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Epreuves de Chance Nationale

Les Epreuves Classantes Nationales (ECN) forment un concours qui trie les étudiants de 6ème année de médecine par « ordre de mérite ». Ceci nous permet de choisir ensuite notre spécialité, notre académie, nos stages, et parfois les diplômes complémentaires à notre formation.

Autrement dit, ce n’est pas le genre d’examen qu’on a envie de foirer. Tout le monde (c’est-à-dire 8000 étudiants en France) bosse d’arrache-pied pour ce deuxième et dernier concours obligatoire de nos études (après la P1 ou PACES, et avant ceux pour être professeur ou maître de conférences bien sûr). Au terme de 3 ans d’externat passés à servir de bouche-trou dans des services hospitaliers, après avoir passé des soirées et des week-ends à réviser les 345 items dans les bouquins, en conférence ou dans des cas cliniques, après avoir dépensé des centaines d’euros pour pouvoir se pourrir un week-end en examen blanc, vient enfin L’EPREUVE ! Autant vous dire qu’à côté de nous, les finalistes de Koh-Lantah sont des hippies pacifistes.

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C’est un lupus.

Je vous ai souvent raconté mes misères d’externe : mes bons en dermatologie, mes négociations de scanner ou d’IRM en urgence quand j’étais en médecine interne ou mes classements de biologie lors de mon stage d’endocrinologie. Une fois n’est pas coutume, je vais vous faire profiter d’une anecdote où j’ai l’air malin. C’est rare, et je me dis que je devrais le faire plus souvent, pour rester dans l’Histoire d’un service. Quand on narre ses gardes dans les moindres détails, en insistant sur les difficultés ou en détaillant chaque moment angoissant, on finit toujours par être nommé « el poissardos del service ». Moi, personne ne se souvient de mes gardes…

Pourtant, j’ai déjà été réveillé à 4h30 du matin pour aller dans le service le plus loin de l’hôpital pour un patient présentant une anémie à 6 g/dl, avant de devoir courir dans les couloirs pour retourner aux urgences voir un homme avec une pancréatite aiguë hyperalgique, tandis que 3 autres patients étaient en train d’être installés.

Une fois, j’ai dû appeler le SMUR d’Arras et organiser le transfert au caisson hyperbare de Lille d’un patient neutropénique d’hématologie, au chevet duquel j’ai été appelé à 8h25 pour une suspicion d’embolie gazeuse, devant sa dyspnée secondaire à la désadaptation de son cathéter. Ma garde devait finir à 8h30 et je suis parti à 10h15…

Quand j’étais externe, en stage de médecine interne au CHU, on m’a demandé d’aller seul présenter un dossier de « possible thymome en cours de bilan » à la grand-messe de réunion pluridisciplinaire de chirurgie thoracique (Ramy Azzouz confirmera :D). J’ai parlé et répondu 2-3 minutes, avant que les médecins présents ne me demandent si j’étais interne. Ensuite, à l’affirmation de l’anesthésiste « le problème, ce n’est pas d’endormir ce patient aux lourds antécédents cardiaques », j’ai répondu « c’est de le réveiller ? » avant qu’il ne dise que c’était de savoir si ça avait un intérêt…

Cette année-là, l’histoire qui a fait le tour de notre promo, c’est le major qui avait appelé le centre anti-poison lors de son stage en psychiatrie. Appelé le centre anti-poison. En psychiatrie. Aucune jalousie ou quoi que ce soit du style, mais juste il faut savoir relativiser et arrêter de faire une légende de certains évènements. C’est comme les « chanceux » et « malchanceux » en garde : sur le long terme, on a tous nos lots de journées tranquilles et nos lots d’emmerdes. Il suffit de ne pas raconter uniquement cette dernière catégorie à tous ses collègues, et d’un seul coup, on ne sera plus « le poissard de service ».

Bref. Je vais vous raconter une anecdote particulièrement inutile mais qui peut me rendre malin, si je raconte bien. L’enjeu vaut le coup. Une dame vient aux urgences avec son fils qui s’est tordu la cheville. Je l’examine, je demande une radiographie, compte tenu du jeune âge du patient (même si c’est manifestement une entorse bénigne). Tout en notant l’observation de mon examen clinique, je pose quelques questions usuelles…

Moi : « Est-ce qu’il prend un traitement ? »

Elle : « Non. Enfin, si, du COLCHIMAX. »

Moi : (Blanc). « Il a une fièvre méditerranéenne familiale ? »

Elle : « Oh, vous connaissez ? Vous ne devez pas en voir beaucoup » (ndlr : dans le Nord-Pas-de-Calais, effectivement, c’est plutôt la fièvre de la Manche).

Moi : « Oui un peu… (je rédige l’observation et je me dis quand même qu’ils ont un petit teint hâlé, alors je tente). Vous êtes d’origine arménienne ? »

Elle : « Oui… o_O »

Voilà. D’une banale entorse de cheville, j’ai découvert les origines ethniques de mon patient. Merci Wikipedia et l’article que j’avais lu lors de mon externat, sur la fièvre méditerranéenne familiale (alias « Maladie arménienne » selon l’encyclopédie en ligne)…

Tout ça pour dire qu’à partir du 2 mai, je retourne en médecine interne.

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RSCA – Récit Sur la Classe Américaine

Pour valider le Diplôme d’Etudes Spécialisées de Médecine Générale, les internes doivent assister aux cours, valider 6 stages de 6 mois dans différents pôles, et écrire au cours de chaque stage 1 RSCA (récit de situation complexe et authentique), 2 SCQ (situation clinique questionnante) et 1 rapport de stage.

Pour mon premier semestre aux urgences, j’ai fait un RSCA sur les incendies, que je vous livre en exclusivité.  Il respecte dans l’ordre tous les critères de la grille d’auto-évaluation proposée en 2009 par le département de médecine générale lillois (il existe d’autres versions plus récentes, mais moins exhaustives) :

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Mes meilleurs motifs de consultation

Après avoir creusé un peu à chaque fois, voilà ce qui reste de certains motifs de consultation… Liste non exhaustive qui sera complétée ultérieurement :

– « J’ai peut-être avalé un petit bout d’assiette cassée dans laquelle j’ai mangé un gâteau ce soir (parce que j’aime bien faire l’imbécile) » (0h30, urgences chirurgicales de Lille, automne 2008)

– « Les pompiers m’ont ramené parce que j’ai laissé mes clés en Tunisie (et sinon j’ai mal partout depuis super longtemps) » (23h, urgences médicales de Lille, été 2011)

– « Je dors beaucoup depuis 3 jours (mais sinon ça va) » (12h, urgences de Boulogne-sur-mer, hiver 2012)

– « Je prends 66 médicaments par jour, je suis ici pour diminuer. » (médecine interne, Lille, été 2012)

– « Il vomit depuis quatre jours. Sauf aujourd’hui. » (urgences pédiatriques, été 2013)

– « Il a fait de la fièvre à 39,7°C à 23h, j’ai donné un doliprane et comme ça baissait pas, nous sommes venus (mais sinon il va bien) » (23h45, urgences pédiatriques, été 2013)

 

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Fermeture de la conférence Hippocrate

Conclusion joyeuse le 27 janvier dans un mail de la conférence Hippocrate, après deux jours de doute :
« La Conférence Hippocrate se conforme dès aujourd’hui à cette obligation légale et devient indépendante de tout financement par toute entreprise commercialisant des médicaments.

Toutes les activités pédagogiques des conférences Hippocrate à Lille, Lyon, Marseille et Paris se poursuivent normalement, et en particulier les cycles de DCEM3, le tour de printemps DCEM4, les examens de sélection de DCEM3 et DCEM4 et les ECN blanches nationales des 17 et 18 mars 2012. »

Article du 25 janvier :
J’apprends via Twitter (merci @ramyazzouz, toujours au courant de tout !) que la conférence Hippocrate a fermé ses portes définitivement et brutalement ce soir…

Après une rapide recherche sur internet, j’ai retrouvé la réforme sur le médicament datant du 23 juin 2011 :

Formation des professionnels de santé

  • Renforcement de la connaissance du médicament et de la pharmacovigilance dans les formations initiales, mais également au cours de la formation continue
  • Utilisation de la dénomination commune internationale (DCI), grâce aux logiciels d’aide à la prescription
  • Transparence des liens d’intérêt appliquée aux enseignants
  • Interdiction aux laboratoires de financer toute activité pour les étudiants dans le cadre de leurs études
  • Financement de la formation médicale continue des médecins libéraux et hospitaliers par un prélèvement sur l’industrie pharmaceutique

7 mois plus tard, la mise en application de la loi a littéralement « viré » de conf’ les étudiants… dont les D4 à 4 mois de leurs ECN ! Bon courage à eux, évidemment parmi les plus lésés (avec les organisateurs et secrétaires au chômage…) Au moins, la mesure étant nationale, tout le monde est autant lésé (super… -_-‘)

Finissons par deux petits messages d’espoir… D’une part, je vous promets d’essayer (au moins) de mettre en ligne plus de cas cliniques dans les semaines à venir (on va se faire un tour de printemps privé :D), avec notamment un cas de stomato-anesthésie en train d’être relu/corrigé.

D’autre part, comme dit Ramy Azzouz, entre les autres conférences et facs, les étudiants devraient quand même réussir à avoir des conférences jusqu’à la fin de cette année. Bon courage !

ÉDIT du 26/01 : Finalement, @DrTib relaie un mail de la conférence Hippocrate sur son fil Twitter pour préciser que les activités se poursuivront normalement… Excellente nouvelle pour tous les étudiants inscrits là-bas 🙂

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