#JournéeMondialeDuBlog : ah, tiens, j’ai un blog ici !

Bonsoir à tous,

C’est la journée mondiale du blog, et c’est sûrement la meilleure occasion en 2018 de me rappeler que j’en ai un. Il est ici, il est en jachère, plein de projets d’avenirs pour 2019. Il est dans un état de vivacité digne de le ranger au rayon surgelé, mais ce blog reçoit chaque jour encore entre 100 et 300 visites…

Qui sont ces gens, qu’est-ce qu’ils veulent ? Ils veulent connaître les indications et effets des IPP au long cours, ou les anti-émétiques, me dit WordPress. Ce sont des articles phares, qui brillent encore un peu au milieu de la nuit noire. Très bien, mais il y a désormais une publication dans la revue Thérapie qui est revue par les pairs, qui est de meilleure valeur. Pourquoi continuer à venir parler d’anti-émétiques ici quand le même contenu est disponible dans la Revue d’épidémiologie et santé publique ? Est-ce un public différent, ou le même qui tantôt prend le temps de chercher dans des revues et tantôt se contente de Google au milieu d’une consultation ?

Est-ce donc ça que veulent les gens ? De la science, de la vulgarisation d’articles ? Est-ce qu’ils veulent des petites fiches pratiques de consultation – j’en ai, c’est facile à mettre en ligne, même si c’est visuellement douteux. Dans ce cas, leur faut-il des outils pratiques, ou de belles choses ? Que dois-je écrire, et quel temps dois-je prendre ?

Le temps… Le temps, ça manque comme un parent qu’on a aimé toute son enfance et qu’on voit s’éloigner, s’effacer et disparaître quand on grandit. Le temps, c’est ce qui manque pour proposer du contenu un peu rigolo, à l’écrit ou en vidéo… Vraiment ? N’y a-t-il que ça, semble me dire la #JournéeMondialeDuBlog ?

« Mais souviens-toi, la fois dernière… Tu as produit une vidéo, tu l’as mise sur YouTube, mais ici : es-tu venu la poster sur ton blog ? »

C’est vrai… même quand je produis quelque chose, comme la vidéo ci-dessous, je ne vais pas au-delà de Twitter… Twitter, c’est la vie qui bouge, c’est vivant, c’est 2018 ; le blog, c’est à Twitter ce que le papyrus est à la tablette. Un peu folklorique, avec des odeurs qui rendent nostalgiques un temps ceux qui en ont déjà utilisé.

J’en ai déjà utilisé, moi. Cette journée est là pour me le rappeler. Un blog… C’était pas si mal, finalement. Cette journée vient boire un chocolat chaud à la terrasse avec mon blog, et ils me disent « reviens ». Ils me font des signes avec un mouchoir blanc sur un quai de gare, et je promets de changer. Je leur dis que je vais délaisser Twitter pour revenir ici. Que tout sera comme avant : moins de Twitter, plus de blog ; moins d’instantané, plus de réflexion ; moins de facilité, plus de travail.

Twitter m’a appris qu’on se fiche de l’organisation, des classements. Pas de ligne directrice. Assez de questions. Tout ça, c’est juste un grand terrain de jeu. Tout ce qui faut pour jouer, c’est juste un peu de contenu. Rapide, long… peu importe, tant qu’il y a du contenu, il y a de la vie. C’est beau un blog avec de la vie, avec un petit coeur qui bat, une fois par semaine, deux fois par mois… Il en sort parfois un article sage en alexandrins qui rêve de gloire, et finit seul dans le salon des billets incompris, son noeud papillon pendouillant sur le col de sa chemise propre ; et puis le lendemain, c’est un autre article publié sous la colère à 3 heures du matin qui se fait remarquer comme un notable qui vocifère dans les rues sous les effets de cocktails enivrants, qui aura honte le lendemain, mais ne pourra plus faire machine arrière.

Ca ne tient pas à grand-chose un blog : une petite envie, un clavier, un ter net, un lecteur. Rien de plus. Bonsoir à toi, lecteur.

 

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    Fin des ECN : on sait ce qu’on perd…

    Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre, disaient Winston Churchill… et JBX dans le 14ème épisode de Reflets d’Acide, une série audio absolument géniale que je vous recommande, surtout si vous aimez les alexandrins et la fantasy – d’ailleurs ça sera mieux que ce billet de blog, ne perdez pas votre temps ici si vous ne connaissez pas.

    La semaine dernière, la ministre de la Santé (Pr Agnès Buzyn) et la ministre de l’enseignement supérieur (Mme Frédérique Vidal) ont annoncé conjointement la fin des Epreuves Classantes Nationales (ECN).

    Mme @VidalFrederique : «  quelle pertinence y a t-il à sélectionner des étudiants sur leur capacité d’apprentissage par cœur et à cocher des qcm » La #PACES comme les #ECN sont responsables d’une perte de sens dans les études de médecine. #JEA2018#BE2018pic.twitter.com/lpS7qjYf1X

    L’information a été reprise avec d’autres informations sur AllodocteursEgora ou 20 minutes.

    « Contrairement aux #ECN actuels, où les #candidats ne peuvent échouer même s’ils ont 0, la nouvelle évaluation exigera une moyenne de 10 sur 20 pour accéder à l’#internat » #Médecine#études#Universitéhttps://t.co/j2t5mndyRA

    — Galien Rennes (@GalienRennes) 8 juillet 2018

    En réalité, cette « sortie » des ECN est déjà planifiée depuis septembre 2017 par le Pr Jean-Luc Dubois-Randé, président de la conférence des Doyens. On peut noter qu’il est Doyen de la faculté où exerce le président du Collège National des Généralistes Enseignants (CNGE) ; c’est également lui qui avait annoncé la création de la CNU de la médecine générale (53.03) au congrès du CNGE (j’en avais parlé brièvement dans un précédent billet). Il est donc « proche » des généralistes enseignants (attention à ne pas s’y méprendre, je ne parle pas de conflit d’intérêt ou d’influence, juste de proximité).

    Au congrès de l’Ordre des médecins, le Pr Jean-Luc Dubois-Randé annonce la fin des ECN et son remplacement par un contrôle continu pic.twitter.com/wDqq2BGCHg

    On trouve ici les notions de :

    • ECN trop discriminantes (Pr Buzyn)
    • ECN destructrices
    • ECN non équitables
    • ECN inadaptées : « quelle pertinence à sélectionner sur des QCM » ; « on peut être interne sans avoir la moyenne »
    • Fiasco des ECNi 2017

    Justifiant le projet de réforme qui comporte :

    • Validation des acquis fondamentaux : connaissances en fin de 5ème année (il était question d’un contrôle continu sur les 3 ans qui semble avoir disparu).
    • Année de pré-professionnalisation en 6ème année
    • Evaluation plus centrée sur la pratique / compétences cliniques et relationnelles en fin de 6ème année
    • Evaluation centrée sur les parcours des étudiants (« les modalités d’évaluation restent à définir » selon l’ANEMF, mais on trouve dans Egora que « le tutorat, la réalisation d’un double cursus de recherche, la mobilité internationale (…) un master de santé publique pour candidater dans une université active en recherche en médecine générale » ; dans l’interview du Pr Dubois-Randé : « valoriser les stages et les doubles-diplômes ; une formation supplémentaire en sciences humaines et sociales pour devenir psychiatre par exemple »)
    • Système de matching : la même interview note qu' »un jury souverain, sur le modèle des jurys passerelles, pourrait auditionner et départager les bons étudiants qui postuleraient à un même poste, et qui auraient obtenu le score de référence nationale ».

    Que penser de tout ça ? 

    J’avoue que je suis partagé.

    D’une part, j’ai passé les ECN 2011, pour laquelle il y a eu un premier fiasco (annulation de l’épreuve de LCA pour 2 virgules mal positionnées, annulation du rattrapage pour manque de brouillons… la routine). Et j’ai perdu 30 points par rapport à ma copine sur un dossier de psoriasis… en grande partie parce que je suis passé dans le service de dermatologie et que j’avais l’impression que les questions attendaient les éléments plus pointus que j’y avais appris. Je voue assez naturellement une rancoeur inépuisable à l’encontre des ECN.

    D’autre part, je me suis investi pas mal en tant qu’interne puis chef de clinique dans la préparation aux ECNi (conférence de préparation, bouquins de préparation…) N’y voyez pas de conflit d’intérêt : je n’ai rien à gagner financièrement à la poursuite ou l’arrêt des ECN…

    Néanmoins, je ne vais pas vous cacher qu’il y a dans ces articles des choses que j’adore tellement lire que je pourrais avaler une assiette d’orties rien que pour atténuer mon incommensurable joie.

    Reprenons avec un peu d’histoire… 

    • 10 février 1802 : création du concours de l’internat sous Napoléon Bonaparte, dans un souci républicain d’écarter tout favoritisme. Il concerne les externes des hospices voulant devenir internes des hospices (1). Le concours est hospitalier et peut être préparé par des conférences ; les facultés proposaient elles des examens annuels.
    • (Pour parler un peu des « barrières » en médecine : 1802, c’est aussi la création d’un concours de l’externat qui disparaitra vers 1968. A noter qu’en 1972, le numerus clausus limitera l’accès aux études de médecine). 
    • 1982 : le concours devient universitaire (et non plus hospitalier). C’est le seul moyen d’accéder aux spécialités médicales (y compris celles non soignantes comme la santé publique). Les étudiants ne voulant ou ne pouvant passer le concours se tournaient vers la médecine générale et prenaient le nom de résidents pour éviter toute confusion avec les internes.
    • 2004 : les Epreuves Classantes Nationales (ECN) remplacent le concours de l’internat (2). Ce n’est plus un concours : il y a autant de places que de candidat (notamment parce que la médecine générale devient une spécialité). Elles se déroulent exclusivement sous la forme de dossiers cliniques (absence de questions à choix multiples (QCMs)), afin d’être plus proches de la pratique clinique. Suivant son classement, l’étudiant choisit son académie d’affectation, sa filière, puis les services où il effectuera des stages. Cette répartition se fait de façon fictive sur la plateforme CELINE puis en amphithéâtre de garnison jusqu’en 2011 (remplacé par un amphithéâtre virtuel).
    • 2005 : les ECN sont critiquées : pas assez discriminantes, trop d’étudiants en trop peu de points (3)… ce qui s’aggrave au fil des ans avec l’augmentation du numerus clausus qui a lieu à la même période. En 2012, 350 points séparent le premier du dernier (7658ème), sur 1000 points… (4). En outre, la correction des ECN est lourde, coûteuse, mobilisant un nombre important d’universitaires pour la correction manuelle pendant plusieurs jours…
    • 2016 : les ECN deviennent les Épreuves Classantes Nationales informatisées (ECNi), après une réforme envisagée depuis 5 ans. Ses objectifs : meilleure discrimination, correction plus rapide, moins onéreuse et chronophage. Elle ne comporte plus que des QCMs et se répartit en une épreuve d’analyse (6 dossiers cliniques de 15 ± 2 QCM, sur 70 % de la note), une épreuve de 120 questions isolées (20 % de la note) et une épreuve de lecture critique (2 articles scientifiques de 15 ± 2 QCMs, sur 10 % de la note) (5).
    • Les deux premières sessions de tests (décembre 2015 et mars 2016) sont des échecs à cause de la technique. Un dossier d’ECNi 2016 a été annulé car avait été donné à des étudiants la même année… En 2017, c’est carrément 2 épreuves qui ont été annulées pour la même raison, entraînant une rupture d’égalité des chances (normalement les cas cliniques de la base nationale doivent être différents de ceux donnés par les mêmes enseignants dans leurs facultés) (6).

    Revenons à ce qui est dit pour justifier la réforme des ECN à venir. 

    • ECN trop discriminantes (Pr Buzyn)

    On peut supposer (voire espérer) qu’il s’agit d’une erreur de tweet. Le problème des ECN est justement qu’elles ne sont pas assez discriminantes. Trop discriminant, c’est le top, c’est le Graal du concours. Classer 8000 étudiants sur 300 points, c’est plutôt le gobelet en plastique du concours, voyez.

    • ECN destructrices

    Oui alors évidemment, je suis carrément favorable à l’idée d’études, examens et concours « non destructeurs ». Reste à montrer que le nouveau système le sera moins (spoiler : c’est pas gagné).

    • ECN non équitables

    C’est faux. Les ECN sont équitables, et ça me tue bien de dire ça… parce que c’est aussi un système où la chance a une part bien trop importante. Mais les ECN c’est 3 ans de préparation et des épreuves qui ont lieu sur 3 jours en France, dans les mêmes conditions ou presque, pour 8000 étudiants, avec une évaluation anonyme. C’est équitable. Il y a une énorme part de chance dans ces ECN évidemment, et c’est plutôt ce problème qui doit être résolu : il l’a été en partie avec les ECNi (davantage de dossiers et questions donc moins de chance si on fait une impasse). On peut s’appeler Martin ou Abdel, on peut avoir un syndrome malformatif ou être Miss France, on peut être chétif ou être rugbyman, être obèse, être trans, blond, roux, petit, tatoué… l’évaluation sera la même pour tous, car les QCMs se fichent de tout ça.

    • ECN inadaptées : « quelle pertinence à sélectionner sur des QCM » ; « on peut être interne sans avoir la moyenne »

    J’espère que mon petit rappel historique permettra à Mme Frédérique Vidal de se souvenir que les QCM ont été réintroduits en 2016 (ECNi) après 12 ans d’ECN sans QCM.

    Dire qu’on peut être interne sans la moyenne (20 minutes) c’est complètement ignorer l’histoire du concours puis des ECN depuis 1802… Les examens de la faculté ont toujours existé, et pour eux il faut la moyenne. Par exemple, en DFASM3 (DCEM4, 6ème année), il faut valider la moyenne à un contrôle continu à Lille (CSCT) pour pouvoir passer les ECNi. Donc en fait, on ne peut pas être interne sans avoir la moyenne, car on ne peut pas passer les ECNi sans avoir la moyenne…

    Les ECN, comme leur nom l’indique, sont des « épreuves CLASSANTES » et non sanctionnantes. Par ailleurs, 5 % des étudiants à peine ont moins de la moyenne aux ECN (7) – et ce sont souvent des médecins non français faisant ici leur équivalence, donc n’ayant pas eu les 3 ans de préparation aux ECN (en fait, « être interne sans avoir la moyenne » c’est une conséquence du numerus clausus…)

    • Fiasco des ECNi 2017

    Donc si je résume la pensée globale de cette réforme : des universitaires ont donné à leurs étudiants des dossiers mis par ailleurs dans la base nationale (volontairement ou non)… donc une mission a conclu que la meilleure solution c’est de supprimer les ECN et laisser aux universitaires le loisir de choisir directement leurs futurs internes de façon désanonymisée.

    C’est fantastique.

    Parlons maintenant de cette réforme, applaudie par les représentants des étudiants.

    • Validation des acquis fondamentaux : connaissances en fin de 5ème année (il était question d’un contrôle continu sur les 3 ans qui semble avoir disparu).

    Ah oui, en utilisant le fameux système d’évaluation des acquis de façon discriminante, équitable, adaptée et non destructrice. J’ai cru comprendre que ça serait national, mais je n’en ai pas la certitude (ça serait évidemment le pompon que ça soit local).

    Bref, donc on passe les ECN un an avant. Ok, vu.

    • Année de pré-professionnalisation en 6ème année

    C’est une très bonne idée, avant de valider le choix. Par contre, ça laisse uniquement 2 ans de stages hospitaliers (dits « stages d’externat »), ce qui est un peu contraire à la philosophie de l’évaluation sur le « parcours des étudiants » citée plus bas. En 6ème année, je suis passé pour la première fois en neurologie, dermatologie, néphrologie et endocrinologie ; 4 « gros » stages que je n’aurais pas pu faire si j’avais dû faire une année « pré-professionnalisante ».

    • Evaluation plus centrée sur la pratique / compétences cliniques et relationnelles en fin de 6ème année

    Il n’y a aucun moyen validé d’évaluation pouvant être reproduit nationalement pour tous les étudiants.

    L’évaluation d’un examen clinique c’est hyper compliqué. Avant 2014 (je crois), on avait à Lille un CSCT où on passait dans les services hospitaliers du CHR pour examiner un patient déterminé par le PU. Je suis tombé sur un instituteur greffé rénal, et sur les 30 minutes, j’ai passé 25 minutes à faire un interrogatoire relativement facile (et 5 minutes d’examen physique). Dans le même service, un ami a vu un patient ayant fait un AVC et aphasique : pas d’interrogatoire, uniquement un examen neurologique. Lorsque je l’ai passé, j’étais dans un service où il était notoire que « le CSCT c’est le deuxième Noël du PU ici… » C’était une véritable boucherie, les étudiants partaient la queue entre les jambes.

    A part un passage simultané des 8000 étudiants face à 8000 robots ayant appris les même phrases en mode OK GOOGLE, une grille indiscutable de critères à évaluer, et un contrôle vidéo pour les litiges, tout le reste ne sera que des solutions dégradées…

    Une situation différente ? Rupture d’égalité des chances.
    Un acteur différent ? Rupture d’égalité des chances.
    Etc.

    On parle d’un classement et pas d’un examen… Si vous voulez classer 3 voitures sur leur vitesse, il faut le même terrain. Sinon celle qui aura été évaluée sur une pente avec un virage pourra légitimement dire qu’elle n’a pas eu la même chance que celle qui était sur un circuit de F1.

    Enfin, quand je vois « compétences », je pense aussi à l’idée (ou la rumeur) qui circule sur un portfolio au 2ème cycle. Disons le franchement, le portfolio c’est quand même très surcoté. Après de nombreuses années d’utilisation en MG ça semble clairement inévaluable de façon subjective (sur 40 évaluateurs en unicentrique, donc sur 500 en France, ça va vendre du maïs caramélisé).

    • Evaluation centrée sur les parcours des étudiants

    Ce qui est cool avec ce trépied (acquis – pratique – parcours), c’est qu’on prend de la vitesse sur l’autoroute de l’abstrait.

    Globalement, ce que je comprends à cette étape de l’annonce de la réforme c’est : faites des double cursus, faites des master 1 et 2, faites autre chose ! Et je vois 3 problèmes majeurs.

    Le premier, c’est que ça me rappelle les clinicats « bouchés ». Dans certaines spécialités, pour être chef de clinique, il faut un master 2, voire être inscrit en thèse de science… voire avoir obtenu cette thèse. Parce que les postes sont bien moins nombreux que les candidatures et que faire une thèse de science, ça fait patienter en faisant quelque chose d’utile ; et puis après quand il y a 2 candidats dont un avec une thèse de science, c’est ce dernier qui a le poste forcément… On peut complètement imaginer que certaines spécialités décident de sur-pondérer certains critères : publier un article, participer à de l’enseignement… Je vois plein de possibilités de détourner tout ça pour faire « la-spécialité-prisée-dans-la-super-ville-prisée ».

    Deuxième problème : faire « autre chose », c’est différent si on est à Paris ou à Limoges. Rupture d’égalité des chances ? Mais ooooh, on arrête avec ça. On a dit qu’on faisait quelque chose d’équitable maintenant, en faisant table rase du passé.

    Troisième problème : c’est une idée qui va allonger le temps de l’externat (et donc des études) en incitant à « voir ailleurs » / « faire autre chose ». Mais bon, on a le temps, on n’a pas besoin de former des médecins, tout va bien en ce moment, il n’y aucun poste non pourvu et aucun désert 🙂

    • Système de matching (« un jury souverain pourra auditionner et départager les bons étudiants postulant à un même poste »)

    Et ainsi s’éteint l’idée républicaine de supprimer tout favoritisme, sous une pluie d’applaudissements… :/ (pour palier la mère de Luke).
    Bien sûr qu’il y aura plein d’étudiants ayant obtenu « le score de référence nationale » (vous avez vu les notes aux ECN, et le classement dans un mouchoir de poches ?)
    Bien sûr qu’ils seront nombreux à postuler pour le même poste.
    Bien sûr qu’il y aura recours à ce système de « matching ». Et bien sûr qu’il y aura des critères opaques de décision locale, des étudiants qui seront dans l’attente d’un poste… On a vu cette année ce que ça donne avec ParcoursSup et 2 ministères viennent de valider la même idée pour des étudiants en 6ème année de médecine. Whaow, chapeau !

    J’y vois une belle application du biais cognitif des coûts irrécupérables : trop de travail sur cette suppression des ECN pour faire marche arrière, alors allons-y… Au pire, il nous restera les larmes des étudiants pour saler nos frites.

    En conclusion (tl;dr)… 

    Je poste mon premier billet depuis plusieurs mois le week-end du 14 juillet, entre les départs en vacances et 2 heures avant la finale de la Coupe du monde France-Croatie 😑 Bien que j’aie une piètre stratégie de communication, je vais quand même essayer de faire une métaphore (pas le truc qui transporte de l’eau, celui qui ressemble à une image).

    Imaginons que le ministère du sport soit encore lié au ministère de la santé. Les Pr Agnès Buzyn et Mme Frédérique Vidal se penchent alors sur la Coupe du Monde du football (masculin). Elles trouvent ça scandaleux : une préparation de 4 ans pour un système aussi injuste, ça n’est pas normal. Le pays organisateur peut s’arranger pour que son équipe ne tombe face à la meilleure équipe du monde qu’à la finale, si tout se passe bien (c’est Michel Platini qui l’a dit). Et puis, l’Angleterre est 4ème en ayant gagné uniquement 3 matchs sur 7, hors tirs au but (face au Panama, à la Tunisie et à la Suède)… Quelle pertinence y a-t-il à classer les équipes sur un tournoi de ce type ?

    A la place, elles proposent de déterminer quelle équipe mérite de soulever le trophée grâce à une nouvelle évaluation triple :

    • un tournoi de football (mais un an avant). On verra pour les modalités, mais ça sera beaucoup plus juste, ça vous pouvez nous faire confiance !
    • une évaluation de la pratique et du relationnel : comment se comportent les joueurs sur le terrain, nombre de fautes, nombre de cartons jaunes et rouges, taux de footballeurs qui ont un baccalauréat, nombre de duels gagnés… Enfin, bon, les critères précis, on verra ça plus tard. Mais on va évaluer la pratique.
    • une évaluation basée sur le parcours : participation à des associations, promotion du football, nombre de produits dérivés vendus, publicités réalisées (tant pis pour les joueurs qui n’ont pas l’opportunité d’en faire parce qu’ils sont moins populaires). On ne sait pas encore exactement comment on l’évaluera non plus, mais on va l’évaluer.
    • et puis à la fin, on va faire un score global. Il est encore un peu secret, mais on a 4 ans pour le mettre au point. Et puis s’il y a des égalités, c’est un petit comité de la FIFA qui déterminera quelle équipe pourra soulever la Coupe, et quelles équipes se contenteront des places suivantes.

    Franchement, je ne vois pas ce qui pourrait mal tourner.

    Quelques références

    1. Finot A. Le premier concours et la première promotion de l’internat des hôpitaux de Paris (1802)
    2. Legifrance. Décret n°2004-67 du 16 janvier 2004 relatif à l’organisation du troisième cycle des études médicales. Disponible sur : https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000781658
    3. Jouquan J, Honnorat C | Que reste-t-il comme vertus aux épreuves classantes nationales ? Pédagogie médicale. 2006; 7 (4): 197-200 [Internet]. [cité 19 févr 2017]. Disponible sur: http://www.pedagogie- medicale.org/articles/pmed/pdf/2006/04/pmed20067p197.pdf
    4. Système Informatique Distribué d’Evaluation en Santé (SIDES) | Aide pour les enseignants iECN. 2016 [Internet]. [cité 3 avr 2017]. Disponible sur: http://medecine.edu.umontpellier.fr/files/2016/12/SIDES_et_iECN2016_Aide_po ur_les_enseignants_26032014.pdf
    5. Legifrance | Arrêté du 20 juillet 2015 relatif à l’organisation des épreuves classantes nationales anonymes donnant accès au troisième cycle des études médicales [Internet]. [cité 19 févr 2017]. Disponible sur: https://www.legifrance.gouv.fr/eli/arrete/2015/7/20/AFSH1517575A/jo/texte
    6. L’Etudiant. Médecine : deux épreuves des ECN 2017 annulées et une enquête lancée. https://www.letudiant.fr/educpros/actualite/medecine-deux-epreuves-ecn-annulees-enquete-lancee.html
    7. Collège santé de l’université de Bordeaux. Distribution des notes aux ECNi 2016. https://sante.u-bordeaux.fr/Actualites/Distribution-des-notes-aux-iECN-2016
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      Tant pis, c’est tipeee

      Vous savez ce qu’il vous reste à faire ! –> https://www.tipeee.com/le-blog-de-mimiryudo

      QUI JE SUIS ET QUEL TYPE DE CONTENU JE PRODUIS ?
      Je suis médecin généraliste de 30 ans et plus, et j’écris parfois des choses sur un blog pour dire des trucs qui m’énervent, ou partager d’autres trucs et toutes sortes de choses qui ne m’énervent pas. J’écris aussi des sagas mp3 (des fictions audio sans image parfois) et des nouvelles.

      POURQUOI SUIS-JE SUR TIPEEE ?
      Quitte à faire des dons, faites les à des gens qui font de la BD, de la musique, du cinéma, à des associations, tout ça. Si après tout ça, il vous reste énormément d’argent en trop, et que vous ne savez plus quoi en faire, vous pouvez me le donner. Voilà, c’est pour ça que je suis ici.

      QUELLES SONT LES CONTREPARTIES POUR LES TIPEURS ?
      A partir de 1€, je m’achèterai une baguette par mois, croustillante et pas trop cuite, s’il vous plait. Et avec cela ? Ce sera tout.

      A partir de 100€, je m’achèterai un lot de 10 baguettes, que je prendrai en photo en milieu naturel, afin de les mettre sur le blog.

      A partir de 1000€, je tracerai un pentacle satanique afin d’appeler Lucifer. Si ça fonctionne, je filmerai et mettrai sur le blog. Il est probable que ça ne marche pas. J’ai déjà essayé 4-5 fois avant en fait.

      A partir de 10 000€, j’écrirai un article un jour, avant le 31 décembre 2018. Vous pourrez me donner un mot que je mettrai dedans. Vous pourrez lire cet article 1 heure avant tout le monde. Vous recevrez également un dessin dédicacé.

      A partir de 100 000€, je produirai un article par jour pendant une semaine. Vous pourrez les lire 3 heures après tout le monde. Vous recevrez 2 dessins dédicacés.

       

      (Ce billet est daté du 1er avril 2018).

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        Liste de blogs médicaux à suivre (MAJ)

        Bonjour ! 
        Ci-dessous une liste de blogs médicaux actifs : 
        • – actifs (billet < 1 an) ou avec un lectorat important 
        • – non publicitaires
        • – traitant régulièrement de médecine (mais pas forcément de façon exclusive)
        • – rédigés par un ou des professionnel(s) de santé (étudiant ou en exercice).
        La liste est ouverte sur cet Etherpad, n’hésitez pas à la compléter là-bas en ajoutant un ou des blog(s) si ça vous semble pertinent. Et j’essaierai de penser à mettre à jour ici donc ! 🙂 
        (Merci à Jihann Bouarfa pour son aide !)
        Liste de blogs médicaux actifs (par ordre alphabétique) : 
        http://99nuancesdeflou.wordpress.com Médecin isotopiste
        http://30ansplustard.wordpress.com/ Chroniques d’un jeune médecin quinquagénaire
        http://alorsvoila.com Journal de soigné.e.s/soignant.e.s réconcilié.e.s
        http://anthologia.fr/ Petites histoires vues ou entendues en consultation
        http://antiseche.wordpress.com Fiches « anti-sèches » à propos de la médecine générale
        http://armance.overblog.com Armance, femme, médecin (et mère) de famille
        http://blogdelasante.com/ Blog d’information santé et médecine
        http://boree.eu  Borée est un médecin généraliste. Après la campagne perdue, il est maintenant en presque-campagne
        http://cacophonie.eu  Pharmacien, musicien
        http://carnetsdesante.fr/ Humeurs et entretiens
        http://claudeberaud.fr/ Actualité santé et médicale décryptée
        http://cris-et-chuchotements-medicaux.net/ Billets d’humeur / gastroentérologie
        http://dernieresnouvellesdufront.com/ Actualités, commentaires et analyses concernant les hôpitaux publics et les systèmes de santé
        http://docadrenaline.wordpress.com/ Billets d’humeur / Médecine d’urgence
        http://docteurdu16.blogspot.fr De la médecine générale, seulement de la médecine générale
        http://docteurjd.com/ Le blog santé de JD Flaysakier
        http://docteurmaillerjoachim.over-blog.com/ Blog destiné à la médecine générale
        http://docteurmilie.fr/wordpress/ Journal de bord d’une médecin généraliste en Seine-Saint-Denis.
        http://docteursachs.unblog.fr/ Quotidien d’un médecin de campagne
        http://dorffer-patrick.com/ Humour
        http://dr-gomi.blog4ever.com/ Médecin génaraliste secteur un installé depuis dix ans en Bretagne
        http://dr.niide.over-blog.com Réfexions d’un médecin généraliste sur la médecine, son enseignement et bien d’autres choses
        http://drmoyenne.wordpress.com/ Histoires d’une interne moyenne
        http://droit-medecine.over-blog.com/ Actualités du droit et de la santé
        http://enattendanth5n1.20minutes-blogs.fr Le blog de Christian Lehmann
        http://etunpeudeneurologie.blogspot.fr/ Neurologie
        http://farfadoc.wordpress.com Médecin de famille
        http://georgeszafran.blogspot.fr/ Médecine générale
        http://grangeblanche.com Le blog d’un cardiologue
        http://h2mw.eu/ Actualités des sociétés de rédacteurs et des revues biomédicales
        http://hippocrate-et-pindare.fr Blog d’un médecin généraliste
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        http://jaddo.fr  Les histoires d’une jeune généraliste, brutes et non romancées. Sinon c’est pas rigolo
        http://jeanyvesnau.com Le blog de Jean-Yves Nau, journaliste et docteur en médecine
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        http://misterdan.over-blog.com/ Chroniques d’un cadre infirmier
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        http://vaisseaux-de-communication.net/ Information et vulgarisation à propos de la médecine vasculaire

         

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          Arrêts de travail : petit bilan hebdomadaire

          Dans la continuité de mon billet sur Une semaine en médecine générale (repris d’ailleurs dans le Généraliste), je me suis concentré sur les arrêts de travail cette fois (du 5 au 10 mars). Donc les mêmes limites que la fois dernière : ce sont des petites stats uniquement sur mon activité, et le but c’est juste essayer d’apporter un point de vue « en situation réelle » des arrêts de travail.

          Sur 100 consultations (tout pile !), j’ai vu 33 personnes susceptibles de travailler (hors enfants, hors étudiants, hors retraités donc).

          Parmi ces 33 personnes, 7 étaient au chômage, 1 était en congé maternité, 2 en vacances et 23 travaillaient.

          Parmi les 7 au chômage, une était agent de services hospitaliers et a été licenciée pour inaptitude pour troubles musculosquelettiques.

          Parmi les 23 travailleurs, 1 était en temps partiel thérapeutique pour lombocruralgie chronique (prolongé de 30 jours, en augmentant de 50 % à 60 %). Un arrêt n’était pas justifié pour 2 autres (vaccination et suivi).

          Parmi les 20 travailleurs ayant une pathologie pouvant prétendre à un arrêt complet de travail…

          – 11 hommes, 7 femmes

          – âge médian de 35 ans (25 % ont moins de 30 ans, 25 % entre 30 et 35 ans, 25 % entre 35 et 42 ans, 25 % entre 42 et 56 ans)

          arrêt médian de 3,5 jours (25 % ont eu moins de 1 jour, 25 % entre 1 et 3 jours, 25 % entre 3 et 6,5 jours, et 25 % entre 6,5 et 22 jours)

          – 3 ont eu 0 jour d’arrêt de travail car ils l’ont refusé : sinusite chez une aide-soignante de 50 ans en centre hospitalier, torticolis et migraine chez une secrétaire de direction de 30 ans en grande surface, douleur digestive chez un travailleur manuel de 50 ans.

          – 1 femme a pris un congé enfant malade de 1 jour « maximum, parce qu’en tant qu’interim, elle n’est pas payée si absente ». Un autre porte une meuleuse de 6 kg et a une hydarthrose… mais il ne veut pas prendre plus d’un jour d’arrêt. On rappelle au passage que les arrêts de moins de 2 jours ne coûtent rien à l’assurance maladie (délai de carence) ; cela concerne 4 de mes 16 arrêts.

          … donc parmi les 11 arrêts qui coûtent quelque chose à l’assurance maladie (indemnités journalières) : 

          – 1 patient a 3 semaines d’arrêt après une fracture de 3 doigts, chez un travailleur manuel (je ne détaille pas pour des raisons d’anonymat mais je vous assure qu’il ne peut pas faire son travail…),

          – 4 arrêts sont dus à une gastroentérite aiguë : 4 jours d’arrêt en moyenne (parce qu’un a un lumbago en plus en fait).

          – 2 arrêts sont dus à un problème infectieux pulmonaire (bronchite, exacerbation d’asthme) : 6 jours d’arrêt en moyenne (dont un pour exposition importante à la poussière)

          – 1 a une paraphlébite : 5 jours d’arrêt

          – 3 ont une lombalgie ou lombosciatique : 8 jours d’arrêt en moyenne… Leur travail ?

          • Récupération/tri de déchets (« traîne des charges de 120 kg »),
          • Travailleur manuel dans les marées (« porte des coffres de 45 kg seul… » : l’accident de travail a été refusé car non déclaré le jour même),
          • Informaticien dans une communauté d’agglomération  (« lumbago depuis 3 jours, mais rester dans la même position au travail ça devient trop difficile… je prends l’arrêt MAIS je vais travailler bénévolement depuis chez moi en télé-travail pour ne pas prendre de retard »).

          Voilà, c’était le petit billet stats du week-end.

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