Calendrier vaccinal 2014

Le calendrier vaccinal 2014 a été présenté cette semaine par le Ministère des Affaires Sociales et de la Santé.

Le calendrier en 55 pages ne fascinera pas tout le monde, mais les pages 30 à 53 seront très précieuses pour les questions pointues en vaccinations (quels vaccins dans un syndrome de Wiskott-Aldrich, un déficit en IgA, chez les égoutiers, quels vaccins sont vivants atténués…). Pour les vaccinations du voyageur, la référence reste bien sûr l’institut Pasteur — qui délivre également des conseils variés selon le pays de destination.

Pour les non-médecins qui lisent ce blog, je vous invite à déterrer votre carnet de vaccination rose ou votre carnet de santé pour faire le point sur les vaccins. Deux outils : le calendrier simplifié en 2 pages, ainsi que la page 49 du calendrier en 55 pages qui fait correspondre les noms commerciaux des vaccins et les valences vaccinales (ce contre quoi ils protègent). Je vous mets les deux éléments en fin d’article.

Qu’y a-t-il de nouveau dans ces calendriers ?

Le calendrier 2014 révolutionne moins notre système que l’an dernier. En 2013, le calendrier a été bien simplifié : le rappel DTP n’a plus lieu tous les 10 mais 20 ans, certains vaccins chez l’enfant ont disparu (1 DTP entre 16-18 ans notamment) ou ont été réorganisé (l’hexavalent de 3 mois est passé à 11 mois).

Pour la coqueluche, les pédiatres réclament les vaccinations cocooning depuis plusieurs années, et ça devient effectif (même si ça n’apparait pas clairement dans le calendrier simplifié) : un vaccination comportant une valence coquelucheuse acellulaire (ca – en pratique, le dTcaPolio ou REPEVAX) est recommandée chez les adultes à 25 ans (à 5 ans au moins d’un vaccin anti-coquelucheux et 10 ans d’une coqueluche documentée). Si ça n’a pas été fait à 25 ans, un rappel est possible jusqu’à 39 ans, chez les adultes ayant un projet parental, chez les personnes susceptibles d’être en contact de façon prolongée avec un nourrisson dans ses 6 premiers mois de vie (grands-parents, nourrices, baby-sitters…) La coqueluche tue les nourrissons qui ne sont pas encore vaccinés et le « vaccin cocooning » est la meilleure protection !

La vaccination anti-HPV a été avancée à 11-14 ans en 2013 et jusqu’à 19 ans révolus (au lieu de 24 ans). Cette année, la dose de 1 ou 2 mois (selon le vaccin utilisé) tombe à l’eau, et il ne reste plus que 2 doses (0, 6 mois) entre 11 et 14 ans… Mais attention, entre 14 et 19 ans, c’est encore 3 doses (0, 1 ou 2 mois, 6 mois). Quelque soient les polémiques actuelles, le vaccin reste recommandé chez les filles pour le Haut Conseil de Santé Publique. De façon Nostradamique, je pense qu’à l’avenir il sera également recommandé chez les garçons, avec de plus en plus de valences (il ne protègerait « que » contre certains virus générateurs du cancer du col utérin).

Ce calendrier 2014 donne une conduite à tenir en cas d’épidémie de rougeole ou oreillons dans une communauté (ROR dans les 72h après un contact avec une rougeole, 3ème ROR en cas d’épidémie d’oreillons si la seconde administration date de plus de 10 ans). Actuellement, il y a un plan d’éradication de la rougeole en cours (pour rappel, les maladies éradiquées grâce aux vaccinations sont la variole (1977) et la peste bovine (2011) ; la dracunculose devrait être éradiquée en 2015 grâce à l’éducation des populations à risque et les mesures d’hygiène).

Enfin, ce calendrier résout également un des problèmes posés par l’espacement des vaccinations tétanos : que faire pour les gens présentant une plaie majeure à 5, 10 ou 15 ans après le vaccin ? Réponse : rien (page 53 du calendrier en 55 pages).

Voilà. Et n’oubliez pas de ressortir et checker votre petit carnet rose 😉

 

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  1. gnarrrk

    Bonjour.

    Je vais peut-être dire une bêtise, mais il me semble avoir lu que la variole n’a pas été éradiquée par la vaccination :
    http://www.alis-france.com/download/variole.pdf
    Comme je ne suis pas un professionnel de la santé, je suis intéressé par votre avis scientifique sur ce document.
    Donc, d’après vos dires, une seule maladie aurait été éradiquée par vaccination (peste bovine, sujet que je ne connais pas vraiment).

    D’autre part, je trouve votre formulation  » La coqueluche tue les nourrissons qui ne sont pas encore vaccinés » alarmiste et peu fondée scientifiquement pour justifier la vaccination.
    Attention, je ne suis pas en train de tenir un discours anti-vaccination. La vaccination peut être utile dans certains cas (l’étude du rapport bénéfice/risque devrait être la règle, sauf qu’elle n’est pas très respectée, avec les changements à répétition des composants de certains vaccins ces dernières années).
    En l’occurrence, quand je vois le graphique « Taux de mortalité par coqueluche pour 100000 Français de 1925 à 1999 » ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Coqueluche — ok, wikipédia n’est peut-être pas la meilleure source, mais la référence (INED) me paraît digne de foi), et l’introduction du vaccin en France en 1959, j’ai tendance à penser que le progrès de l’hygiène est le premier facteur de diminution de la mortalité par la coqueluche.
    Pour revenir à votre formulation, oui la coqueluche PEUT s’avérer mortelle, mais ce n’est pas à 100%, et cela ne justifie pas automatiquement le passage par la vaccination, à mon sens en tout cas. Surtout que plein d’autres choses sont mortelles, et on ne peut pas vacciner contre tout.

    En tout cas, j’espère que vous ne prendrez pas mon intervention pour une énième attaque puérile contre les vaccins. J’ai attendu un peu de temps pour que cet article ne soit plus en tête dans votre blog, car je souhaite avoir une discussion posée et surtout basée sur la logique, pas une polémique stérile.
    J’avoue être dubitatif sur l’utilité de la plupart des vaccins actuels, mais pour des raisons que j’ose croire rationnelles :
    – on s’oriente vers une sur-vaccination (problème aigu aux USA, par exemple, avec un nombre d’injections pouvant dépasser les 60) : par exemple, est-ce que le total des différents éléments composants les différentes injections de chaque vaccin a-t-il été calculé, avec les effets cumulatifs sur l’organisme, et les interactions possibles entre chaque élément ? Je n’ai pas trouvé de réponse à cette question, mais peut-être avez-vous accès à de meilleures bases de données et sauriez-vous m’orienter vers des études sur le sujet ?
    – la faiblesse inhérente du caractère humain. Que ce soit la corruption (l’actualité de ces dernières années montre qu’il y a une très grande proximité entre les industries pharmaceutiques et les décisionnaires politiques en charge des validations des médicaments et des programmes de vaccination) ou l’âpreté au gain (une entreprise privée n’est pas là pour faire progresser l’humanité, mais pour maximiser ses bénéfices, ou même plutôt pour reverser un maximum de dividendes à ses actionnaires, et les principaux producteurs de vaccins sont des entreprises privées), tout cela ne peut qu’aboutir à des scandales de santé publique. J’ai quand même l’impression que la population sert souvent de cobaye involontaire pour beaucoup de vaccins (tests de conformité raccourcis au maximum pour les cas « d’urgence », pour ne donner qu’un exemple).
    – on transforme dans l’imaginaire collectif la portée de certaines maladies, engendrant des peurs exagérées dans certains cas. Personnellement, j’ai longtemps cru que le tétanos était une maladie de fin du monde, et que le vaccin était tout simplement une évidence, le seul moyen d’en réchapper. Or il apparait que c’est le tétanos néo-natal (conditions hygiéniques de l’accouchement déplorables) qui engendre la majorité des cas mortels, et que l’apprentissage des soins de base à apporter à une blessure ainsi que l’accès facilité à des produits désinfectants fassent la différence bien plus que la vaccination.
    Quand je regarde les graphiques des maladies pour lesquelles on vaccine, je remarque dans tous les cas une remontée de la mortalité pendant et juste après la deuxième guerre mondiale, où les conditions d’hygiènes se sont fortement dégradées en France.
    En gros, on conditionne la population à croire que le vaccin est le remède miracle, en négligeant l’enseignement des notions de base sur l’hygiène et les maladies (j’ai une formation scientifique, et je suis toujours halluciné par les questions que posent une majorité des gens sur ces sujets, alors que je ne suis même pas médecin).
    – vous remarquerez que je ne mets en aucun cas l’efficacité d’un vaccin en question. J’ose croire, pour l’instant, que les commissions de validation vérifient au moins ce point de manière sourcilleuse. Et scientifiquement, il ne fait aucun doute à mon sens que le principe est valable. C’est donc plus la mise en oeuvre dans le cadre d’une politique de santé publique qui me pose question.

    En espérant ne pas vous avoir ennuyé avec ce sujet,

    Un fan de mathématiques qui ne s’est pas orienté en médecine après le lycée… 😉

    Ps :
    http://www.ined.fr/fichier/t_publication/1087/publi_pdf1_doctravail_74.pdf
    Document sur le rôle des vaccins dans la baisse de la mortalité
    Il montre que, en Europe, pour la tuberculose, la diphtérie et la rougeole, le vaccin n’est pas franchement une avancée. mais que c’est le cas pour la polio, une maladie qui au contraire des autres précitées n’est pas très répandue, et surtout pour la grippe (!!!), maladie pour laquelle je n’ai jamais été vacciné, ni personne dans mon entourage, à part des personnes âgées ces dernières années, car c’est là que la mortalité baisse le plus.
    P.12-13, il y a une théorie forte intéressante sur le lien entre la mortalité de la rougeole et le confinement, un peu comme ce que vous exposiez sur le rhume.
    Par contre, je ne partage pas l’avis des auteurs sur la variole, qu’ils ne justifient pas d’ailleurs.

    http://www.ined.fr/fichier/t_publication/1498/publi_pdf1_popetsoc_463.pdf
    Dernière page :
    « Certains vaccins comme celui contre la rougeole ou le BCG ont
    des effets bénéfiques non spécifiques : en stimulant l’immunité, ils
    diminuent aussi la mortalité due aux autres maladies – diarrhée,
    paludisme – contre lesquelles les enfants ne peuvent pas être
    vaccinés pour l’instant faute de vaccins [6]. D’autres en revanche,
    comme le DTC (vaccin combiné contre la diphtérie, le tétanos et la
    coqueluche) ou le vaccin contre l’hépatite B, ont des effets négatifs
    non spécifiques, notamment chez les filles [7], [8]. Ils sont efficaces
    au sens où ils empêchent bien les enfants vaccinés d’attraper ces
    maladies. Mais dans les régions où la mortalité est encore élevée et
    où les maladies qu’ils préviennent (coqueluche, tétanos, hépatite B)
    ne causent que peu de décès chez les enfants, ils augmentent la mor-
    talité des filles pour des raisons encore inconnues sans doute liées là
    aussi au système immunitaire. »
    Pour des raisons encore inconnues….
    Vacciner à tout va, sans recul, n’est donc pas la meilleure solution.

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