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Cassandre avait raison

Cassandre : personne qui prédit une issue défavorable aux événements, au risque de déplaire ou de ne pas être crue (Larousse).

Dans la mythologie grecque, Cassandre est la fille de roi de Troie. Elle a reçu d’Apollon le don de dire l’avenir… et la malédiction que ses prédictions ne soient jamais crues, y compris de sa famille (parce qu’elle n’a pas voulu céder aux avances du dieu de la beauté masculine). Elle prédit que Pâris causera la perte de Troie, que le cheval des Grecs est un subterfuge, etc. Ses prédictions sont systématiquement justes et ignorées !

Pendant la pandémie à COVID-19, le gouvernement a usé et abusé de l’expression « jouer les Cassandre » pour discréditer les scientifiques… Sauf que de façon très ironique, ils l’ont utilisé pour critiquer ceux qui avaient raison et qu’ils n’ont pas écoutés.

Une brève requête « les Cassandre » sur Google Actualités permet de retrouver quelques sorties.

Je passerai sur ce billet de très mauvaise foi dans le Télégramme en juillet qui prétend que « les Cassandre ne proposent jamais rien » (bah si en fait, tout un tas de mesures POUR ÉVITER LES CONFINEMENTS, à base d’éducation aux gestes barrières, de protocoles d’aérations – et un appel dans Science -, de séparation des repas en communs en cantines d’écoles ou d’entreprise, avec des appels scientifiques dans le Lancet, des protocoles par le collectif citoyen Ecoles et familles oubliées relayé par La Croix…). Oh et cet article prétend aussi que les Cassandre ne proposent rien pour le climat !

Je passerai également sur les articles qui parlent de gens « jouant les Cassandre » (Agnès Buzyn en mai 2020, Olivier Véran en octobre 2020, Karine Lacombe en avril 2021, l’Institut Pasteur en avril 2021) ; concentrons-nous sur les sorties du gouvernement !

Début janvier, Cassandre a des propos réinventés

5 janvier 2021 : le ministre de l’Education Nationale, Jean-Michel Blanquer, dit sur Europe 1 que « Parfois, certains refont les Cassandre à chaque retour de vacances ».

« Je me souviens des observations que j’avais avant la rentrée scolaire de septembre. Si j’avais écouté certains, on aurait là aussi reporté. La bonne décision a été prise, c’est-à-dire faire la rentrée à l’heure. Idem pour le retour des vacances de la Toussaint. »

Des propos réinventés, ne faites pas ça chez vous

Le contexte / la réalité : Pendant les vacances 2020, alors que la transmission du SARS-CoV-2 est bien connue depuis juillet (gouttelettes et aérosols principalement), Jean-Michel Blanquer décide de ne rien préparer de concret pour la rentrée car il croit – à tort – que les enfants ne sont pas moteurs de l’épidémie.
Dans ce contexte, le futur collectif Du Côté de la Science écrit une tribune dans le Parisien avec 4 propositions pour l’école : port du masque dès 6 ans – protocole d’aération – limitation des contacts en classe et cantines – tester et tracer. Aucun report n’était demandé, mais mentir est une deuxième passion pour certains. Le ministre répond d’ailleurs à cette tribune dans le bulletin paroissial le 29 août : « nous sommes préparés à tout ».
Devant l’augmentation incontrôlée du nombre de cas et les appels incessants, le masque est enfin instauré pour les enfants dès 6 ans à partir de novembre 2020. Début janvier 2021, le Ministre se vante d’avoir imposé ce masque à l’école…

Si le report des vacances de la Toussaint ou l’avancée des vacances de Noël ont par contre bien été réclamés par certains – dont je fais partie -, il semble difficile de nier aujourd’hui que l’impact sur la 2ème vague aurait été bienvenue. Pour en savoir plus, j’avais relu cette interview en avril dans ce fil Twitter…

Fin janvier, Cassandre casse les pieds

22 janvier 2021 : L’Élysée en colère contre les « Cassandre » favorables à un reconfinement.

Le contexte / la réalité : La 2ème vague débutée à la rentrée 2020 ne s’est jamais terminée au 22 janvier. Le 24 novembre, le Président a annoncé un seuil de 5 000 cas par jour avant d’entamer le déconfinement le 15 décembre. À la date, le nombre de cas quotidiens est de 11 700 cas : qu’à cela ne tienne, il décide de déconfiner avec couvre-feu maintenu.
Devant une ascension rapide du nombre de cas et un plateau de mortalité inadmissible autour de 400 morts par jour (soit 25 % de la mortalité quotidienne attendue en France hors pandémie), plusieurs scientifiques appellent à agréger les vacances scolaires et/ou confiner. Le conseil scientifique rend un avis le 29 janvier (rendu public tardivement) allant dans ce sens. Emmanuel Macron choisit de ne pas suivre cet avis et apparemment de les traiter de « connards du conseil scientifique« .
Finalement, l’Elysée reconfinera à partir du 2 avril, permettant (avec la vaccination) de contrôler la 2ème vague débutée en septembre 2020 et d’arriver au seuil de 5000 contaminations par jour entre le 11 juin et le 15 juillet 2021.

Nombre de cas confirmés de COVID-19 en France chaque jour (attention, avant mai/juin 2020, les données sont peu fiables en raison du manque de tests)
Nombre de morts confirmés du COVID-19 chaque jour en France, illustrant les 2 vagues
(Je suis loin d’être le seul à l’avoir réclamé, mais c’est juste plus simple de retrouver mes tweets…)

En février, Cassandre à la cour déplaît

Le plus grand article de lèche-bottisme écrit en France au XXIème siècle

10 février 2021 : des ministres préférant garder l’anonymat félicitent le Président et lui donnent raison de laisser mourir 300 personnes du COVID-19 chaque jour.

Le contexte / la réalité : la même chose que ci-dessus en fait… Toutefois, je ne pouvais pas passer à côté de cet article mémorable de ridicule.

« Il va finir épidémiologiste », s’amuse un ministre. « Les chiffres lui donnent raison. Le confinement, ç’eut été la solution de facilité, la mesure de confort. » Un autre ministre, participant aux Conseils de défense, ajoute : « Si on avait écouté tous les ‘Cassandre’, on serait en train de travailler avec nos enfants sur les genoux depuis trois semaines. »

X, Ministre, pourfendeur des confinements « de confort » et protecteur des genoux de parents devant l’Eternel.

Si par malheur vous êtes passé à côté de cet article, il faut à tout prix vous rattraper. Avec le recul (on n’en manque pas), c’est absolument incroyable. Et comme il n’y a pas de remaniement, ces idiots sont encore en poste.

« Macron s’est tellement intéressé au Covid », ajoute un conseiller du pouvoir, « qu’il peut challenger les scientifiques, poser la question qui les déstabilise ». « De toute façon, si vous ne rentrez pas dans le sujet », explique un ministre, « vous êtes infoutu de prendre une décision politique. Désormais, le Conseil scientifique n’est plus premier dans l’arbitrage. »

Les conseils du Conseil scientifique ne seront désormais plus utilisés, mais ils peuvent continuer leur mission car les épluchures de patates méritent le papier de qualité qu’ils nous fournissent.

Samuel Gontier a d’ailleurs fait un article dans Telerama pour rappeler tous ceux qui ont salué « le pari » d’Emmanuel Macron… Et Emmanuelle Bouland dans le journal de Saône-et-Loire a fait un beau billet aussi sur la stratégie de « Cassandrer » les scientifiques à des fins bêtement politiques. Et bien sûr, c’est moyennement bien passé auprès de scientifiques

En mars, Cassandre ne plait pas aux amateurs de farce

S’il y a un truc fantastique avec les sociétés savantes de pédiatrie pendant la pandémie, ça a été leur façon d’être toujours à contre-pied. Vraiment, si vous vouliez connaître la direction du sud en 2020/2021, il fallait leur demander le nord.

Le contexte / la réalité : Je ne sais même pas par où commencer. En octobre 2020, sur la base d’analyses scientifiques complètement pétées, ils étaient encore contre le port du masque pour les enfants et tentaient de discréditer ceux qui le recommandaient en faisant de l’argument d’autorité digne des années 1950 dans Ouest France. Lorsque le gouvernement l’a recommandé, ils ont applaudi la mesure comme « la bonne idée qui paraissait indispensable »... avant d’écrire sur leur site en février 2021 (!!) que le port du masque se justifiait « a posteriori » (belle mauvaise foi !)

Et donc cette mesure injustifiée mais justifiée mais a posteriori qui était une bonne idée indispensable, finalement en juin avec l’arrivée du variant delta, ils en prônaient le retrait pour la dernière semaine… Une inépuisable source de désespoiril y a des fils imbriqués dans le premier fil sur #BlanquerFactChecking.

Début mai, Cassandre réclame des objectifs chiffrés

3 mai 2021 : « Il y a toujours des Cassandre pour prédire le pire, mais il faut aussi faire preuve d’optimisme ! » abonde un conseiller ministériel, dans le Monde, « estimant que les critères de surveillance de l’épidémie sont loin d’être laxistes ».

Le contexte / la réalité : Aucun « Cassandre » refuse de faire preuve d’optimisme. Tous les « Cassandre » appellent justement à ce qu’on utilise ces critères de surveillance de l’épidémie pour prendre des mesures fermes à chaque fois que le taux d’incidence décolle. Mais devinez quoi… Emmanuel Macron a dit 1 mois avant qu’il ne conditionnait pas les réouvertures aux indicateurs sanitaires… et de façon générale, il n’a donné aucun objectif chiffré !

Emmanuel Macron, dit Epidémiologiste 1er, le Président qui ne pose aucun objectif et les atteint tous.

Autre exemple plus récent, dans son allocution du 12 juillet, alors qu’il évoquait un nouveau seuil de 200/100 000 (avant de ?), rien n’a été fait les jours suivants pour les EPCI qui dépassaient ce seuil…

Mi-mai, Cassandre ne doit plus être écoutée

17 mai 2021 : pour Gabriel Attal, Emmanuel Macron a eu raison de choisir un calendrier de déconfinement sur des dates et pas sur des seuils épidémiques, ce qui « donne tort à tous les prophètes de malheur ». Le 7 juillet, le même « rongeur d’os » alerte sur le risque de nouvelle vague sans se rendre compte que le problème est situé entre sa chaise et les micros qu’on lui tend.

Le contexte / la réalité : le gouvernement joue à alterner les phases « ce sont des Cassandre qu’il ne faut pas écouter » puis « c’est la merde, qui aurait pu prédire » puis « on s’en sort, c’est grâce à nous, les Cassandre faut pas les écouter ». Le jeu pourrait amuser si nous n’étions pas à plus de 110 000 morts en France... dont 80 000 lors de la 2ème vague, bien plus meurtrière que la première !

2 vagues de mortalité

La 1ère vague ne pouvait être prévenue aisément – même si son ampleur aurait pu être limitée en imposant des masques partout à l’époque, genre quand on allait faire nos courses en plein confinement sans masque…

Vous pouvez remonter ce thread si vous voulez voir la considération d’Auchan et de Carrefour pour leurs clients.

Mais si la 1ère vague pouvait bénéficier d’un « nous n’étions par prêt », il n’en est pas de même pour la 2ème. Le gouvernement a clairement une responsabilité énorme dans le choix de laisser circuler le virus, et des 80 000 morts (0,1 % de la population).

Voilà… comme vous le voyez, Gabriel Attal n’a pas utilisé « Cassandre » mais une formule détournée. De ce fait, je ne résiste pas à vous partager ce tweet qu’il faisait en 2018 pour vanter… Parcours Sup !

Que pense une Cassandre aujourd’hui ?

Les « Cassandre » ne sont pas un groupe défini bien sûr – ce n’est pas toujours les mêmes personnes qui sont visées. Il y a plein de « Cassandre » telles que définies par le gouvernement.

Globalement, ce que « je » prédis aujourd’hui, pour ce que ça vaut, c’est :

  • une explosion des contaminations via le variant delta – qui sera difficilement maîtrisée par le pass sanitaire à partir du 21 juillet (qui est une bonne mesure, mais qui arrive malheureusement à plus de 10 000 nouveaux cas par jour, cas qui vont transmettre en intra-familial là où le pass n’a pas cours… et dans les nombreuses exceptions prévues – restaurant d’entreprise, etc. puis par la rentrée scolaire d’enfants non vaccinés) (à noter que si le pass n’arrive pas le 21 juillet mais le 15 septembre, ça serait rapidement une catastrophe vu l’exemple du Royaume-Uni à notre stade le 9 juin mais avec une meilleure couverture vaccinale… il est inimaginable que l’option puisse même être évoquée).
  • une augmentation inévitable des hospitalisations avec un retard de 10 jours environ et des décès avec un retard de 25 jours environ (dans une moindre mesure par rapport aux contaminations, grâce à la vaccination priorisée pour les plus à risque)
  • donc possiblement 50-60 morts par jour vers le 10 août (on a 3 fois plus de cas qu’il y a 25 jours, et 20 morts par jour actuellement avec le même profil de population vaccinée… sans doute que ça va diminuer et peut-être qu’on sera à 40 morts par jour – doit-on s’en réjouir ?),
  • cette mortalité sera trop faible pour envisager de nouvelles mesures, de la part d’un gouvernement qui a accepté plus de 300 morts par jour pendant de longs mois,
  • une rentrée scolaire de septembre avec des enfants non vaccinés qui vont participer à propager le virus entre familles, en attendant la vaccination,
  • probablement des tribunes pendant l’été de gens qui réclameront le retrait du masque « parce que ce sont des pitchounes »,
  • une augmentation des viroses tout venant lors du retrait du masque annoncé par le ministre de la santé, rendant illisibles et inutilement complexes toutes les infections respiratoires en ville (PCR pour tous, isolement pour toute fièvre en attente de PCR, journées enfant malades, consultations médicales à gogo en plus des vaccinations…)
  • (avec un peu de chance, un port de masque de façon altruiste par les gens malades même quand le masque ne sera plus obligatoire – un élément sur lequel il faudra sûrement des appels citoyens et scientifiques)
  • et enfin la fin de la pandémie grâce à la vaccination – sauf surprise d’un nouveau variant avec échappement immunitaire.

C’est un avis purement personnel, mais je vois difficilement comment on pourrait y échapper. Je suis plutôt « optimiste » sur les hospitalisations / décès – d’autres n’ont pas mon optimisme. Je me dis au moins qu’on ne retrouvera plus le plateau de mortalité aussi long à 80 000 morts.

Est-ce que le pass sanitaire (associé à la vaccination) suffira pour freiner assez efficacement ? Peut-être car c’est vraiment une mesure utile qui a du sens, contrairement au couvre-feu à 21h ou 23h, ou au masque en extérieur.

Est-ce que le pic sera en août, ou aux vacances de la Toussaint ? Je n’en sais rien et en fait, ça importe assez peu pour l’instant. Rien n’est écrit. La vague à venir n’est « écrite » dans aucun livre – pas la peine d’aller à Lourdes. Son ampleur, sa durée, son plateau, sa décroissance ne dépendront que des décisions qui seront prises.

Ce qui compte, c’est la prévention pour limiter le nombre de cas. Parce que de grands nombre de cas, c’est plus d’hospitalisations, de réanimations… mais aussi plus de risque d’émergence d’un nouveau variant plus contagieux ou échappant à la vaccination… mais également le risque de découvrir dans x années que le virus puisse entraîner des effets retardés (personnellement je trouve qu’on manque de recul sur ce virus).

Ce qui compte, c’est prendre des mesures adaptées au moment adéquat. C’est donc se baser sur les indicateurs sanitaires et prendre des mesures fortes pour freiner afin d’avoir tous les EPCI (communautés d’agglomérations) avec un taux d’incidence sous le seuil d’alerte à 100/100 000 par exemple – seuil à définir collectivement sur ce qu’on accepte en contaminations, et sans doute à affiner par tranche d’âge et par taux de vaccination ! Nous avons les moyens d’avoir cette finesse ! Ou alors il faut avouer publiquement qu’on mise sur une immunisation hybride avec contamination des jeunes cet été pour économiser des doses de vaccins…

Pour freiner, ça n’implique ni masque en extérieur ni couvre-feu, comme ce qui a été prévu en Pyrénées, mais ça implique dans ces lieux où le virus circule au-delà du seuil d’alerte de s’appuyer sur ce qui fonctionne(ra) :

  • le masque en intérieur (maintenu jusqu’à ce qu’on sorte réellement de cette pandémie),
  • les incitations au télétravail pour les non-vaccinés,
  • le pass sanitaire dès mercredi 21 juillet et sans les exceptions,
  • les protocoles d’aération pour les lieux clos,
  • des nouvelles re-fermetures temporaires des lieux sans masque (restaurants en intérieur – y compris en entreprise -, salles de sport en intérieur, discothèque…)
  • … et idéalement anticiper, pour éviter de découvrir sur le tard qu’il y a une rentrée en septembre et un automne en octobre (en pleine vague, avoir des enfants sans masque qui font circuler des tas de virus, ce n’est pas raisonnable avec ce que ça implique en terme de surcharge du système de santé en ville, d’absentéisme, de tests PCR à répétition et de risques méconnus à long terme).

Mais bon, ce n’est qu’un avis de Cassandre…

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L’absurdité des feuilles de soins dégradés

Depuis le 1er juin 2021, les médecins doivent renvoyer aux (différentes) caisses un duplicata papier ET un bordereau récapitulatif des feuilles de soins télétransmises par voie électronique sans carte vitale (feuilles de soins dégradées ou FSD). Et c’est complètement absurde.

Alors, dit comme ça, ça peut paraître un peu complexe, mais je vais essayer de faire clair.

En fin de consultation, le médecin peut vous faire payer la consultation totalement, en partie ou pas du tout… (respectivement 25€, 7,50€ ou 0€ pour une consultation de médecine générale). Mais dans tous les cas, il faut envoyer une « facture » (ou feuilles de soins) à l’Assurance maladie pour leur dire ce qui a été fait et qui a payé combien.

Cette facture peut être faite de 3 façons :

  • feuille de soins papier (FSP) : à l’ancienne, avec des papiers commandés sur le site de l’Assurance Maladie, nominatifs ;
  • feuille de soins électronique (FSE) : il faut un lecteur de carte vitale (acheté par nos soins), une carte de professionnel de santé (CPS) et la carte vitale du patient ;
  • feuille de soins en mode dégradé (FSD) : il faut un lecteur de carte vitale et une CPS… mais pas la carte vitale du patient.

Jusqu’à mars 2020, il fallait envoyer un duplicata papier et un bordereau de rattachement à chaque fois qu’on faisait une FSD ! C’est complètement grotesque, puisque cette feuille ne sert à rien en matière de lutte contre la fraude (seul intérêt qu’on pourrait y voir).

Par exemple, si j’ai le numéro de sécurité sociale d’Emmanuel Macron, là je pourrais aisément envoyer une FSD mensongère disant que je l’ai vu en consultation, en visite, que je lui ai fait une spirométrie, un ECG… et je serais remboursé par l’Assurance maladie. Ensuite quand ils me réclameraient un duplicata, j’aurais 2 clics à faire sur mon logiciel pour le sortir, puis leur envoyer.

Pendant longtemps, cette absurdité a été dénoncée… au point que les professionnels de santé disaient « il ne faut pas faire de FSD qui nécessite 2 papiers, alors que la FSP n’en nécessite qu’un seul ! », ce qui rendait moins simple le travail administratif au niveau de la CPAM.

Puis vint la pandémie – je pense que vous avez été mis au courant.

Et là, il fallait limiter la manipulation de papiers (« au cas où ça se transmettrait par les mains »), limiter les allers-venues des employés à l’Assurance maladie…

Donc, il fallait trancher dans les bullshit jobs.

Autant dire qu’à ce moment-là, « vérifier par un papier inutile une facturation déjà remboursée il y a 1 mois de façon automatique » ça n’était pas trop la priorité.

Puis le 20 mai, l’Assurance Maladie nous envoie un mail disant qu’à partir du 1er juin, il faudrait reprendre l’envoi de ces duplicatas inutiles, dont tout le monde s’était passé pendant 15 mois.

A peu près tous les syndicats se sont saisis de la question pour dénoncer ce rétropédalage et ce manque de confiance de l’Assurance maladie… Mais même derrière le manque de confiance, c’est surtout l’inutilité qui frappe : à quoi sert un document papier aussi inutile ?

C’est comme si vous aviez un assureur privé (MMA, MACIF, MACSF, etc.) à qui vous envoyez un mail pour dire « j’ai un bris de glace sur ma voiture, voici le devis du garagiste et la photo » et qui vous répondrait alors « merci, nous avons bien reçu votre mail, pouvez-vous nous l’imprimer et nous l’envoyer par voie postale, accompagné de la photo en 10×15 sur papier mat avec bords blancs ? 🙂 »

SANS. DÉCONNER.

Je passe brièvement sur l’aspect écologique de demander à 50 000 médecins généralistes en France de détruire des ramettes de papier dans le vent.

J’ai quand même une pensée émue pour ces employées de l’Assurance maladie qui sont retournés au boulot en présentiel courant 2021, à qui on a dit « bon bah, vous reprenez votre travail de contrôle des FSD en papier…

  • Ah mais il doit y avoir beaucoup de retard ?!
  • Non, non.
  • Quelqu’un l’a fait en mon absence ?
  • Non plus.
  • … mais du coup, c’est inutile ?
  • Voilà. Allez, au travail.

Je sais que la vie n’a souvent pas beaucoup de sens, mais là quand même, c’est un peu violent.

Breeeef, du coup le 2 juin, j’ai envoyé un mail au directeur de ma caisse locale et au DG de la CNAM, Thomas Fatôme (marrant, son mail fonctionne…). Pour ceux qui veulent s’en inspirer pour leurs correspondants s’ils viennent à être embêtés, je le mets en fin de mail.

Et hier, suite à un premier courrier de la CPAM d’Artois (pas ma caisse principale), j’ai répondu sur leur facebook – là aussi, je mets en fin de mail, si certains veulent s’en inspirer sans avoir à réinventer la roue.

Voilà… espérons quand même que les syndicats réussissent à rapidement négocier un rétropédalage de ce rétropédalage, et qu’on puisse revenir à la version simplifiée (et pratique) des FSD, permettant à tout le monde d’être remboursé plus rapidement (médecin – qui s’en fiche en général -, et surtout patient), d’éviter des trajets inutiles vers la CPAM, d’éviter de détruire du papier, d’éviter de gâcher du temps médical, d’éviter d’employer quelqu’un à faire du vide… et recentrer tout le monde sur le soin.

Pendant une pandémie, c’est toujours utile d’avoir du temps de soin.

COPIE DU MAIL DU 2 JUIN

Bonjour Mesdames et Messieurs, 
J’ai trois questions à vous posez concernant votre vision du temps des médecins généralistes. 
1 – Pourquoi du papier ? 
Comme tous les médecins de France, j’ai reçu le mail relativement laconique concernant la reprise des duplicatas papiers et bordereaux concernant les feuilles de soins en dégradé.Cette fonction m’était bien pratique pour valider et me charger des cotations des actes réalisés par mes internes, pour les téléconsultations, pour les patients ayant oublié/perdu/cassé leur carte vitale.
Ne comprenant pas l’intérêt de duplicatas, je me permets de vous poser directement la question : quel est l’intérêt de ce papier ?
J’en devine 2 : 
—> considérer par défaut que tous les médecins sont des fraudeurs, et qu’il est capital de les « surveiller » (?) avec un papier absolument inutile (ce qui serait ridicule puisque ça n’empêcherait en réalité aucune fraude, la seule « surveillance » venant des patients eux-mêmes qui reçoivent leurs décomptes…),
—> occuper des gens avec un bullshit job consistant à vérifier manuellement ce qui se fait électroniquement. 
Ca avec en parallèle l’appel de la CPAM pour proposer un assistant médical qui s’autofinancerait (de façon fantasmée) grâce à une augmentation d’activité et de patientèle, je trouve ça absurde. Evidemment, j’ose croire et espérer qu’il y a une autre raison, mais en absence de communication claire à ce sujet, je ne parviens pas à l’imaginer. Donc, comme dit en titre : à quoi servent ces papiers, dont nous avons tous pu nous passer pendant 14 mois avant de redécouvrir qu’ils sont nécessaires et indispensables ? 

2 – Pourquoi polluer ? 
Si vous êtes en mesure de me donner une explication correcte au point 1, pouvez-vous m’indiquer si un système d’envoi par mail de ces duplicatas papiers est prévu dans une démarche écologique ?

3 – Pourquoi ne pas nous aider plus rapidement sur la vaccination à la place ? 
Enfin, je sais que le projet est sur la table depuis au moins fin avril et qu’il est soutenu, mais si nous pouvions avoir rapidement un accès à notre patientèle vaccinée / non vaccinée, immunisée (contaminée) avec les dates, les vaccins, les dates de rappel et le fait que ça ait été fait ou pas, ça nous serait vraiment très utile.
Je ne vois rien de plus urgent de la part de la CNAM pour la médecine générale à vrai dire : pour l’heure, je dois appeler 25 patients pour en trouver 10 non vaccinés et leur proposer le Moderna (oui, parce que je tiens un tableur de mes patients afin de continuer à prioriser mes patients les plus à risque… sauf qu’ils ont pu se faire vacciner ailleurs entre temps). Alors c’est vrai, je sais qu’il y a des duplicatas de FSD à contrôler sous format papier, mais de l’aide pour nous faire gagner du temps plutôt qu’en perdre, ça serait précieux. 
Si ce mail vous apparait inconvenant, sachez le temps consacré à sa lecture est ce que certains généralistes en France (dont je fais partie) vont désormais subir chaque jour suite à votre décision. 
J’espère donc que vous accepterez de me consacrer un peu de votre temps pour la réponse. 

COPIE DU MESSAGE FACEBOOK DU 6 JUILLET

Bonsoir.
Rien à voir, mais je suis médecin généraliste et je vis en 2021… Je vous contacte donc par le seul moyen qui m’est donné ce 6 juillet à 17h30 (le 3608 étant fermé à cette heure tardive et vous avez bêtement oublié de mettre une adresse mail, mode révolutionnaire de communication du XXIème siècle que je vous incite à adopter dans un proche avenir, par exemple en 2076).
Je fais donc suite à votre courrier du 1er juillet m’incitant à vous contacter avant le 13 juillet (pas du tout en période estivale, j’aime bien les ultimatums, surtout avec un peu de poivre et une petite salade, ça passe très bien).
Sans réponse de ma part dans les 10 jours après votre courrier automatique et déshumanisé, vous allez être « dans l’obligation de constater un indû » d’une facturation en tiers payant d’une consultation réalisée en juin.
Il va de soi que cette consultation a bien eu lieu, et que j’ai effectué la facturation en « dégradé » (FSD) parce qu’il n’y avait pas de carte vitale ou pas de lecteur de carte vitale à ce moment-là.Je sais que c’est une décision (stupide) nationale de réclamer des papiers pour les FSD et pas seulement liée à la CPAM de l’Artois. Néanmoins, pendant 15 mois, vous avez accepté les FSD sans justificatif papier, car ils sont inutiles et qu’il faut bien avouer que ça vous arrangeait (ça n’était pas pour les médecins que vous l’avez fait mais égoïstement pour vous).
Aujourd’hui, depuis fin juin, la CNAM demande que tout le monde refasse ce papier inutile.Sachant que les médecins généralistes sont bien occupés par ailleurs pour leur activité normale, le rattrapage du retard lié à la pandémie, la vaccination, pensez-vous que c’est judicieux ?
Peut-être que toute cette belle énergie visant à contrôler des papiers inutiles de facturations déjà remboursées pourrait être consacrée à – je dis ça au hasard – FOURNIR LA LISTE AUX MG DE LEURS PATIENTS VACCINÉS OU NON VACCINÉS (oui je sais, la CNIL…), ou à défaut CONTACTER ET AIDER CES PATIENTS, POTENTIELLEMENT EN SITUATION DE PRÉCARITÉ OU D’ISOLEMENT À OBTENIR UN RENDEZ-VOUS ?
Je vous ferai donc parvenir par courrier postal un de ces jours le papier inutile ne prouvant rien du tout quant à la consultation qui bien eu lieu en juin, afin que vous ne me réclamiez pas les 17,50€ que vous m’avez dûment versés.
Il me semble que vos sentiments ne soient pas aussi dévoués que votre formule de politesse le prétend ; recevez les miens en échange.
Votre correspondant habituel.

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Mon programme 2022 : Ma Route !

Ce titre et ce billet sont gentiment provocateurs ; ils sont en réalité là pour donner le programme pour lequel j’aimerais voter en 2022…

Voici mon pré-programme, en version de travail. Nous ajouterons ensuite des jolies photos et des phrases vides de sens telles que :

Retrouver notre esprit de conquête pour bâtir une France nouvelle.

En-tête du programme d’Emmanuel Macron en 2017

Je vais parler surtout de ce que je connais / pense connaître, désolé de ne pas évoquer des questions épineuses sur le monde agricole, sur l’écologie, sur l’économie, sur l’immigration et l’émigration, sur les flux des marchandises, etc.

Je n’ai évidemment pas la prétention de dire que c’est « la solution », mais c’est en tout cas le programme qui me donnerait envie de croire en ses porteurs.

Quels sont les trois principaux problèmes actuellement pour moi ?

  1. Des gens meurent / vont mourir précocement
  2. Des gens souffrent d’une mauvaise qualité de vie
  3. Le reste de la biodiversité souffre

Avant de détailler, voyons de quoi meurent les gens en France (oui, c’est pour être Président de la France, qui a bien sûr d’autres problématiques que d’autres pays). Pour cela, le BEH du 12 novembre 2019 détaille les causes de décès de 2016.

Tableau repris sans leur accord, c’est mal, mais partager la science, c’est bien…

Si nous zoomons sur ces problèmes (de façon empirique et non exhaustive), nous pouvons les découper en problèmes de plus petite taille… Je propose ensuite les possibilités d’évolution qui constituent « mon » programme, celui que je voudrais lire pour glisser avec intérêt mon bulletin dans l’urne dans 2 ans…

  1. Des gens meurent précocement / vont mourir précocement… à cause :
    1. De maladies liées à des causes évitables
      1. Tabac
      2. Alcool
      3. Malnutrition
      4. Sédentarité
      5. Infections (et risque d’antibiorésistance)
      6. Suicide
      7. Pollution
      8. Violences
        1. Familiales
        2. Sociétales
    2. D’accidents évitables
      1. De voie publique
      2. De travail
      3. Domestiques
    3. De manque de soins
      1. Manque d’argent / situation de précarité
      2. Désertification médicale
      3. Faible éducation à la santé
    4. Des soins (iatrogénie)
    5. Du manque d’argent (pauvreté / précarité)
    6. De l’environnement
      1. Pollution
      2. Conséquences du changement climatique
  2. Des gens souffrent d’une mauvaise qualité de vie… à cause de la précarité (absence « inacceptable » d’une sécurité) :
    1. Manque d’argent
      1. Non accès aux droits par complexité administrative
    2. Chômage
    3. Isolement social
    4. Logement insalubre
    5. Incapacités / handicaps
    6. Manque d’accès aux activités de loisirs
    7. Complexité administrative excessive
  3. Le reste de la biodiversité souffre, notamment par :
    1. Destruction de l’habitat naturel
    2. Braconnage
    3. Pollution des eaux
      1. Par le plastique
      2. Par pesticides et produits chimiques
    4. Réchauffement climatique
    5. Surexploitation (surpêche, élevage intensif…)
    6. Maltraitance animale

Que proposer alors ? Les mesures sont proposées selon le plan ci-dessus, n’y voyez pas une hiérarchie (sinon, bien sûr que le logement pour tous serait avant les pistes cyclables…)

  1. Prise en charge des soins à 100 % par une caisse unique de sécurité sociale :
    1. Suppression des caisses multiples (aucun sens, des dépenses inutiles)
    2. Suppression de la part forfaitaire (majoration du reste à charge, sorte de « taxe à la maladie »…)
    3. Disparition des mutuelles et assurances santé (les prévoyances sont encore possibles pour s’assurer d’un risque particulier).
      1. Ces mutuelles créent des disparités, n’ont pas vocation à être utiles pour les plus pauvres (CSS ou ex-CMU), pour les plus malades (ALD) ou en période de pandémie (téléconsultations prises à 100 % par l’Assurance Maladie en 2020 pour simplifier…) et sont coûteuses en frais de gestion (ces coûts sont évidemment reportés sur les cotisants…).
      2. A l’heure actuelle, la consommation de soins et biens médicaux est d’environ 200 milliards, dont 156 milliards couverts par l’Assurance Maladie (soit 75 % où elle est censée représenter environ 70 %), 26 milliards par les mutuelles/assurances/prévoyances (soit 1/7ème où elles sont censées représenter environ 30 %) et 15 milliards par les ménages (page 154 de ce document). Devinez qui parasite ce système ?
      3. Les cotisations aux mutuelles sont évidemment reprises par l’Assurance Maladie, ce qui diminue les bénéfices des mutuelles/assurances certes (c’est triste) mais diminue aussi le « trou de la sécurité sociale » (c’est cool)… Ce qui sera utile pour les mesures suivantes…
  2. Financement de la recherche dans tous les domaines : santé, écologie, sciences humaines et sociales… et tenir compte des résultats de ces recherches dans les décisions politiques (oui, je sais, c’est disruptif).
    1. … et notamment en écologie ! Le mouvement « écolo » en France en 2020 est malheureusement en opposition sur ce point : il est plus idéologique que scientifique, mené par des antivax… L’écologie EST une science.
  3. Lutte contre le tabac
    1. Globalement les mesures les plus efficaces sont déjà en place.
    2. Interdiction de l’achat à l’étranger : ça a été récemment limité pour les cartouches de Belgique, mais soyons honnêtes, on ne ramène pas des cartouches de cigarettes comme un cadeau, mais bien parce que le prix est moins cher. L’autorisation avec limitation est donc une décision curieuse, susceptible d’augmenter les allers-retours…
    3. Ouverture du droits à prescription de substituts nicotiniques à d’autres professionnels de santé (pharmaciens, tabacologues, diététiciens, etc.)
  4. Lutte contre l’alcool
    1. Très peu est fait en France… L’ANPAA a fait 10 recommandations.
    2. Indiquer la quantité en grammes d’alcool sur les bouteilles, les seuils recommandés par l’OMS, les seuils légaux (conduite automobile…)
    3. Interdire la publicité sur l’alcool, le sponsoring de l’industrie de l’alcool et les liens avec les pouvoirs publics. Pas besoin de ça pour savoir que ça existe ; la publicité n’a donc vocation qu’à rendre l’alcool « sexy et fun ».
  5. Lutte contre la malnutrition et la sédentarité
    1. Remboursement par l’assurance maladie des consultations de diététicien
    2. Meilleure couverture des soins dentaires
      1. Simplification des cotations
      2. Prise en charge à 100 % des soins dentaires (complètement dingue ? les soins dentaires s’élèvent environ à 9 milliards d’euros par an, dont 3 pris en charge par l’Assurance Maladie. Augmenter de 6 milliards d’euros, c’est donc moins ambitieux que le programme proposé par le Ségur de la Santé 2020 dont nous ne verrons probablement aucun effet concret sur la santé des gens).
    3. Programmes locaux d’incitation à l’activité physique
  6. Lutte contre les infections :
    1. Education à l’hygiène dès l’école, avec lavabos et savons dans chaque classe (on relance l’économie de la plomberie, comme s’ils s’ennuyaient déjà \o/)
    2. Installation d’un système de ventilation mécanique dans chaque classe (centrale de traitement d’air, ou VMC ou à défaut extracteur d’air, selon la pertinence scientifique et architecturale)
      1. Pour l’exemple, il y a 286 000 classes d’écoles primaires en France ; le coût d’une VMC unique installée est de 3 000€, soit 860 millions de dépense pour une VMC par classe en une seule fois… en comptant très large, puisque l’installation de 4 VMC dans une école ne coûte pas 12 000€, surtout quand les municipalités ont des services techniques….
      2. Le budget est très simple à trouver, puisque l’Education Nationale va consacrer 1,6 milliard d’euros par an pour l’inutile Service National Universel (SNU).
    3. Mise à disposition généralisée de masques dans les lieux publics pour les personnes malades (en particulier l’automne-hiver)
    4. Lutte contre l’antibiorésistance par une analyse des prescriptions de prescripteurs « anormaux » de fluoroquinolones et céphalosporines de 3ème génération (libéraux ou hospitaliers)… et pas en valeur absolue, pas en pourcentage des prescriptions d’antibiotiques, bande de moules.
    5. Supprimer le délai de carence en cas d’arrêt maladie… (ce délai de carence incite à ne pas prendre des arrêts courts, tels que virose respiratoire, gastro-entérite, et donc à disséminer ces infections dans les lieux de travail, ce qui est un mauvais calcul).
    6. Envoi systématique de courriers simples de prévention validée à certains âges de la vie (comme MT’Dents) : proposition annuelle de dépistage IST de 16 ans à 25 ans par exemple ; vaccins à 25, 45, 65 ans.
  7. Lutte contre le suicide, le mal-être, les violences familiales :
    1. Remboursement des soins de psychologue à 100 % par l’Assurance Maladie.
    2. Créer un parcours dédié aux violences conjugales dans la « chaîne pénale », compte tenu du caractère particulier (même lieu de vie !)
    3. Lutter contre la précarité, facteur de risque de violences et suicides (nous en parlerons plus bas).
    4. (Notez que je peux développer 12 mesures à chaque fois qui font joli comme « informer les professionnels de santé », « former les médecins généralistes au risque suicidaire », « développer des programmes d’accompagnement »… Mais ça existe déjà, tout est améliorable, mais autant parler de vraies mesures fortes et claires. Le blabla sera évidemment ajouté sur le vrai programme, avec les photos de bains de foule :D)
    5. (Pour la lutte contre les violences sociétales : miser sur l’éducation, lutter contre la précarité, et à défaut sur la sécurité).
  8. Lutter contre les accidents évitables au travail, en voie publique ou à domicile (et lutte contre la pollution) :
    1. Bilan annuel des accidents de travail par type, gravité, secteur et entreprises. Travail collaboratif avec la médecine du travail et l’ingénierie pour limiter ces accidents.
    2. Développement et gratuité des transports en commun (comme dans certaines villes), afin de limiter le trafic donc la probabilité d’accidents, et la pollution donc les pathologies respiratoires… Initialement dans les grandes villes puis « partout sur le territoire à l’horizon 2028-parce-que-je-pense-déjà-à-2027-je-suis-un-professionnel-de-la-politique »
    3. Lutte contre les risques au volant (alcool : cf. supra)
    4. Développement des pistes cyclables sécurisées en France sur le modèle des Pays-Bas
    5. Remboursement de l’ergothérapie de ville – peut-être par obligation de salarié au sein de communautés d’agglomérations (on forme ces professionnels en France, spécialisés dans l’adaptation de matériel et de logement, mais ils ne sont pris en charge qu’en milieu hospitalier et pas en ville…)
    6. Et arrêter de faire bosser des gens de plus de 60 ans dans la manutention. Sérieusement, je sais que c’est un peu populiste de dire ça, mais il faut probablement arrêter de laisser à des bureaucrates n’ayant jamais fait de manutention ou de travail de force répétitif la décision de repousser l’âge des retraites… Après ils disent des bêtises et « n’adorent pas le mot pénibilité ».
  9. Accès au logement pour tous : instaurer le « droit au logement » comme le droit à l’éducation ou aux soins
    1. Création de logements sociaux, voire de « logements d’Etat » : environ 200 000 personnes en France sont sans abri. Un programme de 10 milliards d’euros pourrait instaurer 200 000 logements de 50 000 euros pour loger ces personnes partout où il y a besoin sur le territoire (oui, pas forcément à Paris intra-muros).
    2. Lutte contre les accidents domestiques par la lutte contre les logements insalubres. Aucun logement social d’aucune commune de France ne devrait être insalubre en 2022 ; pourtant, pour nous médecins libéraux faisant des visites au domicile des gens, il est facile de constater les lieux problématiques parmi les squares ou HLM… Un vrai plan en faveur du logement salubre est à mener.
  10. Lutte contre la désertification médicale :
    1. Education à la santé : faire de l’information grand public sur les consultations les plus fréquentes pour les médecins généralistes, avec des messages simples et clairs à faire passer ; quelques exemples :
      1. fièvre J1 : quand consulter, quand patienter, etc. ;
      2. HTA, diabète : pourquoi un suivi trimestriel est généralement suffisant ;
      3. Kinésithérapeute : non, ce n’est pas un salon de massage mais une thérapie par le mouvement en général ;
      4. Hypnotiques au long cours : quels effets indésirables, comment sevrer, pourquoi on peut toujours réussir le sevrage ;
      5. Les « fakemed » : quels sont leurs dangers, qu’est-ce qu’il faut savoir sur ces « croyances religieuses en santé » ;
      6. Toute consultation ne nécessite pas d’ordonnance ;
      7. etc.
    2. Arrêter. De. Prendre. Les. Médecins. Pour. Des. F*cking. Assureurs. (NB. Penser à simplifier cette phrase pour le programme final).
    3. Arrêter de demander aux médecins de signer des papiers illégaux pour des assureurs véreux (d’ailleurs, si votre assurance demande que votre médecin signe un papier avec tous vos antécédents pour pouvoir vous indemniser de ce pourquoi vous avez cotisé plusieurs années, signalez-le ici : secret-medical@quechoisir.org)
    4. Supprimer l’obligation de CERFA pour des arrêts de travail de 1 à 3 jours, à raison de 3 épisodes par an. « On disait » qu’un salarié pouvait prendre 3 fois 2 jours consécutifs d’arrêt maladie sans Cerfa par an. Inutile de consulter un médecin pour dire « j’ai fait caca mou hier, ça va mieux… » Vous croyez que les gens vont abuser ? Bah déjà ils pourraient le faire MAIS en consultant un médecin en plus (pour dire « j’ai fait caca mou / j’ai eu mal au dos », promis ça marche), et ensuite perdre 40 % du salaire journalier, ça ne fait plaisir à personne. (Cette mesure n’implique pas qu’il n’y ait aucune possibilité de contrôle si les employeurs le souhaitent pour les rares personnes qui voudraient faire des ponts ou des longs week-ends… mais juste que ces contrôles n’ont pas à être effectués par leurs médecins traitants. Il semblerait quand même que « la confiance » dans les employés soit un modèle de « management » plus pertinent que la méfiance et le fliquage).
    5. Supprimer le « certificat enfant malade ». Les patients prennent des rendez-vous pour demander un papier certifiant qu’ils ont dû rester à la maison pour garder leur enfant, alors que c’est dans leur contrat de travail. Avoir besoin d’un certificat de médecin pour dire « oh bah il m’a dit que son enfant était malade, ça doit être vrai », ça n’a aucun sens, ça coûte des sous et du temps, pour rien. Arrêtez ça.
    6. Simplification administrative :
      1. les dossiers APA devraient être gérés sans papier, avec un numéro unique et un évaluateur se déplace et attribue ou pas, après sa propre évaluation (aujourd’hui, le médecin rédige un long courrier, qui est remis à une secrétaire, qui remet à une infirmière, qui vient faire l’évaluation elle-même et décide en conséquence…).
      2. les dossiers MDPH devraient être simplifiés et avec des circuits courts. Une personne non voyante, ayant déjà un dossier connu par la MDPH, devrait pouvoir demander une prestation compensation du handicap rapide pour un outil utile (telle qu’un bloc-note braille) sans attendre des délais inadmissibles de 6 mois, y compris en période de vacances ou toute autre « excuse ». Bref, l’accès aux droits pour les patients doit être simplifié et l’aspect social distingué de l’aspect médical !
      3. les prescriptions médicales de transport, faut supprimer aussi. C’est tout sauf médical. C’est du contrôle administratif délégué à des médecins, en partant de l’hypothèse : « tout ambulancier et tout patient sont malhonnêtes ». Comment faire ? Eh bien le patient ayant besoin d’un transport pour ses soins appelle un ambulancier. Ils font ensemble le point. L’ambulancier fait une feuille de soins pour la CPAM si c’est justifié ou fait payer le patient sinon. Le médecin n’a rien à voir dans ce binôme assuré – prestataire de service de transports. Vous voulez des contrôles ? Ok. Payez des contrôleurs. Vérifiez si les transports correspondent à des consultations, je m’en fiche mais arrêtez de prendre les médecins pour des contrôleurs/assureurs de véracité !
    7. Revaloriser les pharmaciens d’officine avec un rôle de « pharmacien référent » et des objectifs (limiter certains traitements, sevrer en tabac, éviter les interactions, aider à la coordination ville-hôpital, gate-control de prescriptions déviantes valorisé – telles que les antibiothérapies à risque de résistance…)
    8. Développer et revaloriser les structures de soins à domicile (revalorisation des actes et frais de déplacement des IDE/kinésithérapeutes/auxiliaires de vie/orthophonistes : actes de prévention, d’éducation et de prise en charge comme dans la fin de vie…)
    9. Rembourser ceux de qui nous faisons mal le travail : les psychologues, les diététiciens (cf. supra)
    10. Favoriser la délégation de taches : recours facilité et autonomisation des kinésithérapeutes (lombalgie, entorses…), autonomisation des IDE (pas besoin d’ordonnance pour dire « toilette 2/j, délivrance med 1/sem » : on ne fait que noter ce qu’on nous demande)…
    11. Libérer du temps « organisationnel » : avoir un interlocuteur unique pour les projets médicaux et consignes sanitaires (plutôt que ARS, CPAM, CDOM/CNOM, Federation des maisons de santé, CPTS, DGS, URPS, Préfecture…) Un interlocuteur unique qui répond (expérience @SPostillons : aucune écoute « officielle »).
    12. Décloisonnement des spécialités avec possibilité de validation d’acquis (pensée pour les internes en DES de médecine d’urgence, qui dans 20 ans se poseront peut-être la question d’une complexe reconversion, dans un contexte de pénurie de certaines spécialités…).
  11. Lutte contre la iatrogénie
    1. Favoriser la pratique professionnelle basée sur les preuves pour tous (médecins, kinésithérapeutes, infirmiers, pharmaciens, etc.), notamment par l’éducation à la santé des patients
      1. Si on dit clairement que les ventouses dans le dos, c’est basé sur rien de scientifique, il n’y aura ni demande ni offre ; c’est sûr que si on voit tous les sportifs en photos avec, on crée les deux…
      2. … ce qui implique de développer AUSSI le métier de journaliste scientifique dans les principaux médias.
    2. Revalorisation du rôle des pharmaciens
    3. Développement, valorisation et diffusion large d’outils informatisés d’aide à la prescription conformes aux dernières données (EBMFrance.net, Vidal Recos, HAS, Kit Medical et tous les sites qu’il référence – Antibioclic…)
    4. Meilleure information quant aux molécules avec balance bénéfices-risques défavorables (simple exemple : le febuxostat est à risque de surmortalité si antécédent cardiovasculaire ; en 2019, il en a été remboursé 520 000 boîtes entre 20 et 60 ans et 2,42 millions pour les plus de 60 ans, soit au moins 200 000 patients concernés – si vous voulez vérifier, prenez la base ATC5 de 2019 sur OpenMEDIC, et filtrez sur cette molécule).
      1. Et là encore, je pense qu’il y a une place majeure pour le journalisme scientifique médical en France.
  12. Lutte contre le réchauffement climatique
    1. Changer notre mode de consommation
    2. Privilégier les productions locales
    3. Limiter les transports polluants, en privilégiant le télétravail, les transports non polluants et transports en commun
    4. … bref, suivre les recommandations internationales sur le sujet et écouter les experts
    5. (Alternative : trouver dans les plus brefs délais un moyen technologique novateur pour aspirer le CO2 de l’atmosphère en quantité contrôlée pour le balancer dans l’espace. Mais les experts disent de ne pas se faire d’illusion, alors écoutez les experts).
  13. Lutte contre la précarité
    1. Logement salubre pour tous (cf. plus haut). Ca demande des sous, mais ça crée de l’emploi. Ca a l’air pas mal.
    2. Lutte contre le chômage…
      1. Il y a 26,9 millions d’actifs en France et 2,8 millions de chômeurs (source INSEE) ou 5,5 millions de demandeurs d’emploi en incluant les interimaires et ceux ne cherchant pas d’emploi (source Pôle Emploi)
      2. Le taux d’activité des 55-64 ans a augmenté (vieillissement de la population et recul de l’âge légal à la retraite).
      3. La DRESS notait en 2018 que « la part des personnes de 60 ans et plus dans les arrêts de travail augmentait (7,7 % des indemnités journalières en 2016 contre 4,6 % en 2010) » et que « ce constat est probablement lié aux réformes des retraites ».
      4. Bref, vous me voyez venir normalement, mais diminuer l’âge de départ en retraite permettrait de lutter contre le chômage, en diminuant les arrêts de travail, les accidents, les soins médicaux… Si on teste le « simulateur retraite » de l’Institut Montaigne, on peut mettre tout le monde à la retraite à 60 ans avec le minimum de trimestres à cotiser (160-164), au pire en 2060, les caisses auront un déficit de 106 milliards par an… mais cela n’inclut en rien la diminution des dépenses de santé attendues, la diminution du taux de chômage total – naturellement, si l’âge de retraite diminue, le taux de chômage diminue !
      5. Il s’agit principalement d’un avis médical dans une vision vaguement holistique, qui ne mérite qu’à être confronté à un avis d’économiste.
    3. Simplification des prestations sociales et redéfinition de leur objectif
      1. Il existe un nombre grandissant de prestations sociales en France (exemple ici : allocations familiales, RSA, APL, ASF, APE, ARS, AAH…), et il est difficile de comprendre les droits auxquels prétendre (exemple ici…)
      2. Il semble que l’objectif soit « que chacun ait des minima sociaux permettant un niveau de sécurité jugé suffisant pour ne pas être dans une précarité »
      3. Dans ce cas, la meilleure réponse à l’objectif est de définir un seuil de « revenu minimal pour toute personne en France, en fonction de l’âge », puis par une soustraction savante, faire « prestation sociale = revenu minimal attendu du foyer – revenus du foyer ». Une sorte de revenu universel, en somme…
    4. Lutte contre les emplois interdisant tout épanouissement. Notamment lutte contre les « petits chefs » qui pourrissent la vie de leurs concitoyens, abusent de leurs pouvoirs… et sont clairement responsables d’un grand nombre d’arrêts de travail prolongés non liés à une maladie cardiovasculaire ou un cancer.
    5. Lutte contre l’isolement social : développement de foyers hébergement pour personnes âgées non dépendantes ; favoriser l’accès aux activités de loisirs
    6. Favoriser l’insertion des personnes ayant des incapacités (handicaps), notamment dans les transports
  14. Lutte contre l’appauvrissement de la biodiversité et la souffrance animale.
    1. Je renvois aux points précédents sur l’écologie : consommer mieux et écouter les experts…
    2. Je ne développe pas plus, le billet est déjà trop long, et on s’éloigne clairement de mon domaine d’expertise « médico-social »…
  15. Enfin, et c’est le dernier point mais sûrement le plus important : il faut retrouver notre esprit de conquête pour bâtir une France nouvelle.

Il y aurait encore pas mal à dire.

Question immigration, je suis plutôt du genre accueillant (il me semble que la devise de la France comporte « fraternité » non ?). D’ailleurs c’est assez curieux de tant se passionner sur les retraites et le manque de cotisants, et en même temps refuser des actifs.

Je pense que les élus doivent avoir une certaine exemplarité (sans tomber dans une « haine de tout élu », le droit à l’erreur est possible pour tout être humain…) : par exemple, quelqu’un qui aurait fait un abus de pouvoir ne mériterait pas d’avoir plus de pouvoir… Ça peut sembler dingue, je sais.

Oh et bien sûr, pour financer une partie de cet onéreux programme (bien que certains points se nourrissent comme souligné plus haut), il faut aussi lutter activement contre l’évasion fiscale, et se calmer sur « l’optimisation » qui ne font que creuser à la pelle les inégalités.

Voilà.

Ce programme est sous licence : FCQVVAMAL (Faites Ce Que Vous Voulez Avec Mais Appliquez Le).

EDIT A PARTIR DU 29 JUILLET :

  • Point 16 : Allonger les congés parentaux
    • Pour le congé maternité : avec 16 semaines (indemnisées à 100 %), la France est au milieu en Europe, loin derrière la Suède (75 semaines indemnisées à 80 %)… Or, pendant le confinement, les naissances prématurées ont diminué, probablement en lien avec : l’absence de transports pour aller travailler (et d’expositions aux infections), le télétravail, le chômage partiel.
    • Il semble donc médicalement (et socialement) pertinent d’allonger le congé maternité… Il est évident que des questions budgétaires sont en jeu pour coller à la pertinence médicale (arrêt dès 24 semaines d’aménorrhée plutôt que 34 ?) et qu’il pourrait être pertinent de proposer des alternatives (télétravail) ou une réduction systématique du temps de travail (50 %) sur cette période.
    • Concernant le congé paternité, un allongement été déjà discuté au niveau Européen dans le cadre d’une amélioration de « vie personnelle / vie professionnelle ». Avec 11 jours, la France fait pâle figure face aux pays nordiques (c’est bien sympa d’aller traiter les Français de Gaulois réfractaires au Danemark, pour être réfractaire ensuite à l’adoption de mesures « à la danoise » ^^)
  • Point 17 : Diminuer les dépenses sans justificatif des élus
  • Point 18 : Allonger la durée de vie des programmes scolaires
    • Les programmes changent tous les 5 ans (par le Conseil Supérieur des Programmes), et une critique récurrente des professeurs des écoles est qu’ils ont à peine le temps de s’y habituer qu’il change, parfois en plein été… Définir un calendrier de programmes sur 10 ans, avec « rétrocontrôle » (feedback) des enseignants, qui sont les premiers concernés ;
    • Adopter une éducation de base à la santé dans ces programmes scolaires ; meilleur moyen pour limiter les consultations inutiles, les croyances dans les « fakemeds », les anti-sciences… Il y a davantage d’antivax que d’anti-Pythagore en France, ou que d’anti-géographie, etc.
    • Inciter à l’activité physique personnalisée, et non uniquement à l’activité physique de performance (beaucoup de gens pensent ne pas être capables de simplement courir – activité physique de base par excellence -, parce qu’ils n’ont été confrontés toute leur scolarité qu’à des courses de vitesse et de performance…)
  • Point 19 : Légaliser le cannabis
    • C’est un point de vue complexe, bien argumenté ici : il n’est pas question d’inciter à la consommation, ni de banaliser… mais d’arrêter le trafic et de privilégier des circuits légaux (les dossiers pour tenir un bar-tabac sont déjà bien complexes auprès des douanes…)
    • Par ailleurs, la légalisation du cannabis est l’occasion de taxes permettant la lutte contre les drogues, la création d’une filière française, etc.
    • D’un point de vue des dealeurs, ça change tout ; du point de vue des consommateurs, il n’y a pas de report vers l’héroïne ou la cocaïne (à la rigueur moins d’anxiété quant à l’achat et la détention, sachant que l’utilisation est régulièrement pour son effet anxiolytique…)
    • Evidemment la légalisation doit s’accompagner du maintien (et renforcement autofinancé) de la lutte contre la consommation : pas de publicité, consommation exclusive à domicile ou dans des Cannabis Social Club (interdiction dans les endroits publics et dans les rues).
  • Point 20 : supprimer le SNU, la JAPD et toute idée de « service national ».
    • Pour l’éducation civique, il y a déjà la famille et l’école.
    • La JAPD est une promotion de l’armée coûteuse (117 M€ par an, soit 0,3 % du budget important de la défense).
    • Le SNU est une remise en place d’un pseudo-service militaire d’un mois avec stage de cohésion de 15 jours et mission d’intérêt général de 12 jours, le tout pour un coût annuel estimé à 1,6 milliards d’euros (3 % du budget de l’éducation nationale)…
    • Bref, ce budget pourrait être mieux dépensé dans des lieux de cohésion avec mission d’intérêt général que sont les écoles.
  • Point 21 : chaque ministère comporte un ministre et un ministre délégué, dont au moins l’un des 2 a travaillé professionnellement dans le domaine le plus représenté pendant au moins 5 ans
    • Typiquement pour « mon » domaine : aucun médecine généraliste ou infirmier libéral nommé au ministère (les seuls spécialistes nommés ont été hospitaliers)…
    • Le ministre de l’Education Nationale n’a jamais tenu une classe pendant un an. Etre recteur d’académie, ce n’est pas être professeur des écoles.
  • Point 22 : une carte de presse pour tous les journalistes ayant dépassé un seuil d’heures de travail par an
    • Actuellement pour obtenir une carte de presse, il faut que le journalisme soit l’occupation principale, régulière (plus de 3 mois par an pour la première demande) et qu’elle procure plus de 50 % des ressources…
    • … sauf que le métier de journaliste est soumis à beaucoup d’aléas, que de nombreux professionnels font des piges en ayant un autre emploi à côté ; cette 2ème activité « pour vivre » ne leur permet donc pas d’avoir une carte pour leur vrai métier.
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Pas de panique… avec vos masques ! #TowelDay

Aujourd’hui, c’est le Geek Pride Day et la journée de la serviette, en hommage à Douglas Adams, auteur du Guide du voyageur galactique (H2G2), la seule trilogie en 5 volumes de la littérature britannique.

Ce 25 mai, tout le monde est invité à se munir d’une serviette de bain, « l’objet le plus vastement utile que puisse posséder le voyageur interstellaire ». Dans H2G2, la serviette permet « de vous protéger des vapeurs toxiques » et revêt une considérable valeur psychologique : « tout Homme capable de sillonner de long en large la Galaxie (…) sans avoir perdu sa serviette ne peut assurément être qu’un Homme digne de confiance ».

Qu’aurait pu conseiller Douglas Adams pendant cette pandémie à COVID-19 ? Porter une serviette sur le visage pour protéger les autres voyageurs (galactiques ou non) de nos postillons potentiellement contaminés ? Confiner nos bouches et nos nez derrière une serviette ? 

Ça n’aurait pas été idiot ! Une étude de 2013 a montré qu’un masque fait avec une serviette de cuisine (ou torchon) a une efficacité de filtration de 83,2 % (en une couche) et 96,7 % (en deux couches) sur des particules très petites de 1 μm. Pour comparaison, les masques commercialisés dits « grand public » – les UNS2 et UNS1 – ont montré une capacité de filtration respectivement de 70 % ou 90 % minimum… sur des particules de 3 μm (les masques chirurgicaux filtrent ces particules de 3 μm avec une efficacité de 95 %) [1].

Si Douglas Adams était encore parmi nous, il aurait sûrement aimé cette nouvelle utilisation de la serviette, et peut-être aurait-il demandé au Guide du voyageur galactique d’ajouter cette précision dans l’article consacré à ce si précieux objet : « la serviette peut vous aider à traverser une pandémie en protégeant les autres ». L’idée de pandémie est d’ailleurs présente dans le deuxième tome de la trilogie en 5 volumes avec l’histoire de la planète Golgafrinchan, sur laquelle les dirigeants avaient cru bon d’envoyer dans l’espace leurs habitants de « classe moyenne : nettoyeurs de combinés téléphoniques, coiffeurs, auteurs de jingles, etc. » avant d’être « soudainement anéantis par une maladie virulente contractée à partir d’un téléphone sale« … Les détails, toujours les détails !

Portons tous nos serviettes sur le visage aujourd’hui, 25 mai. De toute façon, elle ne peut plus servir sur la plage en France, où il est interdit de simplement s’asseoir à distance des autres : il faut désormais vivre la plage de façon “dynamique”. Dans ces lieux où la ventilation importante brasse l’air efficacement, il n’est plus possible de rester statique, il faut désormais marcher sans but et sans fin pour éviter les autres, eux aussi en mouvement – une idée sublimement absurde qui aurait beaucoup plu à l’auteur !

Mais malgré cette efficacité importante de la serviette, malgré son atout majeur dans la lutte contre la propagation de la pandémie à COVID-19, certains laissent encore entendre qu’elle serait dangereuse : vous allez la toucher, la bouger, mal la laver et vous contaminer… À tous ceux qui vous trouveront un argument contre le port d’un masque, montrez leur la couverture du Guide, où « on peut lire en larges lettres amicales la mention : PAS DE PANIQUE ! »

Car non, vous ne pouvez pas faire pire avec un masque que sans : ceux qui vous disent le contraire confondent l’achat d’une botte de poireaux au Super U avec la pose d’une prothèse de hanche au bloc opératoire (espérons que la confusion n’aille pas trop loin, car il est particulièrement inconvenant et rapidement malodorant de marcher avec des poireaux dans le fémur – et le fait que cela ne sonne jamais aux portiques d’aéroport est une bien maigre compensation qui apparaît définitivement trop légère). Et encore : mieux vaut un bloc opératoire où certains manipulent leur masque plutôt qu’un bloc où personne n’en porte…

Peut-on baisser ou retirer le masque de temps en temps, lorsqu’on est seul ? Oui, pas de panique ! Le port collectif du masque permet de protéger les autres : il est principalement utile dans les lieux clos (commerces, transports en communs, etc.) et denses (les bords de mer ou de rivière lorsque tous les autres parcs sont fermés, les rues piétonnes, les plages où tout le monde est en mouvement, etc.)

Vous pouvez donc le retirer lorsque vous êtes en voiture, le baisser sur votre menton lorsque vous êtes dans un lieu désert… 

Certains vous diront que si vous baissez ou retirez le masque, vous risquez de vous contaminer les mains (en le touchant), de vous contaminer la bouche (en remontant du coronavirus de votre cou), de contaminer les autres (avec vos mains souillées), voire de provoquer insidieusement l’éclatement de la Terre (en posant votre masque sur une surface propre, provoquant une réaction en chaîne impliquant quelques quiproquos, des portes qui claquent, une guerre nucléaire et toutes ces choses habituelles en pareille circonstance). Pas de panique !

Il faut rester logique. 

Déjà, si vous avez des postillons partout sur le cou et le visage au point que la moindre faute d’utilisation va vous contaminer, c’est que le masque vous a protégé : envisagez de créer un totem à sa gloire dans votre salon.

Ensuite, si vous baissez le masque juste sous le menton, il s’agit d’une zone qui était déjà couverte par le masque : vous ne courrez aucun risque (sauf à littéralement sniffer ou lécher la face externe de votre masque – et encore une fois, cela signifierait que le masque vous avait protégé… ça aurait été pire si vous n’aviez rien porté). Pour des raisons médicales, pratiques et esthétiques, ne montez pas votre masque votre front.

D’autres vous expliqueront que le masque c’est utile, mais c’est trop contraignant, puisqu’il faut le laver chaque soir à 60° pendant 30 minutes à la machine à laver. Pas de panique

Il est important de le laver régulièrement ainsi, pour éliminer les levures (telles qu’Aspergillus) et autres germes, mais vous pouvez le faire une fois par semaine avec vos torchons et vos indispensables serviettes – comme quoi, nous y revenons toujours ! Entre deux machines à laver, si vous avez besoin de réutiliser un masque déjà porté, vous pouvez vous contenter de ce qui inactivera le SARS-CoV-2 : une exposition à 70° pendant 5 minutes (dans un four ou une casserole fermée), ou un nettoyage avec du savon ou détergent pendant 15 minutes quelle que soit la température (lavage à la main, machine…) Tous ces conseils sont rapportés sur stop-postillons.fr 

Ainsi, vous pouvez porter votre masque avec des erreurs qui seraient inacceptables au bloc opératoire, mais qui sont sans importance en vie communautaire ! Vous pouvez le nettoyer en l’intégrant dans votre routine de lessive sans lancer des programmes de 2 heures chaque soir pour 2 masques. 

Si ces conseils de confort pratique peuvent permettre que nous portions tous un masque dans l’espace public, en particulier lorsqu’il est densément peuplé et/ou clos, suivons-les rapidement ! Et si quelqu’un nous interpelle sur notre « mésusage » présumé, il suffira de lui montrer la couverture du Guide, ses larges lettres amicales, et tout en lui mimant un tapotage d’épaule à 2 mètres, lui dire : pas de panique !

Remerciements pour leur amicale relecture à Nicolas Botti (@numero42), Christian Lehmann (@LehmannDrC), Thibault Puszkarek (@puszkarek), Jonathan Favre (@DrJohnFa), Antoine Hutt


[1] Il est donc étonnant de noter le discours officiel assurant que « les masques artisanaux ne servent à rien », alors que cette étude montre également une efficacité de filtration de 70,7 % avec 2 couches de T-shirt 100 % coton (sans filtre intermédiaire) sur des petites particules de 1 μm tandis que sont commercialisés des masques UNS2 filtrant 70 % de particules 6 fois plus grosses !

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Opération #JamaisSansMonMasque

Depuis plus de 6 semaines, nous défendons sur Stop-postillons.fr ce message simple : portons tous un écran anti-postillons (masque maison, T-shirt découpé, visière…) dans l’espace public pour protéger les autres de nos projections.

C’est une idée qui a un argumentaire scientifique (que nous avons développé sur le site et dans plusieurs tribunes tel qu’ici ou avec plusieurs collectifs et personnalités scientifiques éminentes…).

Nous l’avons développée un peu partout dans les média (cf. ce billet où j’en parlais en avril) ou sur Twitter (notamment avec le hashtag #MonMasqueTeProtège dernièrement).

Ce soir, à 20h, nous vous proposons une nouvelle action collective, relayée depuis hier par Dr Le Flohic sur son blog :

Ce message est un appel général à la communauté culturelle, scientifique, médiatique, et à toutes les personnes susceptible de relayer un message essentiel : 

Nous alertons depuis mars sans vraiment de succès sur une évidence : le port de masque en population est crucial. Un groupe de travail de médecins généralistes a créé le site stop-postillons.fr, pour aider à l’auto fabrication et à l’information sur les masques. De très nombreux médecins relayent le message, mais nous avons besoin de voix puissantes.

Les pays qui maîtrisent cette épidémie, dont certains sans confinement, ont adopté le port du masque précocement, en particulier Hong Kong (7,5 millions d’habitants, 4 décès avec la plus forte densité de population au monde dans un de ses quartiers, 130 000 habitants au km2).

L’heure n’est pas à constater des défaillance dans notre préparation, les incohérences, mais à l’efficacité dans la lutte contre le virus. Porter un masque.

Nous avons recherché des relais politiques, scientifiques, qui sont bien timides.

La politique actuelle est d’imposer le masque uniquement dans les transports.

Ceci ne peut permettre de limiter la diffusion, qui s’opère particulièrement en lieux clos par des personnes qui ne se savent pas malades, la contagiosité des personnes commençant avant tout symptôme, en moyenne 2 jours avant de tomber malade.

Le masque protège l’autre et celui qui le porte. Il est un facteur de lutte contre l’épidémie et sa progression en population.

Les mesures du plan de déconfinement n’ont pas de sens sans port généralisé du masque en population et nous courrons à la catastrophe. Le traçage et les enquêtes ainsi que les tests ne pourront suivre le nombre de cas quotidiens de nouvelles contaminations et s’avèrent d’emblée inefficaces sans un coup d’arrêt aux principales sources de contamination. Portons un masque.

Nous souhaitons monter une opération de communication permettant d’inciter fortement le port du masque en population sur la base du volontariat. Il nous semble que la responsabilisation individuelle doit être essayée avant la coercition, qu’il est urgent d’informer et de préconiser à grande échelle.

Nous faisons appel à toutes les bonnes volontés qui peuvent être entendues pour changer le cours des événements.

Nous sommes disponibles pour toute information scientifique en cas de doute sur cette information. Il est urgent de faire et de préconiser ce qui est indispensable.

Nous souhaitons caler cette opération en 24h. Deux temps :

– Dès maintenant nous demandons à toute personne intéressée pour soutenir cette communication de relayer ce projet dans son réseau de relations.

Dimanche 10 mai à 20h : publier massivement sur les réseaux sociaux : Instagram, Twitter, Facebook un selfie masqué accompagné du texte suivant : « #JamaisSansMonMasque » ; « Quand je mets mon masque, je me protège, je te protège ». Partager le même hashtag lui donnera une meilleure visibilité.

Merci de votre aide !

Collectif médical 22

Collectif Stop-Postillons

Dr Marty Jérôme

La marraine de l’opération, Estelle Denis.

Vous savez ce qu’il vous reste à faire 😉 Merci !

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