      Le congrès permet certes d’avoir une vision ouverte sur plein de sujets… mais en fait, je me rends compte que mon fil Twitter remplit à merveille cette fonction. Par exemple, on a parlé de communication kiné-MG ou de méthodes validées de kinésithérapie : j’ai déjà de super comptes que je suis qui twittent régulièrement sur le sujet ; on a parlé de violences faites aux femmes ou de problématiques LBGT : je suis déjà plusieurs comptes sensibilisés, etc. 

      Alors, pourquoi y aller (pour moi) ?

      Parce que le congrès, c’est aussi (et surtout ?) une formidable IRL. J’ai vu et revu plein de monde, et je vais jouer au jeu de citer plein de gens et m’excuser à la fin pour ceux que j’ai oubliés :

      • évidemment Jonathan, Thibault et Ludovic avec qui nous avons partagé un aller mouvementé : train en retard et correspondance inattrapable, changement d’itinéraire, chocolat trop chaud, escale trop courte à Le Mans, posters oubliés à l’arrivée… Jonathan m’a logé, a récupéré mes posters, et nous avons partagé la chambre… 108 (comme le numéro mythique d’Exercer, et ça n’était même pas fait exprès !)

      • Laurence Rossignol du réseau Sentinelles, qui m’a filé un mug (#goodies) et avec qui on a pu parler un peu !
      • l’équipe de Lille (Bertrand, Christophe, Michel, Denis, Anita qui a dirigé la thèse du meilleur poster, Nassir croisé le dernier jour, Matthieu-modérateur-d’ouverture-et-clôture devant la photo de qui nous nous sommes pris en photo avec Jonathan en mode fan-boy…)
      • tous les twittos rencontrés lors du restaurant à « La souris gourmande » ou aux « Dix fûts » le lendemain : c’était un plaisir de (re)voir Elodie, Maritza, Emilie, Camille, Christine, Amélie, Véronique, Alexandre, Corentin, Jan, Guillaume… merci à @Dr_Agibus pour l’organisation !
      • @Dr_Agibus justement, qui fait une veille documentaire remarquable chaque semaine depuis l’invention de l’électricité et qui m’a dit être étonné par « tout ce que je fais » (c’est un peu le Pape qui te dit qu’il est impressionné par ta foi chrétienne en fait) ;
      • Emilie (@docteurmilie), pour la même raison en fait, puisqu’elle apprécie ce que je fais alors que normalement, c’est l’inverse ;
      • @DrZbigoudi29 avec qui nous avons couru 11 km (avec @DrJohnFa) le jeudi midi, sur les quais de Tours (note pour mon prochain congrès : prévoir un short de course datant de la décennie actuelle, et des chaussures de course) ;

      • Paul Frappé, qui m’a accueilli sur le stand CMGF par un « aaaah j’adore ce que tu fais » (alors qu’en fait, là encore, c’est complètement l’inverse : cf. allégorie papale ci-dessus) ;
      • Benoit de Prokov Editions, avec qui nous avons un peu échangé, et qui a dévalisé le Auchan local avec ses collègues pour pouvoir me filer des shokobons pour que j’arrête d’encenser sur Twitter l’assiette des concurrents (merci :D) ; sacré mémoire également, puisqu’il se souvenait que j’étais passé à son stand en 2016 et que j’y avais rencontré le médecin de la ville où je partirais en vacances l’été suivant (Servoz)
      • quelques chefs de clinique de MG de Lille, actuels ou future (Emeline, Anne, Axel, Jonathan, Gabriel, Gabrielle), avec qui nous avons mangé au Dagobert et parlé d’importants sujets de recherche (non scientifique :D),
      • l’équipe Exercer qui a invité les relecteurs à découvrir la nouvelle maquette du site et partager autour de nos expériences,
      • celles et ceux qui ont tenté le Bingo, bien que trop difficile cette année, désolé  ;

      • … et je m’excuse évidemment auprès de tous ceux que j’ai pu oublier ici, blablabla. C’est déjà un très long billet !

      Voilà. Si je devais résumer mon #CNGE2018, aujourd’hui avec vous, je dirais que c’est d’abord des rencontres, des gens qui m’ont tendu la main ; et même si je n’en ai pas retenu grand-chose pour ma pratique, ce congrès m’a permis de prendre conscience à nouveau que Twitter est un mini-congrès tous les jours, et il m’a également permis de passer de chouettes journées et d’amusantes soirées. 

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        Twitter et #DocTocToc : aussi un sujet de recherche…

        Je crois que je viens, sans le vouloir, d’écrire un triptyque.
        Il y a 15 jours, je proposais dans un billet pour les néo-internes quelques « outils » utiles, dont la plupart viennent de Twitter (#DragiWebdo qui a fêté son 200ème billet, les sites recensés par Michel Arnould… et Twitter lui-même !). Twitter est apprécié par les médecins (c’est la thèse d’Aurélie Dol dirigée par Matthieu Calafiore qui le dit).
        La semaine dernière, je parlais de l’eczéma… et en filigrane la « puissance » de Twitter pour obtenir rapidement plusieurs avis et expériences pour des questions sans réponse univoque. C’est l’occasion parfaite aujourd’hui pour parler de ce hashtag #DocTocToc (ou #DocsTocToc), qui est un sujet intéressant à plein d’égards :

        • au quotidien, il permet à plein de praticiens d’avoir une réponse rapide à des questions de tout ordre (dermatologie, administratif, infectiologie en général…)
        • ces réponses sont souvent multi-professionnelles : généraliste, dermatologue, interniste, pharmacien, infirmier, étudiant…  Cette variété de réponses est même possible pour des gens ayant peu de followers (des Twittos convaincus mais non pratiquants) grâce au robot @DocTocTocBot codé par le Dr Jérôme Pinguet (@MedecineLibre)
        • le mot-clé permet aux professionnels de santé, par la lecture de questions et de réponses, de se former et faire de la veille  (en plus la lecture de questions de confrères permet parfois de lever un « scotome » – c’est-à-dire découvrir des réponses inattendues à des questions qu’on ne se serait même pas posées !)
        • il permet éventuellement à des autres lecteurs (patients, par défaut ^^) de voir un peu les arcanes de nos métiers, et faire passer un peu le message qu’on baigne dans l’incertitude, dans les croyances, dans les données scientifiques éparpillées, etc.,
        • pour les enseignants, ça peut être une source très utile de formation, puisque les questions révèlent des problèmes du quotidien (régulièrement administratif, dermatologique, infectieux…)
        • il constitue in fine un sujet de recherche potentiel et plusieurs thèses ont été menées dessus. Je connais au moins 4 thésards qui ont travaillé dessus : Sophia Serhrouchni (dirigée par Alexandre Marmatel), Adrien Salles (dirigée par Isabelle Cibois-Honnorat), Clotilde Berne (dirigée par Christophe Trivalle) et Jihann Bouarfa (dirigée par moi).

        Petits messages clés de ces 4 thèses, qu’on peut retrouver en cherchant tout seul :

        • Concordance diagnostique entre les centres de télédermatologie et les réseaux sociaux utilisés comme outil de télémédecine comparativement aux experts (le lien mène à un résumé publié de communication en congrès) : les médecins utilisant les réseaux sociaux pour des avis sur les photos sont satisfaits (7,6/10), le nombre de bonnes réponses est similaire en télédermatologie et dans les réseaux sociaux (55 % et 60 %) avec une concordance moyenne. Il y a significativement plus de bonnes réponses lorsqu’un dermatologue répond sur les réseaux sociaux. 

        • Analyse du discours médical sur Twitter (le lien mène à un live-tweet de la thèse par @ICH8412) : l’analyse de 12 716 tweets utilisant le hashtag #Doc(s)TocToc entre juin 2012 et mars 2017 montre que 58 % des tweets viennent de médecins généralistes, qui twittent pendant leurs heures de travail ; les questions concernent des sujets variés de gynécologie, neurologie, infectiologie, pédiatrie, cardiologie, dermatologie, administratif

        • Bénéfices et inconvénients de Twitter pour communiquer et s’informer entre médecins généralistes : je n’ai pas d’informations (pas disponible a priori)… [EDIT du 31 octobre] La thèse vient d’être soutenue aujourd’hui et le directeur de thèse (Christophe Trivalle) en a fait un résumé sur Twitter 😉 Les médecins généralistes utilisateurs trouvent que Twitter est intéressant pour… se divertir (90 %), la formation continue (à 87 % !), rompre l’isolement (81 %), échanger sur les pratiques (67 %), prendre un avis sur un patient (à 60 %) et étendre son réseau (52 %). Les inconvénients principaux sont : les violences en ligne (71 %), le temps consacré (pour 61 % vs 39 % encore dans le déni :D), les problèmes éthiques (47 %).
        • #Doctoctoc / #Docstoctoc : Twitter comme outil d’entraide entre médecins (le lien mène au résumé sur le site de thèse) : l’analyse manuelle de 494 tweets entre mars et mai 2017 a montré que 90 % d’entre eux avaient une réponse, dont 13 % avec une source, 33 % avec plusieurs avis convergents.

        Voilà voilà… Jérôme Pinguet critiquait dernièrement le fait que ces thèses sur Twitter ne soient pas accessibles. J’ai voulu tester ci-dessus et récupérer les informations… ça n’est pas évident en effet :-/ C’est dommage que l’analyse des données publiques soit privée…

        Je mets donc ici à disposition la thèse de Jihann. Cette dernière étude sera présentée au congrès du CNGE sous forme de poster, en novembre 2018… cinq ans après mon premier poster (que j’avais fait très rapidement et n’avais pas pu présenter pour raison familiale) au même congrès, sur le même thème 😉 Je vous parlerai de ce congrès dans un prochain billet ! A mardi !

        PS : Hier, j’ai reçu mes 5 bouquins du livre que j’ai écrit au premier semestre 2018 (surtout entre mars et juin pour être honnête). C’est toujours un plaisir certain de voir un projet finir de se concrétiser. Je vous reparlerai du déroulement dans un prochain post également 🙂

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          L’eczéma ou le psoriasis du conduit auditif externe (ou la puissance de Twitter)

          Petite musique de flashback, couleurs lumineuses, bords flous.

          Il y a 12 ans (et 1 mois et quelques jours). Espagne. Je suis en vacances avec mes parents. Il fait chaud. Je profite de la piscine. 5 jours. Mon oreille droite me démange. Je gratte un peu avec un coton-tige. J’ai mal à l’oreille. Je consulte un médecin. Elle me fait des lavages d’oreille avec une solution dont elle seule semble avoir le secret. Elle me dit de revenir 2 ou 3 jours plus tard. Me refait la même chose. Me dit de revenir. Renettoie mon oreille puis, par désespoir, m’injecte une dose intramusculaire de corticoïdes en lombaire. La douleur cède rapidement. Elle me prend 120€ pour l’ensemble des soins. A posteriori, je crois que seuls Transpole et la SNCF m’ont autant arnaqué. Ca n’était pas ma première otite, et j’en ai assez régulièrement en mettant la tête sous l’eau… ça fait un mal de chien. Mais j’avais retenu quelque chose : les corticoïdes, ça marche bien (… à moins que ça ne soit le temps qui passe).

          Deuxième petite musique. Le réalisateur se débrouillera pour faire comprendre qu’on flashforwarde dans le flashback mais sans revenir dans le présent. 

          Fin 2010. Intenses révisions de DCEM1. Je ressens des démangeaisons à l’intérieur de la même oreille, dans un contexte de poussée d’eczéma qui transforme mes paupières en scrotum de cercopithécidé. Pas le temps de voir un médecin. Il faut bachoter pour ne pas septembrer (même en travaillant un peu toute l’année, la quantité et la précision des informations à délivrer en fin d’année force à ce bachotage). Je repense à l’injection de corticoïdes. Si ça marche en intra-musculaire, quelle puissance ça doit avoir en local ! Les progrès scientifiques se font au prix d’expériences : je vais proposer un nouveau traitement radical de l’otite externe. Je prends mon tube de diprosone pommade, me tapisse le conduit un peu généreusement avec celle-ci et réfléchis à la cravate qui ira bien pour aller chercher mon Nobel. C’est frais et gras dans l’oreille.
          Le soir même, j’ai littéralement envie de me cogner la tête dans un mur (les otites – et autres douleurs inflammatoires – font plus mal la nuit, à cause justement de la diminution physiologique du cortisol la nuit). Je révise autant que possible malgré la douleur, passe une nuit quasi blanche à me tourner dans tous les sens dans le lit de mon 9 m2. J’avale un paracétamol mais c’est un peu juste quand même… J’essaie d’appeler ma Chérie pour un peu de consolation : son portable est coupée (après cet épisode, elle le laisse toujours allumé ^^). Après les dernières épreuves le lendemain (génétique et anglais ?), elle me conduit chez un médecin près de chez elle. Il ne comprend pas que le conduit soit à ce point obstrué (*sifflotement*) et me propose un traitement par gouttes et amoxicilline. J’aurais fait pareil à sa place ^^

          Troisième musique. On revient dans le présent. Les gens se demandent pourquoi on a raconté tout ça, et ils vont être déçus. Il faut s’attendre à ce que certains quittent la salle avant la fin. Ca fait partie de l’oeuvre. 

          Bref, j’ai une expérience personnelle des otites externes et moyennes. Ca fait mal, ça peut rendre une nuit insupportable, ça peut prendre du temps sur les vacances, ça peut probablement rendre un peu fou, et les corticoïdes en local ça peut faire pire que mieux.

           

          Donc quand des patients me demandent quoi faire pour leurs démangeaisons d’oreille, je suis un peu gêné. On peut mettre des corticoïdes mais aucun médicament n’a clairement l’AMM (autorisation de mise sur le marché). Ceux qui ont l’AMM sont des associations de corticoïdes ET antibiotiques (classiquement, ANTIBIOSYNALAR, avec polymyxine E et néomycine). Une vieille recommandation d’ORL de 2001 ou 2002 dit de mettre de la déxaméthasone, mais il n’y a pas de médicament pour les oreilles avec… Autant dire que c’est le foutoir.

          J’ai donc jeté une bouteille à la Twitt-mer…

          Et j’ai obtenu plein de réponses, que j’ai synthétisées ici (un seul traitement à la fois, pas l’ensemble !)

          Bétaméthasone 0,05% activité forte lotion ( DIPROSONE )

          1 application 1 à 2 fois par jour. Dite « méthode @Jaddo_fr, @Matt_Calafiore »

          Bétaméthasone 0,05% activité forte crème ( DIPROSONE )

          1 application 1 à 2 fois par jour, en appliquant sur le doigt et/ou avec un coton tige, de façon douce. Dite « méthode @NoSuperDoc, @Matt_Calafiore, @1Generaliste »

          Hydrocortisone butyrate 0,1% émulsion ( LOCOID )

          1 application 1 à 2 fois par jour, en application sur l’auriculaire. Dite « méthode @phtiriasis »

          Dexaméthasone phosphate 1 mg/mL collyre unidose ( DEXAFREE )

          1 goutte 4 à 6 fois par jour dans l’oreille. Jeter l’unidose après une utilisation. Dite « méthode @Dr_Agibus » (la dexaméthasone est aussi ce qui était recommandé par les ORL dans un document de 2001, tant pis si c’est un collyre pour les yeux).

          Ciprofloxacine + dexaméthasone 3 mg/1 mg/mL instillations auriculaires ( CILOXADEX )

          4 gouttes 2 fois par jour dans l’oreille concernée pendant 7 jours. Agiter le flacon avant chaque utilisation. Dite « méthode de l’AMM mais c’est un peu dommage de mettre de la ciprofloxacine pour un eczéma, non ? »

          (On a aussi parlé de mayonnaise mais @AzmarSG n’est pas médecin et je doute que ça fonctionne 😀 Le BLOXOTO a également été proposé par @sgb2a, mais il n’y a pas de corticoïdes dedans, donc c’est au mieux pour temporiser).

          Dans un prochain billet, on reviendra sur ce #DocTocToc 😉 A mardi prochain !

           

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