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Et si c’était un infarctus sur un embol septique intra-coronarien post-endocardite sur une toxicomanie masquée révélant un Münchhausen par procuration ?

Cas clinique. Les non-médecins ont le droit de jouer, c’est même plus drôle.

Jeannette a 7 ans. Elle va bien. Sa soeur va bien. Son frère va bien. Ses parents vont bien. Le seul être vivant malade à proximité est le chien du voisin, avec lequel elle ne partage finalement que peu de « matériel génétique ».

Pour Jeannette, depuis cet été, les lundis, c’est piscine. Elle y va avec son cousin et sa tante, elle commence à savoir nager en battant frénétiquement de ses deux bras allumettes dans l’eau. Aujourd’hui, elle y arrive un peu fatiguée, après avoir repris l’école et le sport scolaire. En sortant, vers 19h, elle déclare avoir faim – ce qui semble plutôt un signe de bon fonctionnement de son hypothalamus. Dans la voiture, enchaînant les virages à vive allure, elle dit « ne pas se sentir bien », et la maman constate en effet une pâleur et des sueurs. Jeannette bâille beaucoup, se sent nauséeuse, a mal à la tête… Tout ça passe dès que Jeannette met le pied hors de la voiture…

Le lendemain, elle présente un épisode tout à fait similaire, dans des circonstances différentes. En effet, revenant de son heure et demie d’équitation, à nouveau bringuebalée dans la voiture, Jeannette dit avoir faim, est pâle, a des sueurs froides.

Petite décharge d'adrénaline et sueurs froides

Ca fait froid dans le dos d’être en stress, hein, James ?

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Bref, j’étais l’interne des urgences

Bref.

Il était trois heures du matin, j’avais pas encore mangé. Mon chef venait de faire une sortie en SMUR pour un type mal en point, ça avait pris deux heures. Ils partaient sur un type pendu, finalement c’était un mec étendu. Ils n’avaient pas compris le pompier au téléphone. Ils avaient tourné dans le quartier le nez en l’air, pendant que le gars avait le sien par terre. Pendant ce temps, j’avais géré et renvoyé les petits problèmes d’entorse, de contusion, de plaies, de fracture, de je-sais-pas-mais-ça-a-pas-l’air-grave. Je venais de faire suffisamment de plâtre pour redécorer Florence.

J’avais stocké les problèmes plus importants, parce qu’on m’avait dit que si le chef ne contre-signait pas mes dossiers, j’irais seul en prison. J’avais pas envie d’aller en prison.

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Coudre et en découdre

COUDRE ET EN DECOUDRE

Une tragédie classique en cinq actes.

ACTE I – Exposition

Les urgences du côté de la chirurgie, de la traumatologie et de la « bobologie », j’en ai déjà parlé ici et .

L’externe, dont c’est la première garde, doit aller diagnostiquer les entorses de cheville de mademoiselle c’est-quand-je-suis-retombé-sur-ma-coéquipière-après-un-jump-au-basket, les fractures de radius de madame je-suis-tombé-de-ma-table-de-nuit-en-bordant-le-lit-superposé-de-mon-fils, les luxations d’épaule de monsieur je-viens-juste-de-me-remettre-au-roller. Le plus grand intérêt dans ces examens cliniques est de constater à quel point les gens ont une vie dangereuse ou, tout au moins, des accidents particulièrement (et malheureusement) stupides qui mériteraient qu’on leur décerne un prix « EPIC FAIL OF THE DAY ».

Au CHU, l’externe doit également aller examiner madame j’ai-mal-au-ventre, monsieur je-crois-que-j’ai-peut-être-avalé-un-morceau-d’assiette-en-mangeant-mon-gâteau-à-22h-et-là-à-1h-du-matin-j’angoisse, ou monsieur j’ai-dérapé-avec-ma-moto-sur-200-mètres-à-80-km/h qui est dans une coquille rigide avec minerve, qui empêche de faire convenablement l’examen clinique et les radiographies qui permettront de retirer ladite coquille rigide avec minerve (oui, c’est vicieux comme cercle).

Après un examen parfois sommaire (je sais que je dois manipuler le genou pour examiner les ligaments croisés, les ligaments latéraux et les ménisques, mais là il a juste très mal quand je le touche donc si on pouvait remettre ça dans 10 jours…), l’externe envoie les patients en radiologie. Ensuite, il part à la recherche de l’interne ou du chef pour leur présenter « le genou et sa radiographie » (ne peut être vendu séparément du patient qui va avec), afin de peut-être pouvoir libérer son patient… Le néon clignote et s’éteint sur la dernière image de l’externe tentant désespérément de montrer son dossier à un supérieur, dans un ballet où il n’a pas sa place.

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Où est Charlie ? Le monde des urgences

J’ai déjà partagé ma vision hautement philosophique des gardes aux Urgences chirurgicales. Mais au fil du temps, d’autres anecdotes me reviennent. Notamment, l’impressionnante logistique des lieux…

Dimanche matin, 8h30, Centre Hospitalier Régional. L’externe arrive aux urgences chirurgicales. C’est sa première garde. Il ne va rien savoir faire. Il se présente. Soupirs, haussements de sourcils. On ne va pas l’accueillir avec des banderoles. Ni retenir son nom d’ailleurs, puisqu’on peut l’appeler de façon plus générique « l’externe » — les amateurs de Scrubs se souviendront de Perry Cox appelant John Dorian « bizuth » ou Joséphine à longueur de journée…

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Pourquoi j’ai dormi sur une table de gynéco (sous la ventilation)

Il est temps d’en parler.

Sortez votre calendrier 2009 (ou imaginez-le), pointez sur un des dimanches début mars. Maintenant déchiffonnez votre carte papier Michelin, posez-là sur un support suffisant grand (un bus, un dinosaure ou une armoire normande), représentez-vous le train entre Boulogne et Lille : vous me voyez ?

Avec moi, un certain @AsmothLeManeg parti rejoindre @BlastAndCo pour leur première IRL (In Real Life) à Lille, à la rencontre d’un certain Pen Of Chaos dédicaçant les BDs du Donjon de Naheulbeuk (vous l’avez compris, c’est le moment où je fais semblant d’avoir un grand réseau d’amis). Une journée bien sympa en somme.

Pour eux.

Car tel que vous me voyez, à la sortie de la gare Lille Europe, je ne les suis pas. Non, aujourd’hui, je suis de double garde pour la première fois aux urgences chirurgicales, de 10h à 8h le lendemain… et je me suis même vocalement battu pour avoir ce dimanche jour + nuit !

Une répartition de gardes

Une répartition de gardes au XXIème siècle (Eugène Delacroix)

Les gardes aux urgences chirurgicales, quand on est en DCEM2 (2ème année de Deuxième Cycle des Etudes Médicales, ou 4ème année), c’est un peu comme une bonne diarrhée : on s’amuse beaucoup pendant et on regrette quand c’est déjà fini.
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