[FMC] L’amiodarone est parkinsonismogène (ou un truc comme ça)

Le saviez-vous ?

L’amiodarone peut induire des syndromes extra-pyramidaux (tremblements, rigidité des membres – bras et jambes, j’entends – et « peu de mouvements » – mimiques pauvres, difficultés à démarrer la marche, marche à petits pas, etc.)

Là, vous me voyez venir avec l’effet écrit en petit dans la notice par des gens frileux qui s’inventent des histoires, parce qu’ils ont entendu parlé du cas d’un moine bolivien dont la belle-sœur a un voisin qui était sous amiodarone et qui a déclenché une maladie de Parkinson aussitôt.
Eh bien non, les « parkinsonismes » sous amiodarone sont loin d’être rarissimes : dans les monographies française et internationales, ça concernerait 3% des patients sous amiodarone ! (Plutôt 1-2 % dans la littérature, comme nous verrons plus loin)…

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Cas n°9 – Quand le soleil fait uriner

Ca fait un moment que je le promets sur la page des cas cliniques… Voici une série de cas cliniques pour les ECN 2015 (avant le passage aux iECN 2016, pour lesquels je suis en train de préparer la certification SIDES – bref, j’écrirai aussi des cas pour les iECN normalement).

Celui de juillet parlera de séjour au soleil et de vitamine D. En août, je vous emmènerai en voyage ;-)

Bon courage !

Téléchargez le cas clinique n°9 en PDF, sous licence Creative Commons BY-NC-ND (92)

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Rechercher des références bibliographiques

Je réponds à des commentaires de fin mai et début juin (Docleeloo et speculos) qui me demandaient « comment tu fais ta bibliographie ».

Je sais, j’ai mis du temps… Mais j’étais occupé. J’ai notamment préparé le site du centre régional de pharmacovigilance du Nord-Pas-de-Calais (ça m’a occupé, et je viendrai vous le présenter d’ici quelques jours/semaines, dans le mois en tout cas !)

Bref, j’ai fait d’une pierre deux coups : « un article sur la biblio pour mon blog… qui sera très bien pour expliquer le fonctionnement d’un centre de pharmacovigilance ». Du coup, voici en avant-première cet article, qui résume aussi comment je fais mes bibliographies (c’est très axé pharmacologie là, donc il faut supprimer certains éléments pour les recherches « diagnostiques », etc.)

Bon, du coup je parle à la première personne du pluriel, ne vous inquiétez pas pour ma santé mentale, c’est normal, nous allons bien ;-)

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Prescrire et dompéridone (suite et fin)

Le 19 février (2014), Prescrire a publié un article décrivant que 25 à 120 morts étaient imputables au dompéridone en 2012.

Cet article était repris le jour même par la presse (Le Monde, Figaro…) qui montrait à nouveau son talent pour faire un copier-coller non vérifié (je vous rappelle l’histoire de Wikipedia ?)

Du coup, j’ai regardé l’article de Prescrire, et dans la nuit du 19 au 20, j’ai écrit un article sur la dompéridone. Grosso modo, mon message était le suivant :  Prescrire, c’est une bonne revue, qui a des défauts mais surtout des qualités, mais là…

  • ils basent leur calcul sur un OR à 3,7 sachant que c’est une valeur inajustée sur tous les antécédents cardiaques, dans une étude où la valeur ajustée n’est pas significative (OR = 1,99 [0,80-4,96]) !
  • une étude épidémiologique (en dehors des critères de Bradford-Hill) ne permet pas d’établir un lien de causalité : les gens qui font une mort subite ne sont pas forcément comparables à 100% avec les autres, et des facteurs de confusion peuvent exister (par exemple, un angor peut donner des nausées, et préparer un infarctus du myocarde),
  • je ne comprenais pas leur calcul de nombre de morts, et en tripatouillant les chiffres donnés dans tous les sens je retrouvais vaguement 50 et 120 (nombre de consommateurs /an x durée de consommation /an x taux de mort subite lié à dompéridone x OR).
  • ils proposaient de donner du PRIMPERAN, qui me semblait bien plus toxique. Enfin, je concluais en leur donnant raison sur le fond : le dompéridone est un anti-émétique neuroleptique caché, qui a peu montré son efficacité, qui peut élargir le QT et donc théoriquement donner des troubles du rythme cardiaque mortels… Toutefois, ajoutais-je, la rareté de l’événement est à contre-balancer avec les risques de gerber tripes et boyaux (non, ce n’est pas anodin de vomir : hypokaliémie et troubles du rythme cardiaque, déshydratation, syndrome de Mallory-Weiss, rupture de l’oesophage (c’est rarissime, mais j’en ai vu une), pneumopathie d’inhalation, oesophagite, dénutrition, arrêt des médicaments pris par voie orale…)

Et donc, après m’avoir contacté pour accord, Prescrire a publié hier une réponse à mon propos ainsi qu’à d’autres blogueurs ou lecteurs. Ils ne sont pas rancuniers parce que mon article n’était pas très tendre (écrit à 2h du matin à l’arrache…) D’ailleurs, preuve de leur pardon facile, ils m’ont proposé d’être relecteur – ce que j’ai accepté avec plaisir, parce que je pense que c’est une revue de qualité, je le rappelle une dernière fois avant ce qui suit (cet article est donc en conflit d’intérêt… ;-))

Voici les point-clés de leur réponse sur mes remarques initiales, en parallèle  :

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Quel traitement hypolipémiant après une rupture tendineuse sous statine ?

(DISCLAIMER : Ceci est un avis personnel, non validé par une quelconque instance scientifique, ni un comité de lecture. Ceci étant, quand on voit ce que certains journaux laissent passer… ;-))

Les statines sont utilisées pour baisser le cholestérol, et font partie des médicaments les plus prescrits.
En France, en 2012, l’atorvastatine (TAHOR®) était la 21ème molécule la plus vendue, et la rosuvastatine (CRESTOR®) la 28ème… En terme de coût, la rosuvastatine a été la 3ème molécule la plus rentable en 2012, et l’atorvastatine la 6ème. La pravastatine et la simvastatine ne font pas partie du top 30 en terme de prescription ou de coût (1).

C’est donc dingue le nombre de patients chez qui on cherche à faire baisser de plus de 35% le LDL-cholestérol en utilisant la rosuvastatine non-génériquée-3ème-molécule-la-plus-chère-d’un-tableau-où-n’apparaissent-même-pas-les-vieilles-simvastatine-pravastatine-alors-que-la-pravastatine-a-moins-de-problèmes-d’interactions-médicamenteuses-comme-nous-allons-voir ! (Je tiens ce 35% des recommandations de bon usage françaises, en attendant qu’on imite les Américains (page 30 du document) qui ne stratifient plus qu’avec les facteurs de risque, sans utiliser le LDL-cholestérol).

Je ne vais pas refaire l’histoire des statines et de la démonstration ou non de leurs effets : ça a été très bien résumé par Dominique Dupagne en février 2013. Il y a actuellement 5 statines sur le marché en France : simvastatine (depuis 1988, bien connue, ayant montré son efficacité pour réduire la morbi-mortalité), pravastatine (depuis 1991, idem, et en plus non métabolisée par le CYP3A4), fluvastatine (peu prescrite), atorvastatine (1997), rosuvastatine (2003). En 2001, la cérivastatine (1998) a été retirée du marché en raison de troubles musculaires graves et d’insuffisance rénale (entre autre).

En pratique, toutes les statines peuvent donner des effets indésirables musculaires pour lesquels la conduite à tenir est assez claire : diminution de dose (surtout après 70 ans), contrôle de la TSH (l’hypothyroïdie peut donner une hypercholestérolémie et des troubles musculaires), switch vers une autre statine à faible posologie…

Mais les statines peuvent aussi entraîner des ruptures tendineuses (classiquement du tendon d’Achille). Et dans ce cas, il n’y a pas de conduite à tenir claire – en tout cas, je n’ai pas trouvé… Donc, la question de la semaine sera : « après une rupture tendineuse, peut-on réintroduire la même statine à faible posologie ? Une autre statine ? Un autre hypolipémiant (fibrate, ézétimibe) ? »

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